MÉDECINS, NOTAIIU^S ET INSTITUTEURS
gisti'ons ici, aliii (h; faire connaître tout le soin que l'ancienne société apportait à protéger la vie des enfants : c( Cejourd'hui 7 novembre 1712, pardevant nous prêtre curé soubsigné, avec les témoins en bas nommés, m'a été présentée Claudine Bonamy par la plupart des femmes de cette paroisse, les plus judicieuses, pour servir de sage-femme et matrone. Et, pour cet effet, je l'ai receue et pris son serments auxsa'Dicls cvawjilcs. Laquelle a promis efectuer de point en point ce contrat. Fait en présence de Jean- Claude Millot, recteur d'école, et Pierre Millot, marguilier, qui ne sait signer. En foy de quoy... »
Celte prestation de serment, de la part de la sagefemme, entre les mains de l'abbé Brocard, n'était pas chose nouvelle : dès le mois d'octobre 1679, Agathe Paillard avait été admise de la même façon, par l'abbé Pasquier Clément, en présence de Mamraès Forot, alors recteur d'école.
Disons enfin, pour éclairer le lecteur sur les coutumes du temps et sur une époque qui fut trop calomniée, que les registres de catholicité tenus par nos prédécesseurs étaient généralement clos, chaque année, par la formule qui suit : « Je soussigné, curé de Beire, certifie avoir publié, de trois mois en trois mois, aux prônes des messes paroissiales dudit Beire, l'édit d'Henri second (1547 à 1550), concernant les fdles et les veuves qui cachent leurs grossesses et leurs accouchements. A Beire, le 1" janvier.... » — Aussi ferons-nous la remarque qu'après ces précautions si simplement et si sagement prises, les infanticides étaient plus rares que de nos jours, où la (lUe-mère, n'étant tenue à aucune décla-
ration , va trop souvent s'asseoir sur les bancs de la cour d'assises.