‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 120 sur 174 · VI. 1594. — Pillage de Vesvrotte imr ceux de Saulx-le-Diic · texte numérisé non relu

VI. 1594. — Pillage de Vesvrotte imr ceux de Saulx-le-Diic

Le même Breunot nous raconte ainsi ce pillage, et les mauvais traitements infligés à plusieurs vignerons de Beire. — Voici sa narration : « Le 29 juin 1594. ceux de Saulx-le-Duc raflent tout ce qu'ils treuvent au village de Veuvrotte ; disent qu'ils veuillent faire moissonner les bleds. Ils ont mis à blanc notre rentier. Le même jour ceux de Saulxle-Duc emmènent et battent à leurs façons accoustumées des vignerons proche de la maladière retournans des vignes, baillent un grand coup de coutelas au pauvre Villemot, vigneron de M. Morelet, sur la teste, emmènent son fils et plusieurs autres. Dieu nous veuille assister ! (2) »

(1) HossiGNOL, BailliiKje de Dijon, i*. 99.

(2) J Gaknieh.

gui SK SON!' PASSÉS DANS LA COMMUNE DE BEIKK 37o

Nous avons démontré, au commencement de ce volume, que ce dernier fait s'est accompli devant la Maladière de Beire et non devant celle de Dijon. D'où il suit qu'elle devait encore exister, et qu'elle aura été détruite seulement lors de l'invasion de Gallas.

VIL 1636. — Passage de V armée impériale, appelée plus communément, dans nos contrées, Varmée de Gallas.

Un triple fléau fondit alors sur la paroisse de Beire et sur^toutes celles qui sont arrosées par les rivières de la Vingeanne, de la Tille et de l'Ouche, depuis Selongey et Fontaine-Française jusqu'à Saint-Jean de-Losne. Ce triple fléau fut celui de la guerre, de l'incendie et de la peste. Celui de la famine dut naturellement s'y adjoindre. Nous n'en dirons rien cependant, mais on le devinera facilement lorsque nous aurons décrit les affreux malheurs de cette triste année 1636.

Nous emprunterons , en premier lieu , ce que nous allons raconter aux registres de catholicité où il sera facile, malgré leur regrettable laconisme, de suivre le mouvement des deux armées sur notre sol, et parce que ces registres nous diront et par ce qu'ils nous laisseront deviner : bien des notes obituaires leur ont été confiées, mais des espaces y ont été laissés en blanc, au beau miheu de la peste dite suédoise parce qu'elle nous avait été apportée par les soldats de Weimar, nos alliés mercenaires; ils nous font comprendre, à ne pas en douter, que tous les noms des personnes décédées en ces jours de lu-

376 ÉVÉNEMENTS EXÏHAORDINAIRES

gubre mémoire n'ont pas été recueillis, notamment vers le 7 novembre, alors que l'ennemi battant en retraite approchait de Beire.

Des horreurs furent commises à Flacey, où le curé et quatorze de ses paroissiens furent massacrés. Gallas semait partout sur son passage le meurtre et l'incendie. — Aussi dirons-nous qu'il convient d'être indulgent pour messire Claude Gomard, alors curé de Beire, quand nous le voyons laisser non remplies près de deux feuilles de ses registres, depuis le 6 novembre, jour où eurent lieu cinq décès, jusqu'au 14 du même mois : l'ennemi cruel, nous le redisons, était aux portes de Beire. — Il campa devant ce village ; déjà le l^^" septembre, selon que nous l'apprend le manuscrit de l'abbé Desclumes, il avait mis le feu à Vesvrotle ; enfin, le 8 et le 9 novembre, ainsi que nous le dit encore le même auteur, durent avoir lieu, entre Beire et Spoy, les engagements dont nous avons déjà parlé à l'article consacré à messire Claude Gomard. — On conçoit facilement qu'alors chacun dut perdre la tête; et ces lacunes constatées sur le registre mortuaire de la paroisse nous font soupçonner, à Iton droit, de nombreux décès dont il ne nous a été absolument rien dit.

Après cette étude des registres paroissiaux, nous consulterons, en second lieu, le manuscrit de l'abbé Desclumes, prêtre familier de l'église do Saint- Jean-de-Losne, né en cette ville, mort en 1710, à l'âge de quarante-huit ans. — Ce manuscrit de la bibliothèque de Dijon nous a paru intéressant par sa date assez rapprochée des événements ; nous le

citerons volontiers à l'appui de ce que nous dirons de la marche de l'ennemi dans nos contrées, les dates qu'il indique sont, d'ailleurs, confirmées par les actes de catholicité de la paroisse de Beire.

Mais rien ne pouvant nous démontrer, d'une façon plus éloquente, les ravages causés par la guerre de 1636, que la rédaction même de ces registres, nous pensons qu'il seia bon d'en donner ici une copie exacte , et que le lecteur nous en saura gré.

Cent sept décès, non compris le grand nombre de ceux qui furent omis, sur une population de quatre à cinq cents habitants, ont été enregistrés par messire Claude Gomard, du 1" janvier 1636 au 31 décembre de la même année. Mais la peste suédoise n'ayant fait, à notre avis, son apparition qu'au commencement d'octobre , nous ne voulons donner les décès qu'à partir du dernier trimestre de cette année. Ils furent au nombre de quatre-vingtseize !

Les voici par ordre de rédaction. — Nous déclarons que nous respectons scrupuleusement les formes des registres de catholicité, que nous avons sous les yeux. — Peu de communes ont l'avantage de posséder ceux de cette lugubre époque :

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