‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 119 sur 174 · III. — PilUifje de Beirc par les Routiers. — 40 avril · texte numérisé non relu

III. — PilUifje de Beirc par les Routiers. — 40 avril

L'histoire adonné le nom de routiers à des bandes, plus ou moins formidables, de soldats, congédiés ou déserteurs, et de gens de toute sorte qui. pendant les guerres desXII% XIIP et XIV siècles, notamment sous le règne de Charles V, parcouraient les provinces et mettaient au pillage tous les lieux où on ne [)0uvait leur opposer une énergique résistance. (Elles furent détruites sous le règne de Charles VII.) — La commune de Beire, s'étant trouvée dans ce cas, fut pillée, malgré ses trois maisons fortes, dans la nuit du iO au 11 avril 1445.

Nous devons la connaissance de ce pillage à une lettre écrite, par les gens du duc de Bourgogne résidant à Dijon, à la duchesse qui était alors à la conférence de Chàlonssur-Marne, où devaient se régler les difficultés pendantes entre le roi Charles VII et le duc de Bourgogne Philippe le Bon.

Voici cette lettre, empruntée aux pièces justificatives de Dom Plancher (1) : « Notre très redoubtée dame, tant et si très humblement que pouvons, nous nous recommandons à vous, et vous plaise scavoir, ma très redoublée dame, que nous avons scû, que les Routiers et gens de guerre, qui estaient ez marches d'Allemagne et à Montbéliard, se sont deslogez, excepté VIII.'- qui sont demeurez audit MontbéUard , et sont passez devers Jonvelle,

(1) Vol. IV, p. 181; i.l., 142.

au nombre d'environ VII.'"-, lesquels sont estes logez deux jours à Bourbonne et illec environ, et de yjrésent sont logez à Percey-le-Grand, Perceyle-Petit, Lusey et illec environ au p'ciys de Montsaugeon, et la nuit les aucuns d'eux ont couru à Norges, Ruffey-les-Ecliirey, Bère, Vaisvrotie, Viesvignes, Pà(|ues-Defroy, et en plusieurs autres villages à l'entour de cette ville de Dijon, et y ont pris tout ce qu'ils ont pu prendre et emporter, et avec ce ont bruslé trois maisons audit Viévignes, et en ont mené deux hommes dudit Ruffey et d'Eschirey prisonniers, et même les détiennent, et nous a ecript et faict scavoir le seigneur de Mirehel, qu'hier ils furent courir devant sa ville de Mirebel et n'y gagnèrent guères, parce qu'ils n'y trouvèrent rien.

(( Et ont intention lesilits Routiers qui ont assailli la place de Beaumont-sur-Vingenne, en faisant lesd. courses d'eux venir loger à Bèze-l' Abbaye et ailleurs ez pays de par deçà, et de faire, comme Ion dit, tous les maux et dommages qu'ils pourront, ainsi que autrefois ils ont faict, et ces choses, notre très redoubtée dame, vous escrivons pour en estre advertie et avoir votre avis sur ycelles, pour y faire et pom^veoir ainsi que verrez estre expédient et nécessaire pour le bien de vos pays et subjects de par deç.à.

(( Notre très redoubtée Dame, nous vous supplions très humblement de nous mander et commender vos bon vouloir et plaisir pour yceux accomplir de nos pouvoir, comme raison est. Ce estant, le benoist fils de Dieu qui, nostre redoubtée

Dame, par sa grâce vous ait en sa sainte garde, et doint bonne vie et longue.

(( Ecript en vosLre ville de Dijon, le xi' jour d'apvril 1445, après Pâques.

« Vos très humbles et très obéissans subjects et serviteurs, les gens de vostre conseil à Dijon.

« A ma très reboubtée Dame la duchesse de Bouraoïîne et de Brabant. »

IV. — Exécution^ d Beire-la-Vllle, de Jean Camuset, dit Ragot, ancien 'procureur de la commuiiaulé.

Nous sommes, sur les motifs de son exécution, aussi peu renseigné que sur les raisons qui ont amené celle du sire de Baudoncourt, attendu que nous avons vainement fait rechercher la sentence de sa condamnation au greffe de la cour et aux archives départementales.

Quoi qu'il en soit, il fut bien réellement condamné à mort, et il dut être exécuté en place publique de Beire-la- Ville avant le 15 juin 1573. — Voici, en ellet, ce qu'on lit fol. 122 du terrier de 1723 : « Appel interjette et exécuté par André de Baissey, le dernier jour de juin 1573, de ce que, suivant une sentence rendue en la justice particulière de Guillaume de Drée, Jean Camuset, condamné à mort, aurait été exécuté à une potence^ oi rue publique audit Beire-la-Ville , et autres en ligures. » — Plus tard on saura sans doute de quel crime Camuset s'était rendu coupable, lorsque les ariets de la Cour criminelle auront été classés et versés aux archives du département.

V. 1591 . — Siège du château de Vesvrotte par le comte Guillaume de Saulx - Tavannes , lieutenant général du roi en Bourgogne, époque de la Ligue.

Voici ce qu'on lit sur ce siège, dans les mémoires de Breunot (1 ) : « 1591 . — Le six septembre M. Levisey, commissaire général de l'artillerie en Bourgogne, avec une bonne compagnie de gens à cheval, estant parti de cette ville (Dijon) pour conduire les députés pour comparoir aux Estats à Reims, entre aultres M. l'avocat Bernard, et l'ayant conduit jusqu'à sauveté au comté de Bourgogne, voulant ramener en cette ville quelques marchandises, appartenant aux bourgeois d'icelle, estant conduites à sauveté jusqu'à Pontailler. Tavannes avec ses satellites, estant averti de ça, y met des forces et empêchements le mieux qu'il peut, et assiège nos gens avec les marchandises au chasteaude Vesvrotte, avec telle impétuosité et force, qu'il fut tiré, environ deux heures après minuit, deux coups de canon en cette ville pour signaler aux habitants, lesquels s'assemblèrent de bonne volonté avec plusieurs gentilshommes, pour les secourir avec les Suisses de la garde de cette ville, lesquels tous ensemble firent si bien, qu'ils les dégagèrent des mains de Tavannes, et nonobstant sa résistance et intelligence qu'il avait avec la plupart des paysans et principalement avec ceux de Mirebel et aultres. »

Le château de Vesvrotte appartenait alors à

'1) .1. Garnier, tome F, p. 73.

374 ÉVÉNEMENTS EXÏUAOnDINAIRES

Etienne Sayve, ligueur et membre du Parlement de Bourgogne. — Il devait, à cette époque, avoir une certaine importance : dès l'an 1469, la liste des feux de la paroisse de Beire nous apprend qu' « à Vavrottes il y avait maison fort. » — Et en 4G3G, lors du passage des troupes du général Gallas, « les habitants des villages circonvoisins étaient ve7ms demander asile au chateaude Vaverotte{i). » Lors du siège de Vesvrotte, il dut y avoir un certain nombre de morts, car on a dernièrement relevé, près du château, plusieurs squelettes, dont l'un avait le crâne percé d'une balle, ainsi que nous l'avons nous-même constaté.

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