STATISTIQUE GÉNÉRALE, ETC
Voici enfin, comment la population de Beire s'est trouvée répartie dans les sept derniers recensements ;
Grand-Beire .
Petit-Beire . .
Vesvrotte . . La Chaume. .
Total
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Le dernier de ces recensements attribue à la commune de Beire : '222 maisons — 276 ménages — 78i Français et 9 étrangers: — 385 personnes du sexe masculin (172 garçons, 196 hommes mariés et 17 veufs); et 405 du sexe féminin (158 filles, 192 femmes mariées et 55 veuves).
Les eaux-fortes qui ornent ce volume, convenait-il d'en garder le secret? nous ont été offertes par Madame la baronne de Salvaing de Boissieu, dont le burin nous remet délicieusement en mémoire l'exquise finesse des Lettres d'un Passant (1).
Ces gravures, que les habitants de Beire accueilleront, comme nous l'avons fait, avec la plus vive reconnaissance, ont éprouvé des lenteurs involontaires qui ont retardé notre publication (2). Mais, en retour, il nous a été possible de consacrer ce temps d'arrêt à de nouvelles recherches. Et nous sommes heureux d'en produire, aujourd'hui, les résultats.
L'abbé Roussel éditait son immense ouvrage de statistique sur l'ancien diocèse de Langres. — Deux travailleurs infatigables, MM. Bougaud et Garnier, venaient d'annoter les anciennes chroniques de Saint-Bénigne de Dijon et de Saint-Pierre de Bèze. — On continuait, aux Archives départementales de la Côte-d'Or, Vhiventaire sommaire des titres et papiers de ce riche dépôt. — Enfin, M. Aimé Chérest, conservateur du musée d'Auxerre, faisait paraître son Archiprêtre ou épisodes de la guerre de cent ans au XIV" siècle.
C'est principalement à ces sources qu'ont été puisés les divers documents que nous allons mettre sous les yeux du
(1) Madame de Boissieu est élève de Maxime Lalanne, cet éminent artiste qui a fait revivre parmi nous l'art de la gravure à l'eau forte.
(2) L'Histoire (le Beire devait paraître dès le mois de mai 1878.
lecteur, en nous conformant, autant que possible, au plan (jui a été suivi pour la rédaction de l'histoire de Beire.
Nous y joindrons, en outre, un certain nombre de notes qui nous ont été fournies par un enfant de Beire, M. Lucien Bonnamas, dont le nom devait naturellement trouver place dans ce supplément.
Mirebeau, le l" juillet 1880.
Origines de Beire.
L'histoire de Beire (page '2i et suivante), a enregistré de nombreuses trouvailles faites sur le territoire de cette commune. — En 1822, sur l'emplacement de l'ancienne Maladière ou de la croix Saint-Laurent actuelle, on découvrait dans un vase de terre: « un Néron, grand bronze ; un Aiitonin, même module; et une Faustine.» — Une quatrième médaille, un peu plus récente, est venue depuis augmenter cette collection (1).
Cette dernière est un bronze moyen avec la tête laurée d'Alexandre Sévère. Elle fut trouvée au pré des Gouis? non loin de l'habitation de M. Amédée de Broin.
La légende est celle-ci : Imperator Alexander Severus Puis Augustiis. On lit au revers: Jovis Propicgnator, Jupiter défenseur ou protecteur. — On y remarque également les lettres S. C. qui sont une abréviation des deux mots latins : senatus consiilto, par décret ou par ordre du sénat.
Alexandre Sévère, fils de Marnée et petit-fils de Mœsa, fut adopté par Héliogabale, son cousin germain, l'an 221 de notre ère. Salué empereur en 222, il fut assassiné par Maximin, l'un de ses officiers, l'an 235.
(1) Klle figure dans une de nos gravures et elle appartient à Madame (lo Boissieu.
Le 1" avril 1880, dans un enclos appartenant à M. Roy- Bourguignon, à Vendi'oit même où, en 1874 (1), nous avions signalé V emplacement d'un ancien cimetière, des fouilles furent pratiquées, au nom de la Commission des Antiquités de la Côte-d'Or, en présence des autorités locales, sous la direction de MM. Jides d'Arbaumont et Ernest Lory. (Elles furent provoquées par notre successeur, M. l'abbé Morillot, qui avait présenté à cette société savante un certain nombre d'objets collectionnés en ce lieu).
Or, ils y découvrirent : plusieurs squelettes, un vase de verre, deux autres vases en terre, une fibule en bronze, un fer de javelot et un peigne d'ivoire. — Peu de temps auparavant, en 1879, on y avait déjà trouvé : les débris de deux vases en terre brune et un coutelas dit scramasaxe. Tous ces objets environnaient le même squelette déposé à une plus grande profondeur que les autres (2). (Elle était pour celui-ci de 1 mètre 50 centimètres environ, tandis qu'elle n'était que de 0 mètre 90 centimètres pour les autres) .
Un mois plus tard, le samedi premier mai, une nouvelle sépulture explorée, dans l'ancien polyandre de Beire, amena la découverte de plusieurs objets, entre autres celle d'un collier qui mérite d'attirer rattention.(Elle fut faite par un jeune homme de la localité nommé Bernard Roblot).
« Ce collier était formé d'annelets en bronze, de grains d'ambre et de perles en verre et en émail de diverses couleurs, bleue, verte, rouge, jaune et blanche. Les perles de couleur bleue ont la forme de poires ou de cônes arrondis à la base. Une perle blanche, en verre transparent, a la forme d'un cercle percé au centre, et dont la circonférence est cannelée.
(1) Voir le journal l&Côte-d'Or, u» du 12 septembre 187'», 3'' page, Variétés.
(2) Voir \aCôle-d'Or, u» du 8 avril 1880.
« Le personnage qui portait ce collier était sans doute un guerrier distingué : il tenait à la main gauche un poignard de guerre ou un scramasaxe, et un des doigts de sa main droite était orné d'un anneau de bronze (1). »
De nouvelles fouilles pratiquées à cet endroit amèneront infailliblement de nouvelles trouvailles, puisqu'il est bien démontré, depuis près de cinquante ans, (i\i'\\ y avait là un antique cimetière.
Or, si ces sépultures ne remontent pas à l'époque galloromaine, comme nous inclinons toujours à le croire, elles doivent appartenir, il y a tout lieu de le conjecturer, aux premières invasions barbares : la différence de profondeur de ces divers tombeaux semble elle-même nous révéler qu'un cimetière gallo-romain y aurait fait place à une nécropole mérovingienne.
Quoi qu'il en soit, combinées avec les découvertes faites à la croix Saint-Laurent, ces sépultures autorisent le village de Beire à se donner des origines certainement plus anciennes que celles qu'il tire de la fondation du monastère de Bèze, fondation qui remonte à l'an 630 après Jésus-Christ.
On les a trouvées toutes orientées, comme l'étaient celles de 1835, et en particulier le squelette découvert par M. Bourguignon, la têle regardant le Levant, bien qu'elle fut tournée au Couchant, ainsi qu'il le redisait encore, le 1" avril 1880, à MM. d'Arbaumont et Lory. — C'est l'ambiguité du terme employé par lui {tournée) qui nous a fait écrire, à regret, que ces tombeaux fixaient l'Occident : nous savions, en effet, qu'une règle presqu'invariable veut que les sépultures de cette époque regardent le Levant, bien qu'elles soient touriiécs au Couchant, selon l'expression du narrateur, M. Bourguignon nous indiquait le sommet de la tête, tandis que nous recherchions l'orientation du visage.
[1) Mùinc journal, u" du 1 mai 1880.
Cet ancien cimetière, d'ailleurs, ne pourrait-il pas avoir servi jadis à l'usage de la tribu franque des Attuariens installés, en 292, par Constance-Chlore, dans la partie de la Bourgogne que limitent la Saône, la Tille et la Vingeanne?
Villages dont les noms figurent dans les anciennes chroniques de Sai7it- Bénigne et de Bèze.
Nous sommes porté à croire que la plupart de nos villages remontent à l'occupation romaine. Mais quels sont ceux qui jusqu'ici ont été suffisamment explorés. Combien même d'entre eux n'ont pas l'honneur de figurer dans les chroniques ou cartulaires des anciens monastères, cartulaires qui resteront toujours, quoi qu'on fasse, la source de l'histoire et de la géographie de nos contrées ?
Nous avons donc pensé qu'on nous saurait gré si nous donnions ici la liste des villages de la Côte-d'Or, dont il est fait mention dans les deux titres que nous avons spécialement étudiés, lorsque nous avons voulu écrire l'histoire de Beire, savoir : la chronique de Saint-Bénigne de Dijon et celle de Saint- Pierre de Bèze, qui ont été récemment annotées par messieurs Bougaud et Garnier (1).
La première commence son récit à l'année 511, date de la fondation du monastère, et la termine à l'an 1052, sous le règne d'Henri !«'. — La seconde, plus jeune d'un siècle, rapporte les événements se rattachant à l'abbaye de Bèze, de l'an 630 à l'année 1135, Louis VI régnant.
Les localités mentionnées dans ces précieux recueils y puiseront, si elles n'en ont de plus anciens, des titres déjà bien respectables. En tout cas, ils ne nuiront en rien à ceux plus respectables encore que beaucoup peuvent se
(1) C'est à ces Messieurs que revient l'honneur de la liste que noua allons dresser.
donner. Toutefois, nous passerons sous silence les noms des villes et des chefs-lieux qui ont généralement su conserver leurs histoires et leurs traditions locales.
Voici maintenant, par ordre chronologique, les noms des villages de la Côte-d'Or, figurant dans nos deux chroniques :
Année 514. — Curley, Izier, Remilly-sur-Tille, Frénois, Chambeire, Lignerolles, Bressey-sur-Tille, Brochon, Boncourt, Longchamp (1).
58i. — Larrey près Dijon, Fleurey, Plombières, Bussy, contrée qui termine le fmage de Dijon, Colonges, entre Talant et Plombières, Saligny, à deux kilomètres de Plombières, peut-être Congé, à gauche de Velars, peut-être Ecotois, commune de Flavignerot, Yelars, Chamvichey peutêtre, ferme qui dépend de Velars, Lantenay, Giron, entre Corcelles et Dijon, Corcelles, Flavignerot, Prenois, Gisseysur-Ouche, Marigny-sur-Ouche, à une lieue de Labussière. Barbirey (2).
610. — Longvic, Fénay, Potangey, Mitreuil (jadis village important, détruit lors de l'invasion de Gallas, aujourd'hui simple métairie), Athée, Glanon, Comblanchien, Fixin, Ghenôve, Marsannay-la-Gôte (3).
627. — Poiseul probablement, le pays Laçois ou Lassois, qui tirait son nom de Latiscum, ville gallo-romaine du Ghâtillonnais, détruite depuis le IIP ou IV« siècle, Maisey (4).
630. — Bèze, Viévigne, Til-Chàtel, Beire-le-Châtel, Treige, ferme dépendant de Spoy, Spoy, Buleau, village disparu entre Viévigne et les bois de Beire (en 1227 on n'en voyait déjà plus que les ruines), Véronnes, Oisilly,
(1) Chronique de Saint -Iiénigne,\)&g(i 10.
(2) Chronique lie Saint Bénigne, page 30. (3j Chronique de Saint- II. 'nigne, page 41 . (4) Chronique lie Saint Bénigne, page 56.
Blagny-sur-Vingeanne, Berthaut ? commune de Fontaine- Française, Neuilly, Crimolois, Couchey, le pays de Beauno, Vosne, Aiserey, Trimolois, village jadis situé entre Chenôve et Dijon, sur le finage de ce dernier (un puits creusé auprès d'une chapelle, naguère disparue, est tout ce qui reste aujourd'hui de cette paroisse), Daix, Gevrey, Gesseysur-Tille, Perrigny-les-Dijon, Poncey-j es- Athée, Jancigny, Talmay (i).