I. — Bélibcration préparatoire
SKSSIOX Dr 19 FliVRIER 1860
(( A cette séance, le conseil municipal de Beirele-Chàtel, sur la proposition de M. le Maire (alors M. Lenoir-Ménétrier), a l'honneur d'exposer ce qui sait à M. le Préfet :
c Par décret du 20 juillet 1859, la commune de
Beire-le Chàtel a été autorisée à vendre, en 1859 et 1860, 12 hectares 64 ares de ses bois en réserve, ce (lui produira environ 12,000 à 13,000 francs ; une partie de cette somme sera utilement employée à diverses dépenses urgentes mais peu élevées; l'autre partie, jointe au produit du reste de la réserve, permettrait de mettre à exécution le projet dont il va être parlé ci-après, savoir :
u La commune de Beire-le-Châlel possède une église très ancienne, qui tombe pour ainsi dire en ruine, et qui ne peut contenir qu'une partie des paroissiens. Elle a été construite à une époque très reculée, où la population était bien inférieure en nombre à ce qu'elle est aujourd'hui. D'ailleurs, le village ou la paroisse de Beire, dont la longueur est de 2,500 mètres, est divisé en deux parties : le Grand-Beire, d'une population de 520 habitants, et le Petit-Beire, d'une population de 270 habitants ; et c'est dans cette petite partie de la paroisse que se trouve l'église, de sorte que près des trois quarts des paroissiens sont obligés de se transporter à une distance moyenne de 1,500 mètres pour assister aux offices (1).
« Depuis un temps immémorial, les habitants ont eu l'idée de transporter l'église au centre de la paroisse, mais ils n'ont pu mettre leur projet à exécution, parce qu'ils manquaient de ressources, et qu'ils avaient à faire des dépenses très urgentes et indispensables.
(1) La [lopulation du l'otit-Beire était intÏTieure au chiffre de 270 habitants.
(( Aujourd'hui, la commune étant pourvue de tous les édifices nécessaires, tels que maisons d'écoles, ponts, puits, pompes à incendie, etc., et ayant à vendre une réserve de 50 hectares, on ne peut trouver une époque plus favorable pour exécuter le projet que les anciens du village n'ont pu réaliser, c'est-à-dire transporter l'église au centre de la paroisse. Si ce projet n'a pas lieu, il faudra faire de grandes dépenses pour réparer l'ancienne église, qui ne sera jamais convenable quoi qu'on fasse.
(( En conséquence, le conseil municipal vient vous prier, M. le Préfet, de vouloir bien autoriser la commune de Beire-le-Châtel à continuer tous les ans la vente du quart en réserve de ses bois communaux, et au moins 12 hectares par an, afin de mettre à exécution le projet dont il s'agit.
« Délibéré, à Beire, les jour, mois et an que dessus : ïissier; P. Delacre ; Garot ; P. Roy; Garnier ; Martenet ; P. Clerget; Girardot-Moultant et J. Lenoir » (1).
Cette délibération, prise dans le calme le plus absolu, résumait exactement l'opinion générale des habitants de Beire relativement à la reconstruction de l'église sur un point plus central de la paroisse. On y avait pensé chaque fois qu'il avait été question de la vente des bois mis en réserve. Chaque fois aussi des travaux plus urgents avaient eu la priorité. Jamais les diverses municipalités locales,
')) Registre servant à la municipalité de Beire.
dans la pensée de reporter un jour ladite église au milieu du village, n'avaient consenti à y faire de sérieuses réparations. Cest ce qui explique, en dernier lieu, le refus que firent les habitants, vers 1840, d'une proposition collective, si gracieuse qu'elle fût, de messieurs de Vesvrotte et de Boissieu. qui offraient, pour agrandir l'église, d'y ajouter deux chapelles collatérales. Sur ce point on peut affirmer, sans hésitation aucune et sans la moindre crainte de se tromper, que le sentiment de la population actuelle ne différait en rien de celui des générations qui l'avaient précédée.
Nous avons la ferme confiance, au reste, que l'avenir ratifiera les décisions prises par notre édilité contemporaine, et qu'un jour, assurément, on la bénira de ne s'être pas laissé arrêter par les difficultés sans nombre qu'on eut le tort grave de lui susciter. Jamais, c'est notre conviction profonde, la paix du village, heureusement revenue, n'eut été môme un instant troublée, si la mairie eût compris qu'en fait d'administration municipale, il faut toujours aller droit au but qu'on veut atteindre ; et si, après la seconde déhbération que nous allons enregistrer, elle n'eût opéré un fâcheux et bien regrettable mouvement de recul, quand tout lui commandait au contraire de marcher en avant.
Ainsi donc, le 49 février 18G0, la municipalité de Beire venait d'exprimer dans le calme le plus absolu, nous le redisons bien haut, son opinion sur la nécessité de rebâtir l'église au centre de la paroisse, opinion si conforme à celle déjà émise [)ar les anciens du village et par la population contemporaine.
NOUVELLE ÉGLISE SALNT-LAUllE.NT 409
Elle se donna tout le temps de sonder l'esprit des habitants, d'approfondir et de mûrir un aussi grave projet. Et plus de deux ans après sa première délibération, trouvant bonnes ses premières décisions, elle les sanctionna de nouveau par le document qui suit :
II. — Délibdralion définitice concernant la l'ecomlruction (Je l'e'glise de Beire.