SÉANCE DU 11 MAI
« Le conseil municipal, sur la proposition de M. le maire;
« Vu sa délibération du 49 février J860, par laquelle cette assemblée demandait la vente, en plusieurs années, du quart en réserve des bois communaux deBeire-le-Châtel, pour construire une église au centre de la paroisse, et donnant des motifs sérieux pour arriver à l'exécution de ce projet, laquelle délil)ération n'a pas eu de suite, parce que M. le Préfet, sur le rapport des agents forestiers, a trouvé que le quart en réserve n'avait pas tout à fait Tàge voulu; en outre le conseil municipal n'a pas insisté, parce que pour faciliter la vente de ces bois, il voulait faire établir des voies faciles de transport pour en opérer la traite; et c'est ce qui a lieu en ce moment, par l'établissement d'une chaussée en pierre sur toute la longueur de la ligne sommière des bois communaux, et dans le quart en réserve, dont elle favorisera considérablement la vente ;
« Vu la lettre du six mai courant, par laquelle
M. le Préfet fait connaître que, dans sa tournée de révision, il a eu occasion de visiter la commune de Beire-le-Châtel, et qu'il a reconnu que l'église est en médiocre état de construction, trop petite pour la paroisse, et qu'elle est située en outre dans la section qui compte le moins d'habitants, etc., toutes choses qui du reste sont déjà motivées dans la délibération du 19 février 1860, ci-dessus visée,, lettre par laquelle M. le Préfet fait connaître également que de promptes mesures sont nécessaires pour remédier aux inconvénients d'une semblable situation, et que ces mesures consisteraient dans la construction d'une nouvelle église suffisamment spacieuse pour la population, car, dil-il, toutes les dépenses que l'on ferait dans l'église actuelle pour l'agrandir, s'effectueraient en pure perte, en raison du manque de solidité de celle-ci ;
« Considérant que la lettre de M. le Préfet cidessus visée, est l'expression de la plus exacte vérité ;
« Considérant que la commune de Beire possède des ressources suffisantes pour mettre à exécution le projet qui est depuis longtemps désiré;
(( Détail des ressources :
(( 1° Le budget est réglé annuellement avec un excédant de recettes de 3,987 fr., ce qui produirait en cinq ans 19,935
« 2" La vente du quart en réserve peut produire 40,000
.4 reporter 59,935
Report 59,935
« 3" L'exercice de 1860 laisse un boni d'environ 15,000
« 4° On peut vendre annuellement les futaies de l'affouage, ce qui produirait en cinq ans au moins 10,000
(( 5" On pourrait au besoin vendre la rente de 523 fr. que la commune possède sur l'Etat , ce qui produirait encore environ 12,000
« 6" La commune a au moins pour 4,000 fr. de peupliers à vendre 4,000
Total 100,935
« Considérant que les ressources de la commune ne seront jamais dans un meilleur état;
« Délibère :
c( Le Conseil municipal demande, à runanimitéy qu'il soit construit, le plus promptemeni possible^ au centre de la paroisse, une église suffisamment spacieuse pour la population, et dont le prix soit en rapport avec les ressources de la commune. Le devis des travaux ne devra pas s'élever au-dessus de 70,000 fr. L'emplacement sera choisi, autant que possible, au centre de la paroisse, entre les deux sections, ou à peu de distance.
« M. le Maire est autorisé à faire les démarches nécessaires pour acquérir l'emplacement de l'église, et il lui est donné plein pouvoir de traiter avec le propriétaire de l'emplacement qui sera jugé le plus convenable.
H2 NOnVIÏLLE ÉniJSE SAINT-I.AURKNT
« Le choix derarchitecle sera fail ulléruMireinent.
« Délibéré à Beire, les jour, mois et an susdits. Signé: JMartenet; Garnier P.; Garnier; Tissier ; Garot ; P. Clerget; P. Delacre ; Carré; et J. Lenoir, maire '^ (1).
Le Conseil municipal de Beire sanctionnant sa délibération du 19 février 1860, venait de voter, à Vunanimilé, la reconstruction de l'église au centre de la yaroisse. 11 demandait que la chose se fit « le plus promptemoit possible. » Malheureusement il y eut des lenteurs; on n'alla pas directement au but; il y eut des hésitations; enfin, des maladresses furent commises. Et la paroisse de Beire , si calme jusque là, se trouva l)ientôt divisée en deux camps.
De part et d'autre, l'irritation fut au comble.' 0n eut recours à des pétitions, à des élections, à des informations, à des pamphlets, etc. On vit des personnes, tant la lutte était vive, et si aveugle est la passion, signer le lendemain pour détruire ce qu'elles avaient approuvé la veille. Bref, après plus de deux années d'escarmouches journalières, l'autorité supérieure jugea à propos d'intervenir enfin; et de tous les débats qui avaient eu lieu, il ressortit clairement pour elle que les délibérations des 19 février 1860 et 11 mai 1862, ayant été prises avec calme et maturité, représentaient le sentiment vrai de la commune. — En conséquence, elle décida: qu'en conformité des vœux exprimés avec tant de
(1) Re^ristre dos diMilKTalioiii de la nuiuioiiKilito do Boire.
précision par la municipalité de Beire, une église serait construite au centre de la commune, sur le vaste et bel emplacement où elle s'élève majestueuse aujourd'hui. — Toutes les circonstances de cette stérile agitation sont encore présentes à notre esprit; et si nous ne donnons pas sur ce point de curieux détails , c'est que nous ne voulons ni amoindrir, ni chagriner personne; et que là où nous serions simplement juste et vrai, on pourrait nous croire sévère et passionné.
Lorsque tout fut bien arrêté pour la construction de la nouvelle église, nous nous mîmes en mesure de régler la cérémonie de la pose de la première pierre. — Elle fut présidée par monseigneur Rivet, évêque de Dijon, et elle eut lieu le dimanche Il septembre 1864. — Il tomba, ce jour-là, une pluie torrentielle qui dura jusqu'au soir, à la grande satisfaction des habitants de Beire-la-Ville auxquels, selon nous, cette petite vengeance et cet innocent plaihir étaient bien permis. Ils s'amusèrent aussi de la soutane violette du prélat, arrosée et devenue incolore dans le champ de luzerne qu'il dut parcoulir, en aspergeant les fondations de l'édifice, objet d'une trop longue discussion. Voici maintenant le procès-verbal de cette cérémonie.
III. — Pivcès-ver/jul de la posc de la première pierre de la nouvelle église Saint-Laurenl de Bcire.
« L'an de grâce mil huit cent soixante-quatre, le dimanche onze septembre, sous le pontificat de Pie IX et le règne de Napoléon III; — M. le baron de Bry étant préfet de la Gôte-d'Or ; — Par Nous
114 NOUVELLE K(ÎLISE SAINT-LAURKNT
François-Victor Rivet, évêqiie de Dijon, assistant au trône Pontifical, officier de la Légion d'honneur, etc., a été bénite et posée cette première pierre de la nouvelle église Saint-Laurent de Beire-le- Châtel, en présence :
1° De M. le Préfet de la Côte-d'Or, représenté par M. Marlet, conseiller de préfecture ;
2° De M. l'abbé Lebœuf, vicaire général du diocèse ;
3' De M. l'abbé Pierre-Auguste Bourgeois, curé de cette paroisse ;
4" De M. Pierre-Edouard Jourdeuil , maire de Beire ; 5° De M. Jean Chambrette,,son adjoint; 6" De MM. les membres du Conseil municipal, ci-après dénommés, savoir : Pierre Delacre ; Claude Tissier; Prudent Garnier-Joblin ; Nicolas Garnier- Cbabeuf; Prudent Clerget ; Jean Martenet, officier supérieur en retraite, officier de la Légion d'honneur; Louis Garot et Pierre Garnier;
7' De M. Pierre-Marie-Alphonse Richard, comte de Yesvrotte , président du conseil de fabrique dudit lieu; 8' De MM. les fabriciens ;
9* De M. Antoine Jarant, instituteur et secrétaire de la mairie ;
10° De M. Jean Joliot, lieutenant commandant la subdivision des sapeurs-pompiers de Beire-le- Châtel, présents à cette cérémonie; M. Henri Degré, architecte; M. Jean-Baptiste Prétot, entrepreneur; « Lesquels ont signé avec nous ce présent procès-
NOUVELLE ÉGLISE SALNT-LAUUENT Ho
verbal, dont copie également signée a été inscrite sur le registre servant aux actes du conseil municipal, et sur celui des actes de la fabrique paroissiale , et dont la minute sur parchemin sera déposée sous la première pierre, dans une boîte en plomb. » — Suivent les signatures.
Cette minute, rédigée en latin, et dont on trouvera la copie à la troisième page du registre servant aux actes de la fabrique de Beire, fut placée, en notre présence, avec quelques pièces de monnaie de l'époque, dans une boîte en plomb, et scellée ensuite sous la pierre angulaire, à droite du portail de l'église. — Sur la face visible de cette pierre avait été préalablement gravée une petite croix.
A partir de ce jour, les ouvriers continuèrent leurs travaux, sans qu'il leur arrivât le moindre accident, si difficile qu'ait été en particulier l'établissement des voûtes de l'église et de leurs nervures. Et, dès le 15 juin 1867, l'entrepreneur Prétot venait nous annoncer que le clocher était enfin terminé, et qu'il attendait, pour complément, la croix en fer qui le couronne aujourd'hui. — Nous allâmes sans plus tarder la bénir, puis, nous rédigeâmes, pour en conserver le souvenir, le procès-verbal dont la teneur suit :
IV. — Procès-verbal de la bénédiction de la croix du clocher de la nouvelle église Saint-Laurent de Beire.
« L'an mil huit cent soixante-sept, le quinze du mois de juin, à onze heures du matin, je soussigné, Pierre-Auguste Bourgeois, curé de Beire-le-Châtel, ai béni la croix du clocher de la nouvelle église Saint-Laurent de Beire,
« Puisse ce signe sacré de notre Rédemption nous protéger tous, présents et à venir!... »
Bien que le gros- œuvre de l'église fût achevé, ainsi que nous venons de le voir, dès lel5 juin 1867, la paroisse n'en prit cependant possession que le 19 octobre 1809. Rien ne pressait, d'ailleurs, puisque les offices continuaient à se faire dans l'ancienne église, et qu'il fallait maintenant s'occuper de la question du mobilier. C'était une grosse affaire, car on voulait qu'il fût en rapport avec l'importance de l'église nouvellement construite, dont le devis prinjitif avait été de beaucoup dépassé.
La commune se chargea des vitraux qu'elle demanda à la maison Maréchal, de Metz. Elle fit également les frais : des autels, des bancs, du confessionnal, des bénitiers, des fonts baptismaux, de la refonte des cloches. — Tout cela se fit largement et sans rien nous marchander. Le reste fut mis à notre charge, et grâce à la générosité vraiment exceptionneUe de nos excellents paroissiens de Beire, nous avons pu couUnuer, d'une façon à peu près irréprochable, ce qui avait été si bien commencé. (( Dans l'intérieur de cette église, dit la Chronique religieuse de Dijon, du samedi 13 décembre 1873 , ce qui frappe tout d'abord . c'est l'harmonie et l'unité. Depuis l'autel, la chaire, les lustres, etc., jusqu'à l'encensoir, tout est en parfait accord avec le style de féghse. Et ce qui est tout à l'iionneur des habitants de Beire, c'est que tous les objets d'ornementation sont des dons particuliers ou bien ont été achetés au moyen de souscriptions. »
Outre la croix et les flambeaux de l'autel de la Vierge offerts par l'empereur Napoléon III — un beau tableau représentant le Christ en croix, de Prud'hon, que le maréchal Vaillant nous fit délivrer par le ministère des Beaux-Arts — la statue de saint Jean que nous accorda le ministre des cultes — celles du Sacré-Cœur et de saint Joseph , données par Mesdames de Boissieu et de Broin; nous avons reçu en numéraire, de la générosité des habitants de Beire, une somme de 7 à 8,000 francs. — Nous nous plaisons à les en remercier ici et à leur en payer un public et bien juste hommage. — Qu'en retour de la pieuse activité qu'ils ont déployée pour l'ornementation de son temple, Dieu les bénisse en leurs personnes et en celles de leurs enfants!...
N'omettons pas d'ajouter que les cultivateurs de la localité, pleins du meilleur bon vouloir, ont fait, spontanément et sans rétribution aucune, de nombreux transports de sable pour faciliter les abords de l'église élevée d'un mètre au moins au-dessus du niveau du sol. — Après une lutte des plus vives, qui nous avait, pendant quelques années, rangés en deux camps dans la paroisse, nous ne pensons pas qu'il fût possible, vraiment, de rencontrer un plus réel dévouement.
Toutes choses ayant été ainsi préparées, nous fîmes, à la suite d'une superbe cérémonie de premières communions, nos adieux à l'ancienne église de Beire-la-Ville , que nous quittâmes officiellement , comme lieu d'assemblées publiques , le 17 octobre 1869.
Le soir même de ce jour, sous le portail de la
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nouvelle église qui devait nous être ouverte le surlendemain, avait lieu la bénédiction de deux magnifiques cloches qui lui étaient destinées. — Cette première cérémonie fut pré3i<lée par M. François Lebœuf, vicaire général du diocèse. Quant à la bénédiction de la nouvelle église , M" Rivet, évêque de Dijon, voulut bien s'en réserver le soin. — L'importance qu'il convient d'attacher à ces deux premiers actes nous invite à enregistrer ici, malgré leur étendue, les procès-verbaux destinés à en perpétuer le souvenir.
V. — Procès-verbal de la bénédiction des cloches destinées à In nonvulle église.
« Le dix-sept octobre mil huit cent soixante-neuf, nous, François Lebœuf, vicaire général de M^' l'évêque de Dijon , avons solennellement béni deux cloches destinées à la nouvelle église de la paroisse de Beire-le-Ghâtel. Elles ont été fondues aux frais de la commune par M. Petifourt, dont les ateliers sont dans la Haute-Marne, et qui a fourni un grand nombre de cloches à diverses paroisses du diocèse de Dijon. Le poids de la plus grosse des deux cloches que nous avons bénites est de 1,102 kilog. et celui de la plus petite est de 79'2kilog. On a employé pour la fonte le métal provenant des cloches de l'ancienne éghse, auquel on a ajouté du métal nouveau du poids de 336 kilog.
« Ces cloches nous ont paru belles, sonores et d'accord entre elles. On espère que la sonnerie sera complétée plus tard par une troisième cloche. Cette bénédiction précédée d'une courte allocution sur
l'usage des cloches et les devoirs à l'accomplissements desquels elles sont destinées à nous inviter, a eu lieu à l'entrée de la nouvelle église qui doit être bénite dans deux jours, le 19 octobre, par M°' l'évêque. Une foule nombreuse composée d'habitants de la paroisse et des paroisses voisines se pressait dans l'intérieur de la nouvelle éghse et sur la place en avant du clocher. Nous étions assisté par M. l'abbé Mariette, curé-doyen du canton, et par M. l'abbé Bourgeois, curé de Beire.
a Les parrains et marraines des cloches sont : 1° pour la grosse cloche, M. Armand Richard, vicomte de Vesvrotte, et M"* Isabelle d'AboviUe, baronne de Salvaing de Boissieu ; 2° pour la petite cloche, M. Alfred-Marie Forgeot et M'" Victorine Roy. La grosse cloche a reçu le nom d'Isabelle, et la petite celui de Victorine.
« Et ont signé avec nous le présent procès-verbal toutes les personnes susnommées et autres notables assistants. » — Suivent les signatures (1).
VI. — Procès-verbal de la bénédiction de la nouvelle église Saint-Laurent de Beire-le-Châtel.
« L'an mil huit cent soixante-neuf, le dix-neuf octobre, par nous soussigné, François-Victor Rivet, évêque de Dijon, a été faite solennellement, selon les prescriptions du rituel, la bénédiction de la nou-
(1) Registre de la Fabrique, p. 53.
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velle église de Beire, sous le vocable de saint Laurent, patron de la paroisse.
(( Cette bénédiction a eu lieu en présence d'un grand nombre d'ecclésiastiques, curés des paroisses voisines. Nous avons été assisté : parM. Lebœuf, notre vicaire général, et par M. l'abbé Mariette, curé de Mirebeau, doyen du canton. Etaient présents : M. l'abbé Bourgeois, curé de cette paroisse ; M. Jourdeuil, maire, à la tète du conseil municipal; M. le comte de Vesvrotte et le conseil de fabrique dont il est le président; M. le baron de Boissieu et sa famille ; la compagnie des sapeurs-pompiers sous les armes, et la population de la paroisse tout entière, à laquelle s'était joint un grand nombre de personnes venues des paroisses voisines.
(( Il nous est agréable de consigner ici le témoignage de la satisfaction que nous ont causée la construction régulière de cet édifice, le bon goût des verrières qui remplissent les baies de ses croisées, les gracieuses garnitures de ses autels, les lustres et la lampe suspendue dans la grande nef et les bas-côtés, la chaire, le dais et la sonorité de ses deux cloches ; mais par-dessus tout l'assemblée non moins nombreuse que recueillie (1,200 à 1,400 persoimes), à laquelle nous avons adressé quelques paroles d'édification, qu'elle nous a paru recueillir avec une rehgieuse et intelligente sympathie.
« Le soir de ce même jour, après le chant des vêpres, nous avons administré le sacrement de confirmation à soixante-quinze personnes de cette paroisse. Cette pieuse cérémonie a été terminée
par la bénédiction solennelle du Très Saint-Sacrement, suivie du chant du Te Deum et de la bénédiction de tous les petits enfants.
« En foi de quoi nous avons dressé le présent procès-verbal, qu'ont signé avec nous les personnes susdésignées. » — Suivent les signatures (1).
Vil. — Presbytère nouveau.
L'église paroissiale ayant été bâtie au centre de la commune, il devenait urgent que le logement du curé y fût également transporté, car l'ancienne cure en était éloignée de 4,000 à 1,200 mètres au moins. Le conseil municipal, sur la proposition du maire, avec lequel nous nous étions mis en rapport, s'occupa à plusieurs reprises de cette importante et délicate question. Deux ou trois délibérations prises par cette assemblée reconnurent en principe la parfaite légitimité de nos justes réclamations. — C'était bien déjà quelque chose, mais elles en ajournaient régulièrement la solution : le conseil municipal, avant de se lier par un vote définitif, voulait se rendre compte et savoir ce qu'il lui serait possible de faire. C'était prudence et sagesse, d'ailleurs, de la part de la majorité. Quelques membres cependant étaient soupçonnés de n'avoir pas des intentions aussi pures et de faire, de l'ajournement du presbytère, une question d'opposition personnelle. Il ne fut heureusement tenu aucun état de ces dispositions, et par délibération du 5 mai 1867, prise
(I) Registre de la Fabrique, p, 54.
à la suite d'un état de réception provisoire des travaux de l'église récemment construite, le conseil municipal vota la dépense d'un nouveau presbytère qui s'élèverait dans le voisinage de ladite église, sur le vaste et bel emplacement qu'il occupe aujourd'hui.
Toutefois, l'invasion allemande survenant, l'achèvement de la maison presbytériale subit des lenteurs forcées : il fallait la clore au moins dans la partie longée par la route, et la commune, épuisée par les réquisitions que les troupes ennemies lui avaient imposées, restait sans ressources. Enfin, nous avons pu nous y installer cependant le dimanche 1" mars 1873, jour où nous en avons fait la bénédiction. *
Lorsque ce logement sera entièrement clos, ce qui aura certainement lieu à l'époque de l'étabUssement du cimetière en projet, nous ne craignons pas de dire que, par son voisinage de l'église, sa bonne distribution, sa salubrité, ses dépendances suffisantes, son jardin vaste et bien dessiné, il sera, malgré la défectuosité de sa menuiserie et la trop grande légèreté de son solivage, l'une des plus agréables maisons curiales du diocèse de Dijon.
Observons encore, avant de passer à un autre chapitre, que l'église avec son ameublement, le presbytère avec ses murs de clôture, le cimetière en projet, l'acquisition du terrain servant à l'établissement de ces divers édifices, les grilles qui devront un jour fermer la place de l'église, etc., n'auront pas coûté moins de 200,000 francs à la commune, qui aura eu le rare avantage do se per-
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mettre cette énorme dépense, sans recevoir un seul denier ni du département ni de l'Etat, et sans qu'aucun de ses services en ait souffert un instant.
VIII. — Composition actuelle du conseil de fabrique de Véglise Saint-Laurent de Beire.
Membres de droit :
MM. Louis Morillot, curé;
Pierre-Timothée Delacre, maire.
Membres élus :
MM. Amédée Seguin de Broin, président du conseil ; François Canet, François Bourguignon, Prudent Léchenet, Pierre Cornu.
Président d'honneur :
M. l'abbé Pierre-Auguste Bourgeois, curé-doyen de Mirebeau.