X. — L'abbé Odot-Salbrouhot
A cette époque, il y avait une famille de ce nom assez importante dans la paroisse de Viévigne, et il est à présumer que l'abbé Salbroubot en était originaire. Il exerça le saint ministère dans les deux paroisses de Beire et de Viévigne sous les règnes de Charles IX, d'Henri III et d'Henri IV. — Il fut d'abord vicaire à Beire, curé de Viévigne ensuite, puis il obtint, en dernier lieu, le titre de la cure de Beire.
Le volume d'informations que nous avons déjà cité plusieurs fois nous apprend qu'en l'année 1568, il était âgé de 38 ans, et que depuis sept ans il était vicaire de la paroisse de Beire avec l'abbé Biaise Ruseaul, qui dut plus tard obtenir la cure de Viévigne : cela nous est révélé par sa déposition du 26 octobre de la même année.
Le 27 mai 1571, André de Baissey, seigneur de la Chaume, se plaint de ce que les vicaires de Beire, Odot Salbrouhot et Biaise Ruzelle, tenus aux réparations de la grange des dîmes, avaient été traduits,
(1) Archives du château de Beire , recouuaissauce du finage de Beire, 29 janvier 1S62.
Wi. CUIŒS QUI O.M' DKSSRIIVI L'ÉdLISK DE IJEmK
poiii' le fait de les avoir ntîgligées, en la justice parti- CLilièi'e de Guillaume de Drée, seigneur de Beire, et non en la justice commune à ces deux seigneurs, ainsi que cela devait se faire (1).
Jusqu'ici l'abbé Salbrouhot, malgré ses quarante ans sonnés, n'est que simple vicaire d'une petite paroisse où il aura dû laisser néanmoins d'excellents souvenirs, car nous le retrouverons un jour curé en titre de Beire. — Dès l'année 1575, nous le voyons devenu curé de Viévigne, son pays natal : le lundi 20 avril de la môme année, en elîet, il assiste à un traité d'accord passé entre Guillaume de Drée, seigneur de Beire, et les frères « Pliilibert et Anthoine Sallebrouhot de Vielvignes », où le notaire Jean Glopin le qualifie ainsi : « messire Odot Sallebrouhot, prestre, curé de Vielvignes »' (2).
Enfin, il est positif qu'il devint curé de Beire où il avait été longtemi)S vicaire : lors de la tenue des grands jours de Beire-la-Ville, en la maison de François Rougetle, le lundi quinzième jour du mois de juin d592, il obtint une sentence contre Perrenot Amyot de Vesvrotte qui lui contestait la dîme des «' novalles » de quatre journaux de terre cultivés par ce dernier. — Il était présent en personne à l'audience , où l'assistait le notaire Jean Clopin, son procureur, qui le qualifie ainsi , f 282 de son terrier : « messire Odot Salebrouhot, prestre, curé de Beire. »
En présence d'un chiffre de population aussi peu
(1) Archives dn château de Beire, terrier de Jean Rouhier,fol. 122.
(2) Id., terrier de Jean Clopiu, fol. 81.
GUliÉS QUI ONT DESSEHVI I/ÉGLISE DE BEIRE i AS
élevé que l'était celui de la commune de Beire, on pourrait manifester un certain étonnement d'y voir séjourner simultanément deux vicaires. Mais n'oublions pas d'observer : 1° qu'à cette époque les trois maisons seigneuriales de la paroisse étaient habitées, et que chacune d'elles avait son oratoire privé ; 2° qu'il y avait, en outre, plusieurs autres chapelles ; 3° enfin , qu'il était peut-être dangereux , en ce temps, pour un prêtre catholique, d'habiter, seul et isolé, entre Is sur-Tille et Mirebeau, où les partisans de la Réforme nous paraissent avoir eu de nombreuses intelligences. — Nous avons déjà dit que pendant les années 1 564 et 1565, ainsi qu'il conste par la déposition de l'abbé Salbrouhot, dans l'information relative au procès des seigneurs de Beire et de la Chaume, deux prêtres : Guillaume Rolland et Claude... en avaient été les victimes. — Le premier, horriblement maltraité sur le chemin de Beire- ]a-Ville à Vesvrotte, près de l'église, mourut de ses blessures. — Le second fut « occis sur le cheming, près la garenne dudict Bère. » — « Le l'' mai4563, le curé d'Arceau, Claude Bertrand, natif de ce lieu, docteur en sainte théologie de la faculté de Paris, avait été pris et tué sur la route de Dijon » (1). — Ajoutons à ces déplorables faits, qu'à la même époque, toujours selon le témoignage de l'abbé Sallebrouhot, une belle croix en pierre, érigée près de la maison forte de la Chaume, avait été renversée et abattue « par gens malvuians, » c'est-à-dire parles
(1) Boudot, canton de Mirebeaiij p. 36,
iU cmxÈs QUI ONT DESSERVI l'égi.isi': de beiiuc
partisans Je la Réforme : il résulte, en eiïet, de la déposition de Guyot Ruseaul , laboureur à la ferme (le Masse, « qu'il avait souvent vu les hommes et sujets du sire de la Chaume aller faire guet et garde, avec ceux de Pichange, en sa maison forte; qu'il les y avait notamment vus, au mois de mai 15(37, lorsque les reislres ennemijs du Roi et des Catholicques passèrent par ce pays de Bourgogne » (1).