‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 43 sur 174 · XVII. — Vabbé Jean-Philippe Grillot · texte numérisé non relu

XVII. — Vabbé Jean-Philippe Grillot

Le premier acte de catholicité qu'il rédigea fut celui de la sépulture de Jacques Cotton ; il porte la date du 8 janvier 1745. Le dernier fut celui du baptême de Prudent Léchenet, qui eut lieu le 6 février 1770. Il administra donc la paroisse de Beire pendant plus de 25 ans. Il mourut le 2 avril 1770, et fut inhumé, le surlendemain, au cimetière paroissial, par maître Jean-Germain Arnoult, curé d'Arceau, doyen de Bèze, en présence d'un grand nombre d'ecclésiastiques des paroisses voisines. — Une note écrite de la main de M. Charles de Vesvrotte nous fait connaître qu'il fut enterré à l'angle nord-est du cimetière; M. de Vesvrotte était âgé de dix ans quand ce prêtre mourut, et il avait pu

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assister à son enterrement. Plusieurs anciens du village, qui avaient été renseignés par leurs pères, nous ont également affirmé la même chose : il s'était fait inhumer en cet endroit, parce que ce coin du cimetière étant couvert de ronces et d'épines, personne ne voulait y avoir sa sépulture.

L'abbé Grillot mourut jeune encore : il n'avait que 55 ans. Il était de santé très délicate , ce qui concorde parfaitement avec la tenue de ses registres où on voit un grand nombre d'ecclésiastiques, tant réguliers que séculiers, venir l'aider dans ses fonctions pastorales. — Selon le témoignage de plusieurs vieillards , que nous avons pu interroger, il fut vivement regretté de ses paroissiens : il était d'une excessive charité, et on le surprit souvent, la nuit, portant du bois et du blé aux pauvres du village.

Voici son acte de sépulture, que nous sommes heureux de placer ici, précisément à cause des bons souvenirs laissés à ses paroissiens par ce prêtre vertueux : « Maître Jean-Philippe Grillot, âgé de cinquante-cinq ans, décéda muni des sacrements de l'Eghse, le deux, et fut inhumé au cimetière dudit Beire, le quatre avril mil sept cent soixante-dix, par maître Jean-Germain Arnoult, prêtre-curé d'Arceau, doyen de Bèze, en présence de : M'' Pierre Enfer, curé de Viévigne ; de Louis Peincedey, curé de Spoy; de Jean-Baptiste Guelaud , curé de Bèze ; de Pierre Mochot , vicaire à Gémeaux ; de Nicolas Dupasquier, vicaire à Bourberain ; de Joachim Comte , vicaire à Arceau; de Nicolas Morizot, desservant audit Beire

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et de Noël Morizot , vicaire à Varroy, tous sous signés (i). »

Pendant la vacance, qui fut de très courte durée, l'administration de la paroisse fut confiée aux soins de l'abbé Nicolas Morizot, auquel les quelqu.es actes des registres de catholicité rédigés parlai donnent le titre de curé -desservant de Beire.

L'abbé Grillot dut baptiser Charles Renaud, le célèbre sculpteur béréen, auquel la Notice des objets d'art exposés au Musée de Dijon (Lamarche, 1860) a consacré un charmant petit article que nous nous faisons un devoir de consigner ici :

« Renaud Charles, né à Beire-le-Chàtel, arrondissement de Dijon, vers d756 ; élève de l'Ecole de Dijon, pensionné à Rome par les Etats de la province de Bourgogne en 1777.

(f II fut le premier des élèves que François Devosge avait formés dans l'art de la sculpture, qui mérita le grand prix fondé en 1775 par les Etats de la province de Bourgogne. Pensionné à Rome en même temps que son émule, notre célèbre peintre B. Gagneraux, ses talents se perfectionnèrent bientôt dans la capitale des beaux-arts, et en 1779 il termina sa superbe copie de l'Apollon, l'une des plus belles imitations du chef-d'œuvre de la statuaire antique.

a De retour en France, il continuait d'exercer son art avec de grands succès lorsque survint la Révolution qui changea tant de destinées. Dès lors, Re-

(1) Registres de catholicité.

naud fut contraint de restreindre l'élan de son génie et de n'exercer ses talents, pour ainsi dire, que dans le genre du buste. Son pays natal lui offrant peu de ressources, il n'y résida que momentanément, et pendant un des instants qu'il passa à Dijon il fit le buste de Claude Hoin, ancien conservateur du Musée; et c'est un des plus beaux ouvrages de ce genre que possède cet établissement.

« A une date qui nous est inconnue, il fit à Marseille deux figures et une cariatide de petites proportions, dont le musée de Dijon possède les plâtres, que l'on trouvera au nombre des objets cités plus bas (Promélhée, 577; Milon de Crotone,578; Cariatide, 579). Dans ces ouvrages, Chîu'les Renaud montre, comme savant anatomiste, un talent qui fait honneur à l'Ecole dans laquelle il a puisé les premiers principes de son art. »

La famille RegnauU était une des anciennes familles de Beire, mais elle en a complètement disparu. Nous n'avons pas trouvé l'acte de naissance de notre sculpteur. En retour l'abbè Grillot a baptisé, de 1749 à 1759 : Jacques, Pierre et François Regnault, fils de Jacques Regnault, laboureur à Beire. — Jacques naquit le 27 décembre d749, Pierre le 9 décembre 1753 et François le 28 janvier 1759. — Nous sommes porté à croire que le sculpteur béréen dut s'appeler d'abord Pierre ou François, et qu'à l'époque de sa confirmation, comme cela se fait encore en certaines localités, il aura changé son nom en celui de Charles, sous lequel il est désigné dans la notice que nous venons de rapporter.

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Il y eut, sous le ministère de l'abbé Grillot, pendant le cours de l'année 1761, une grande mortalité sur les petits enfants : 26 décès!

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