XIX. — L'abbé Antoine Semetier
Il prit possession de la cure de Beire, après la démission mentionnée plus haut de l'abbé Marigny. — Le premier acte qu'il rédigea fut celui de la sépulture de Prudent Leroy, décédé le 7 janvier 1771 et
inhumé le lendemain. Le 1" janvier 1793, l'an ii de la République française, il clôt et arrête ses registres, en même temps qu'il cesse les fonctions de son ministère. Il fut, on le voit, curé de Beire pendant une période de 22 ans.
Il est regrettable qu'un prêtre d'un aussi réel mérite ait cru pouvoir prêter serment à la constitution civile du clergé. Gela ne le préserva pas, toutefois, des persécutions qui s'attachèrent même aux personnes des prêtres assermentés. Et quand l'abbé Semetier se vit brutalement arrêter par ceux dont il avait été, à Beire, l'ami et le bienfaiteur, il dut singulièrement regretter un moment de faiblesse et d'oubli de ses devoirs, qu'il se fit bien pardonner, au reste, par les longs et honorables services qu'il rendit plus tard à l'Eglise : après avoir été employé à l'église Notre-Dame de Dijon, il fut nommé par l'évêque Henri Raymond à la cure cantonale de Chevillon (Haute-Marne), alors que ce département faisait, au rétablissement du culte en France, partie de l'évêché de Dijon; et c'est en cette qualité que, dès le 25 floréal an xi, on le vit venir, avec tous les curés en titre de ce département nouvellement nommés, prêter le serment légal, dans l'église Saint- Jean de Ghaumont, où leur évêque les avait convoqués pour cette cérémonie. Gette prestation de serment se fit entre les mains du préfet Jerphanion (i). — Il mourut curé-archiprêtre de la ville de Semur-en-Auxois.
(!) Procès-verbal de la preslatiou de sermeut des curé* nouTellemeut nommés.
CURÉS QUI ONT DESSERVI l/ÉGLISE DE BEIRE lî)9
Cet ecclésiastique était originaire de Dijon. La tenue de ses registres est excellente, et à leur simple inspection on devine la valeur de l'homme qui les rédigea. Toutefois, ils ne nous ont rien appris en fait d'événements remarquables, sinon la sépulture d'une personne centenaire, la seconde qu'il nous ait été possible de découvrir dans un laps de deux siècles et demi. Voici la teneur exacte de l'acte de cette sépulture extraordinaire : «Le 28 octobre 1772, est décédée sur cette paroisse, âgée d'environ cent ans et munie des sacrements de l'Eglise (de Pénitence et d'Extrême-Onction), Marie Petit, veuve de Jacques Boisselet, laboureur à Arceau , et le lendemain elle a été inhumée au cimetière, par moi, curé soussigné. En présence de François Clerget, boucher, mari de sa petite-fille, et de Jean-Baptiste Guilleminot, jardinier au château d'Arcelot (4). »
Lors de l'organisation régulière des municipalités de France, instituées en vertu d'un décret de l'Assemblée nationale et des lettres-patentes du roi, données au mois de décembre 1789, on voit l'abbé Semetier présider le collège des électeurs de la commune de Beire, en vertu d'un mandat qu'il tenait de ces derniers. — Il devenait assez naturel, en de semblables conditions, qu'ils le fissent entrer dans la composition du nouveau conseil municipal. Cependant ils n'en firent rien. Mais ils eurent des regrets, et une erreur s'étant glissée dans cette
(1) Registres de catholicité.
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première opération électorale , où on avait élu un membre de moins que la loi ne le demandait, quatre jours après, c'est-à-dire le dimanche 7 février 1700, ils réparèrent leur faute, et M. Semetier fut élu officier ou conseiller municipal de Beire. Toutefois, il ne siégea pas, et le 10 du même mois, il donna sa démission en ces termes, dont la délicatesse et la dignité n'échapperont à personne :
« Je soussigné, curé de Beire, déclare à la municipalité dudit lieu, que je me déporte de la nomination qu'a faite, dimanche dernier, la commune, en m'agrégeant aux officiers d'icelle. J'en donne de bon cœur ma démission, et m'en tiens irrévocablement à mes fonctions de pasteur, à moins que la Providence n'en dispose autrement. Je ne veux plus me mêler de rien que de mon ministère. Conséquemment qu'on ne compte plus sur moi (1).
(( En la maison curiale dudit Beire, le 10 février 1790. — A. Semetier. »