‹ Beire-le-Chatel et ses anciens fiefsChapitre 5 sur 174 · ET NOMS QU'JL A PORTÉS · texte numérisé non relu

ET NOMS QU'JL A PORTÉS

Les dénominations de Bère-le-Cbâtel et de Bèrela- Ville nous révèlent que jadis, à ne pas en douter, la paroisse de Beire était déjà divisée, comme elle l'est encore aujourd'hui, en deux sections principales. Mais ces dénominations n'apparaissent pas avant la fin du xiv" siècle, et nous verrons que, bien avant cette date, Beire avait son église et son château.

S'il fallait établir quelle est celle des deux fractions du village qui l'emporte sur l'autre, comme ancienneté, la chose ne serait pas facile. Toutefois , si nous devons nous en tenir aux seuls titres qui nous restent, nous croirons assez volontiers que Beire-la-Ville ou le Petit-Beire fut le berceau de la communauté héréenne : en effet, l'église de ce lieu, non pas celle d'aujourd'hui, mais celle qui dut la précéder, nous le démontrerons plus tard, a des origines authentiques et certaines qui la font remonter à l'an 830 au moins. — Le chevalier Milon, au contraire, qui nous semble avoir été l'un des premiers seigneurs de Beire, n'appartient qu'au commencement du xi" siècle (1015), sans qu'il soit possible de dire, au reste, dans quelle partie de ce village il avait dû fixer sa demeure.

Loin de nous, toutefois, la pensée de contester la haute antiquité de la maison forte de Beire-le- Chàtel : il en est fait mention bien formelle dans deux pièces, très précieuses sous ce rapport, gardées aux archives de la Côte-d'Or, les sceaux qui en garantissent l'authenticité se trouvant encore aujourd'hui dans un état de parfaite conservation.

La première, écrite au mois d'avril 1 254, est rela-

tive à un traité passé entre Robert, sire de Beire, et l'abbé du monastère de Bèze, lequel traité est scellé des sceaux de l'abbé de Saint-Etienne de Dijon et de Monsignor Henri, « Seignor de Mirehel et sénéchal de Bouvfjongne ». — La seconde, qui pocte la date du mois de mars 1290, est une reprise de fief faite par Othes, sire de Beire, au duc Robert de Bourgogne, laquelle est revêtue du sceau de l'official de Langres, le siège vacant, et de celui du sire de Vergy . Les extraits de ces deux pièces sont entre nos mains.

Si on remarque, dans le cours de ce récit, que nous négligeons la Chaume et Vesvrotte, pour nous attacher tout spécialement à Beire, nous observerons : 1° que les documents relatifs à ces deux sections nous ont presque complètement faitdéfaut; 2° que notre intention, si nous y sommes un jour autorisé, est de joindre, en forme d'appendice, aux chroniques de Beire, un travail laissé par feu M. le comte Alphonse de Vesvrotte , de sainte et vénérée mémoire, relatif au hameau dont il portait le nom ; 3" qu'enfin, nous pourrons peut-être ajouter encore à ce volume quelques notes recueillies, pendant le cours de nos diverses recherches, sur l'ancienne maison forte de la Chaume. Et puis ces deux écarts, d'ailleurs, malgré l'importance de leurs maisons fortes , n'ont jamais figuré qu'au second rang dans la commune de Beire.

Ces préhminaires posés, disons que le premier monument écrit, où il soit fait mention de Beire, est la Chronique de Bèze, monument très respectable, surtout au point de vue de notre histoire

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locale. Le moine Jean, qui la rédigea jusqu'au xii*5 siècle, nous apprend, en effet, que, tout au début, ce village fit partie de la riche dotation de la célèbre abbaye de Bèze, fondée vers l'an 630 de notre ère, ainsi que nous l'établirons tout à l'heure.

Mais ne pourrait -on pas reporter nos origines à une époque plus reculée? — Pour notre, compte personnel, nous croyons assez volontiers qu'avant la fondation du monastère de Bèze, Beire existait déjà, et qu'il dut tour à tour être habité par les Celtes, les Romains, les Attuariens et les Bourguignons. Nous allons dire un mot de ces quatre époques.

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