CHAPITRE II
Origines du village de Beire et noms divers qu'il a portés.
Avant de dire ce que nous avons pu découvrir relativement aux origines du village dont nous écrivons les chroniques, nous avons pensé que peutêtre nous serions agréable au lecteur, en donnant ici les divers noms que Beire a portés dans les àçfes écoulés.
Il en fut de la commune qui nous occupe en ce moment, comme de toutes celles dont quelque dénomination, aristocratique ou religieuse, sonnait mal aux oreilles délicates des réformateurs du siècle dernier; elle fut rebaptisée. La section où se trouvait l'ancien chastel, étant la plus étendue, s'appela naturellement le Grand-Beire. Pour une raison inverse, celle qui possédait l'église se nomma le Petit-Beire.
Observons cependant que, dès le milieu du xvi^ siècle, les habitants appelaient déjà du nom de Beyre-le-Grancl la section qui possédait la maison forte de Beire. Cela découle pour nous de la dépo"
sitioii de plusieurs témoins entendus dans un procès survenu alors, entre les seigneurs de la Chaume etdeBeire(l). — Vesvrotte et la Chaume, portant des noms anodins, gardèrentleurs anciennes dénominations.
Aujourd'hui ces quatre sections , tout en conservant leurs noms respectifs, se confondent en une même commune, en une seule et même paroisse portant, religieusement et civilement, le nom collectif de Beire-le-Chàtel.
Les anciens titres que nous avons pu consulter nous autorisent à dire que la communauté de Beire, ainsi qu'on pourra s'en convaincre d'ailleurs, par la lecture des diverses chartes latines et françaises qui la concernent, a successivement porté les noms qui suivent et que nous rapportons ici, dans Tordre à peu près où ils nous ont apparu : Beria, Bera, Byère, Bère, Bère-le-Chastel, Bèrel'Eglise, Bère-le-Moustier, Bère -la-Ville, Beyre-surles-Thilles, Beyre-les-Mirebel, Beyre-le-Grand, Beyre, Beire,leGrand-Beire,le Petit-Beire etBeirele-Châtel.
Il est évident que plusieurs des noms de cette longue série, les quatre premiers par exemple, devaient désigner la paroisse entière. Les autres, selon le cas, se rapportaient à l'une ou à l'autre fraction du village. Sont venus ensuite les noms actuels de Beire et de Beire-le-Ghàtel affectés à l'ensemble de la commune.
(1) Arcli. du château, volume d'informations.