CHAPITRE VIll
Etablissement de l'école congréganisto de Beire.
Cl L'étabiissement de Beire, nous dit une note officielle, fut fondé, en 1839, par M. Louis-Edouard de Salvaing, baron de Boissieu, conseiller à la Cour d'appel de Paris, et par M. Dubard, avocat à Dijon. — Privé d'abord, cet établissement a été reconnu communal, le 21 octobre 1854, cà la suite des services exceptionnels rendus par les religieuses à la paroisse de Beire, pendant l'épidémie du choléra. »
Nous n'avons pas pensé qu'il fût opportun de signaler ici, avec la juste sévérité des termes contenus dans la note qui nous a été remise, l'opposition passionnée et par trop abusive faite, pendant près de quinze ans, par l'autorité locale, à une institution qui jouissait de la sympathie la plus méritée. — Mais, comme nous écrivons afin de raconter {scribitur ad narrandam) , nous aurons assez d'indépendance de caractère pour affirmer quel'ouvet ture d'une école laïque de jeunes filles, dans la commuiu» de Beire, forte de 800 habitants à peine, fut une mpardonnable faute d'aduiinistration, alors que la classe des religieuses, parfuitement tenue, suffisait
ÉTABLISSEMENT DE l'ÉCOLE CONGRÉGANISTE DE BEIRE 169
largement aux besoins de la commune , et que les habitants en étaient universellement satisfaits. — L'opinion calme du village, et c'est celle dont il faut toujours tenir état, ne demandait aucune innovation, au contraire : on vit dans la suite combien la paroisse tenait à ses religieuses. Pour être convaincu de la véracité de notre langage, il suffit de rapporter, ainsi que nous le faisons, après l'orage passé et à quinze ans de distance, le verdict du sentiment général. — Il faut à des administrateurs, soucieux du mandat qu'ils tiennent de leurs concitoyens, assez de calme, de justice et d'impartialité, pour faire fléchir leurs sentiments personnels devant les aspirations formelles et les désirs nettement exprimés de leurs administrés. — S'il en eût été ainsi, et si on n'avait rien précipité, on n'aurait pas à regretter, aujourd'hui, ces constructions bâtardes et sans goût qui servent de salle d'école aux jeunes filles et de logement aux maîtresses qui les dirigent.
Nous savons que MM. de Boissieu et Dubard furent puissamment soutenus, dans leur œuvre, si nécessaire aux besoins de la jeunesse : par M. l'abbé Ecoffet, curé de la paroisse, qui offrit, pour un temps, le logement aux religieuses et à leurs élèves — par M. le comte de Vesvrotte — par M"" Bounder — et par les habitants, qui se cotisèrent pour faire le traitement exigé par la communauté de la Providence de Vitteaux. Enfin, le roi, la reine, le prince royal et M. de Vesvrotte donnèrent une somme de 650 fr. pour l'acquisition du mobilier des rehgieuses.