XXII. — Richard de Marcarty
M. Charles de Vesvrotte nous apprend que lors de l'établissement, en 1822, de la sacristie actuelle de l'église de Beire-la-Ville, qui se fit dans l'ancienne chapelle de sainte Anne, on y trouva, sous terre, « une tombe de sept pieds de long avec l'empreinte d'un chevalier armé de toutes pièces, portant écu. — L'inscription était celle-ci : Pàchard de ]\Iarcarty, seigneur de Beire, décédé en 1334. » — Un fragment de cette tombe avait alors été déposé à la mairie de ce lieu, qui ne le possède plus aujourd'hui.
Courtépée signale, dans la même église, la tombe de Richard de Gromary , mort en 1336. La conformité de ces deux noms et le rapprochement de la date des sépultures de ces seigneurs nous feraient hésiter à les regarder comme deux personnages distincts. Mais M. de Vesvrotte a pris soin de nous dire que la pierre tumulaire de Richard de Marcarty était cachée sous terre ; et il nous semble assez difficile que Gourtépée ait pu en relever l'inscription. — Richard de Marcarty et Pdchard de Gromary doivent donc être considérés comme deux seigneurs différents. — Rien n'indique la quahté de Richard de
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Cromary, qui fut probablement le père ou le frère de Guillaume de Cromary, curé de Beire dès l'aa 1342. — La liste des feux de cette commune, année 1375, contient aussi le nom de Jehan de Cromary y mais il y ligure comme simple habitant de cette localité.
XXIII. — Hugues ou Huguenin de Prangey, seigneur de Beire (1340).
Dom Plancher (1) nous apprend qu'en 1340 , il épousa Simonne de Pontailler, veuve de Hugues de Fontaines. Il n'en eut point d'enfants, et, comme elle épousa , en troisièmes noces , Jean d'Arc de la comté de Bourgogne, la terre de Beire devint naturellement vacante à cette époque. — C'est sans doute après la mort de Hugues de Prangey qu'elle passa dans la maison des de Baudoncourt qui la possédèrent jusqu'à la mort de Nicolas, c'est-à-dire jusque vers la fin du XV* siècle.
Ce seigneur portait simultanément les trois noms de Baudoncourt, de Prangey et de Beire, ainsi qu'on peut le voir dans un traité d'accord passé entre lui et les religieux de Bèze, le mardi après Quasimodo, 11 avril 1461 (2).
Peincedé (3) confirme de tous points le récit de Dom Plancher : a En 1339, dit-il , a lieu le traité de mariage d'Huguenin de Prangey , écuyer , sire de Beire en partie, avec Simonne de Pontailler,
(1) Vol. 11, p. 434.
(2) Archives du château, terrier de Jean Clopiu, fol. 569, (8) Vol. XXVII, p. 22.
fille de feu Huguenin de Fontaines près Dijon (coiiséquemment de la famille de saint Bernard), à laquelle il donne pour douaire la moitié de la forte maison de Beire et de la seigneurie qu'il possédait en ce lieu. — Ce traité de mariage nous eût été très utile pour établir les liens qui devaient unir Hugues de Beire à la maison de Baudoncourt ; malheureusement on a fait d'infructueuses recherches pour nous le reproduire.
On voit qu'en septembre 1357, Guillaume d'Arc, chevaher, et dame Etiennette de Latrecey possédaient au moins quelques biens seigneuriaux sur la paroisse de Beire : à cette date, en effet, Marguerite leur fille , « sur le témoignage d'Agnès, sa sœur, religieuse au monastère de Tart , renonce à tous ses biens paternels et maternels en faveur de Philippe , Jean et Guillaume , ses frères , par la raison qu'Etiennette, sa mère, lui avait donné tout ce qu'elle possédait sur le finage de Beire, en justice, etc. » (4).
On a dû remarquer plus haut que, dès l'an 1340, Simonne de Pontailler jouissait d'un douaire que Hugues , seigneur de Beire , son mari , lui avait assuré sur cette seigneurie. Or, comme elle avait épousé Jean d'Arc en troisièmes noces, il ne faut pas être surpris de trouver les descendants de ce seigneur en possession de quelques biens sur le finage de Beire.
(1) Archives départementales, B. 11,248.
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