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tains îlots du quartier militaire ; que la municipalité, en 1873, a cherché la solution du problème dans l'établissement d'un Village-Nègre au nord-est en dehors de la ville, dont l'emplacement a été , en 1 879, aliéné par le Domaine au profit des particuliers , et que les représentants de Bel-Abbès ont réclamé cet agrandissement à plusieurs reprises, notamment le 13 octobre 1875, au Conseil général.
C'est dans le même but qu'un groupe d'habitants, lors de l'enquête ouverte en 1875, sur l'emplacement de la gare de Bel-Abbès , où trois projets étaient en présence , insistèrent avec nous pour qu'elle fut élevée sur le plateau du Village-Nègre, car l'un des principaux avantages entrevus était la nécessité dans laquelle on se serait trouvé d'ag-randir la ville , en abattant les remparts.
Quant aux prix qu'ont atteints , dans ces derniers temps , les propriétés urbaines et rurales , nous renvoyons le lecteur intéressé aux renseignements que nous donnons au chapitre concernant l'agriculture.
Mais rien ne peut montrer d'une manière plus exacte la prospérité actuelle de notre ville , que les données suivantes qui représentent le nombre des constructions nouvelles ou augmentation de constructions effectuées dans la commune de Bel- Ablès : en 1872 ce chiffre est de 15, en 1873 de 70, en I87ide 89, en 1875 de 78, en 1876 de 82, en 1877 de 89, en 1878 de lil et en 1879 de 50, soit un total de 650 pour ces huit années, ce qui n'empêche pas qu'à cette dernière époque les logements sont rares et très-chers (1).
Dans la campagne nous trouvons partout des maisons , des fermes, dont plusieurs sont établies suivant de très-beaux types.
(I) Le nombre relativement considérable des ronstruclions de 1878, tient à la création du village delà porte de Tlem(en,ct surtout a la construction de nombreuses malsons au Villace- Negre, qui ligure a lui seul pour TA maisons neuves et une aui;mentaiion. Lediilïre de Ut se décompose d'ailleurs de la manie. e suivante: U.') constructions, dont 2 a l!el-Abbes iville), 87 a Hel-Abbes ibanlieuej, 1 a Muley-Abd-el-Kader, i a Sidi-lirahim, I à Sidi-Klialed, et -40 augmonialionsdontl5al5el-Abbesi,ville), '2'Ja iiel-Abbes (banlieue, '2 a >luley-Abd-el-Kader, 2 a Sidi-lirahim.
En 1879, sur les constructions nouvelles établies en ville, neuf ont été élevées dans le quartier qui se trouve auprès du cercle militaire.
et qui tontes indiquent que les colons et leurs familles sont là, poursuivant sans relâche , avec ordre , activité et succès, l'œuvre de colonisation.
Certes , quelques insuccès ont frappé de moins habiles ou de moins fortunés, et certains colons, ne comprenant pas leur tâche de labeur quotidien et opiniâtre, sont restés en route, tandis que d'autres , quoique travailleurs sérieux , ont vu leurs efforts céder devant les maladies , les mauvaises récoltes , les calamités , les difficultés de se procurer du crédit pour attendre de meilleurs jours, et sont tombés dans la mêlée, comme nos soldats sur un champ de bataille ; mais l'œuvre dans son ensemble est sortie victorieuse de la lutte.
Et l'état prospère, dans lequel nous venons de trouver la commune, s'étend de ses limites à celles de l'arrondissement, car si , par la pensée , nous jetons un regard sur tout ce territoire, nous voyons la reproduction de faits semblables : partout la culture réalise les mêmes progrès , fait disparaître les palmiers et les broussailles ; des villages très- prospères , des fermes nombreuses et une population européenne des plus denses, donnent la vie et animent tonte cette contrée ; de tous côtés les voies de communication se multiplient , les petits marais euxmêmes disparaissent , les grands travaux publics se poursuivent, la vapeur enfin consacre cet état de choses heureux , en s'appliquant aux différentes branches de prospérité locale, pour assurer l'avenir.
Le pays est réellement transformé, comme nous le disions plus haut !
L'augmentation des Indigènes que nous constatons au tableau des dénoml)rements, provient uni(|uement de l'annexion de nouveaux territoires peuplés par eux. Après avoir traversé de douloureuses épreuves, cette population , à la suite de quelques bonnes années , s'est un peu relevée, et son avenir dépendra désormais des etî'orts (pi'elle tentera pour adopter résolument la transformation dont le contact des Européens et de notre civilisation lui fait une nécessité inexorable.
Ses principaux moyens d'action . dans ce but , doivent être
le travail et l'économie , et c'est en s'inspirant de ces principes , qu'elle évitera, désormais, ces grandes commotions qui ne tendraient à rien moins, si elles se prolongeaient , qu'à la faire disparaître.
La loi sur la propriété individuelle , que Ion applique en ce moment , est de nature à modifier profondément la situation des Indigènes , en leur conférant un droit qui est la base matérielle des sociétés , qui mettra à la disposition de chacun d'eux les instruments du travail , et les portera à se fixer sur la chose possédée , tout en étant une garantie de sécurité pour le reste de la Colonie.
Déjà au contact de l'activité des colons de la Mekerra , certains résultats appréciables ont été obtenus , comme nous l'indique bien le concours organisé en 1 879 , par le comice de Bel-Abbès, sur les améliorations de toute nature, produites par la population indigène. Dix-sept concurrents se sont présentés pour des améliorations se rapportant à la culture du sol , aux défrichements, à la préparation des terres, et surtout à l'emploi delà charrue française ; dix pour celles qui ont trait aux constructions et aux soins donnés aux bestiaux. De l'aveu du jury , il existe dans le pays d'autres efforts du même genre , en dehors de ceux qui ont été soumis à son examen , et qui dénotent chez certains Indigènes de notre contrée des habitudes plus sédentaires , le dé.^ir de nous emprunter quelques procédés de culture, et uii commencement de prévoyance qui les porte à créer des silos de réserve , en vue des éventualités de l'avenir. Le grand nombre de charrues françaises achetées par eux depuis ce concours , et l'empressement qu'ils mettent à se faire inscrire pour la lutte du même genre qui doit avoir lieu en 1 880 , indiquent bien que les efforts du comice ne resteront pas stériles.
Exprimons l'espoir qu'ils continueront à rechercher les avantages qui doivent résulter pour eux de l'immixtion, en cet endroit, des deux éléments indigène et européen.
Nous verrons bientôt quels sont les progrès accomplis par l'agricultiu-e et le commerce , mais nous pouvons dire ici qu'ils sont proportionnés à l'accroissement de la population européenne.
Les Européens, avec les personnes recensées en bloc, mais non compris ceux de la commune mixte de Daya, se sont élevés en 1872, à 0,.')23 individus, et en 1877, à 17,393, marquant une aug'mentation sur 1807 , de 170 pour cent.
La population totale européenne et indigène a atteint , pour l'ensemble du territoire de Bel-Abbès, non compris Da^-a , le chiffre de 1 G.GO.') individus en 1 872 , et celui de 37,388 en 1 877 .
L'augmentation de la population européenne, dans ces dix années , provient , dans une proportion notable , de l'accroissement des naissances , mais surtout de l'établissement, en cet endroit , de nouveaux colons , immig-rants ou algériens.
Une simple inspection du tableau des dénombrements permet, en outre , de reconnaître (pie si la \ ille de Bel-x^bbès a profité de cet état de choses, tout le territoire de l'arrondissement s'est également peuplé de la même façon.
La population des écoles primaires, elle aussi, n'a pas cessé d'aller en augmentant, po'ar atteindre, en 1877, le chiffre de 2,;) 29 élèves, donnant 1 i,o élèves pour 100 hal)itants, soit 1 élève par G habitants 8 dixièmes.
La gratuité existe dans tout l'arrondissement , et des cours d'adultps sont fréquentés par G24 jeunes gens. Enfin quelquesuns de nos instituteurs, ajoutant encore à leur tâche déjà bien remplie , ont entrei)ris l'enseignement agricole , pour répondre à l'appel du Comice qui statue sur leurs efforts à l'occasion de concours ouverts entre eux en 1879 et 1880.
La culture a fait d'immenses progrès dans ces dernières années, notamment depuis 1871 , et les défrichements ayant été repris avec vigueur et poursuivis sur de très-grandes surfaces, la superficie cultivée a ])lus que doublé en très-peu de temps.
La facilité des transactions , à la suite de l'établissement de la propriété individuelle (pii a permis à notre agriculture , trop resserrée, de s'étendre, et une forte immigration, sont les principales causes de l'état de choses prospère que nous décrivons.
Le climat lui-même , sous l'action de cultures plus étendues et de noni])r Mises plantations d'arbres, s'est sensiblement mo-
(lifié ; les gelées tardives sont devenues moins fréquentes et moins intenses , les pluies moins rares, comme l'indiquent les o'l)servations météorolog'iques relevées par le service du Génie depuis 187o, dans la stniion installée à Bel-Abbè.s, par feu Sainte-Claire Devillc
Dans ces derniers temps , les plantations d'arbres forestiers et fruitiers se sont développées, indiquant une préférence marquée pour l'olivier , qui donne de très-beaux résultats , et dont notre établissement agricole retire seul , depuis 187i, une très-bonne huile qui nous a valu une médaille de bronz(» à l'Exposition universelle de 1878.
La culture de la vigne s'est également étendue , couvrant aujourdhui une superficie de oGG hectares ; les viticulteurs , après avoir fait un choix réel des bons cépages pour leurs nouvelles plantations, ont adopté, pour la taille et la vinification , des procédés plus conformes à une bonne pratique. Aussi les résultats obtenus sont-ils sensiblement meilleurs.
En dépit des sécheresses persistantes qui ont causé de grands dommages aux usagers des eaux de la Mekerra , la culture maraîchère a pris un certain développement . motivé par les besoins de plus en plus importants de la population que nous avons vue s'accroître d'une manière notable.
Mais , comme pour la période précédente , la culture des céréales a conservé la première place , soit par les grandes surfaces ensemencées , soit aussi par la qualité des produits récoltés.
Le système de culture généralement adopté , pour des raisons que nous indiquerons dans un chapitre spécial, est le métayage, et les grandes propriétés dominent dans la contrée.
En 1879, il a été récolté dans l'arrondissement 183, 'i-07 quintaux de blé tendre; 75,942 de blé dur; I77,.jl(3 d'org-e ; 23,383 d'avoine; 1,139 de maïs; 1,327 de fèves et 5,709 hectolitres de vin.
L'importance de ces résultats a été confirmée dans les différentes (expositions qui se sont succédé, et ne pouvant citer ù cette place tontes les marijues de distinction accordées à nos colons , nous rappellerons simplement qu'à l'exposition générale
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d'Oran , en 1809, le premier prix des vins rou<ires nous a été décerné sur ving-t récompenses attribuées à ce produit. En 1877 à l'exposition générale d'Oran , M. Poisson a obtenu une médaille d'or , à l'occasion de ia visite des fermes pour la prime d'honneur , et le ])remier prix nous a été donné pour l'ensemble des produits agricoles récoltés sous les murs de Bel-Abljès. A l'exposition universelle de Paris en 1878, comme à celle de Vienne en 1873, de nouvelles récompenses sont venues affirmer la beauté de nos productions, le mérite de notre industrie locale, et notamment de la faljrication des instruments dagriculturc.
Les concours locaux étant aussi de véritables baromètres de l'état de la culture d'un pays, nous devons mentionner le succès de ceux qui , pendant ces trois dernières années , ont embrassé les différentes branches de la prospérité agricole de la contrée.
L'industrie et le commerce se sont étendus en proportion de la richesse publique, des progrès de la cullure, et de l'ar-croissement de la population.
A l'avoir de la première, nous devon.s citer les industries agricoles très-pro>pères , avec l'engraissement du l)étail, la fabrication des boissons et de l'huile, puis la minoterie, dont les farines jouis.sent d'une juste réputation . les industries a])pliquées à la consommation , aux constructions , et aux principaux besoins de l'honnuiv
Le connnerce de Hel-Abbès s'est élevé, en 1S77-LS78, à environ cent-quatre mille tonnes de marcha ndi.ses, dont les deux tiers appartiennent à l'exportation et un tiers seulement {\ l'importation.
Les j)rincipaux jiroduits exportés sont : l'alfa , les céréales et les légumes secs , les écorces à tan , le bois de chauffage , le charbon et les farines ; les j^rincipales marchandises importées comprennent : les céréales . les matériaux de construction , l(\s denrées alimentaires , les métaux , les denrées coloniales et les tissus.
Nous ne saurions ttM'niintn* cet historique sans signaler les opérations connner -iales di's plus étendues aux(|uelles ont doinié lieu les ventes de terrains indigènes, et l'élan général inqn'imé
aux transactions de toutes natures i)ar l'établissement de la voie ferrée d'Oran à Bel-Abbès.
Ce qui vient d'être dit de la situation générale de Bel-Abbès, à la dernière période d3 notre historique, nous amène à la deuxième partie de cette étude, où nous allons aborder les détails que comportent l'administration, la population, les travaux publics, et la prospérité agricole, commerciale et industrielle de ce territoire, de manière à bien établir l'état exact de l'œuvre de colonisation entreprise avec succès sur les rives de la Mekerra.
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