‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 19 sur 82 · ARRONDISSEMENT DE BEL-ABBES · texte numérisé non relu

ARRONDISSEMENT DE BEL-ABBES

Divisions administratives, superficie et population de l'arrondissement. — Dénombrements de la population do Eel-Abbcs depuis sa création jusqu'à nos jours. — Ordre d'importance des arrondissements de l'Algérie sous le rapport de la population.

L" territoire de Bel-Ab])ès a d'ahord formé un cercle relevant de la subdivision d'Oran, de hSi'i- au o avril l(Si-9, puis une subdivi.sion inUitaire ju.sijuau 31 décembre \H'.'){) , épo(jue où une de ses parties fut érig'ée en district de commissariat civil.

Actuellement , Bel-Abbès est le chef-lieu d'un arrondissement dont la création remonte au 27 juillet 1875 et qui comprend cinq connnunes de plein exercice: Rel-Abl)ès, Sidi- L'Ha.^.sen, le Te.-^salah , les Trembles et Sidi-Brahim , et deux communes mixtes: la Mekerra et Bou-Kanéfis.

Les communes de plt^n (exercice sont .soumises aux mêmes récries dadministration (pie dans la métropole, sous ré.^erve de ladmission dans les conseils municipaux, par voie d'élection, des In(li<i"ènes et des Ktrang-ers ; elles ne se trouvent qu'en territoire civil, en op])osition à la commune indip-ène que renferme seid le territoire militaire.

La population des communes mixtes, qui peuvent exister dans les deux territoires, est à la fois, comme l'indique leur nom, européenne et indigène.

La superficie totale de l'arrondissement est de 23 i, 1 29 hectares G8 ares 28 centiares , dont 29,974 hectares 90 ares i-8 centiares pour les communes de plein exercice, et 204, loi hectares 77 ares 80 centiares pour les communes mixtes.

Des cinq arrondissements du département d'Oran , celui de Tlemcen seul a une superficie inférieure à celle que nous venons de constater , et celui de Mascara , qui vient immédiatement avant le nôtre , comporte une différence de 1 1 ,705 hectares.

Sans s'arrêter autrement au rapprochement qui suit , il est bon de rappeler que chacun de ces arrondissements représente la moitié de la superficie moyenne de nos départements de France.

Ce territoire est encore divisé en deux circonscriptions pour les élections au Conseil général : la 1 1*^, comprenant la ville et sa banlieue , et la 1 2", qui renferme le surplus du territoire civil et la commune mixte de Daya. Cette dernière circonscription est hors de toute proportion ; aussi est-il urgent de la diviser pour rendre cette représentation possible et utile.

D'après le décret du Président de la République du 3 décembre 1877 , fixant les chiffres qui doivent être considérés comme seuls authentiques pendant cinq années, la population de l'arrondissement est de 37,666 habitants, dont 17,782 pour les communes de plein exercice, et 19,884 pour les communes mixtes, ce qui donne 16 habitants par kilomètre carré , dont 7 Européens 6 dixièmes.

A l'aide des mêmes calculs nous trouvons pour les autres arrondissements d'Oran et par kilomètre carré : ù Mostaganem 29 habitants 2 dixièmes , dont 4 Européens 1 dixième; iiOran 26 habitants 2 , dont 1 3 Européens ; à Tlemcen 23 habitants 7 , dont 7 Européens ; à Mascara 1 9 hal)itants 3 , dont 3 Européens

{[) Nous avons utilise pour ces ralcuis les <lii(Tn's de population du décret du ô décembre 1877 et ceux des superticies in'ii(|uees dans le rapport présente par le Préfet d'Oran an Conseil général en octobre 1880. La plupart des chiffres que nous inscrirons par la suite sont extraits de cette statistique ofticielle.

La population de ce territoire se décompose , pour le dernier recensement, en 4,343 Français, dont 3,288 pour les communes de plein exercice , 427 Israélites naturalisés par décret du 24 octobre 1870, lOjiGi- Indip-ènes musulmans, dont t7,108 pour les communes mixtes, 0,086 Espag-nols , 67 i- Étranfrers d'autres nationalités, 2,066 habitants ne comptant pas dans le chiffre delà population servant de base à l'assiette de l'impôt ou h l'application des lois d'or^ranisation municipale, comme corps de troupe, écoles spéciales, écoles avec pensionnat, commu- ' nautés religieuses, réfugiés à la solde de l'Etat, etc.

Ajoutons encore que les Espagnols sont chez nous deux fois aussi nombreux que les Français, et que cette proportion existe dans l'ensemble du département d"Oran,

Sans tirer aucune conséquence de cet état de choses , nous pouvons dire qu'il est surtout motivé par le peu de distance qui sépare l'Espagne de notre colonie , la similitude de climat des deux ])ays , la parfaite connaissance que les Espagnols ont de notre dé])artement , ce qui les jjorte à venir chercher ici des conditions d'existence économiques et un bien-être qu'ils ne possèdent pas dans leur patrie, par les avantages enfin que leur offre notre contrée très-prospère sous le rapport agricole et celui de l'exploitation de l'alfa.

Ce concours de circonstances leur permet, gr.ice aussi à une vie des plus sobres , de retourn(>r , au bout de quelques mois , dans leurs familles, avec des économies suffisantes pour vivre quelque temps k l'abri du besoin.

La population du territoire de Bel-Abbès n'a pas cessé d'aller en augmentant , depuis sa fondation , et de donner des résultats qui tiennent du merveilleux. On comptait , en effet , oI6 habitants en 18 il), 1,728 en 1852, i,9;j;j en I8;)7, 7,492 en I8C)2, 8.902 en 1867, 18.:")93 <mi 1872. chiffre .pii s'est élevé à 37, C)!*)!) en 1877.

Lors (le la création de cet :irrondis.>iement, sa superficie comprenait 232. .")1 i- hectares 16 ares 98 centiares et î^a population était de 29,031 habitants; l'augmentation de I .()1.') hectares (pit^ l'on constate aujourd'hui provient d'annexions d»' territoires, et

celle de 8,63o habitant.^ résulte delà môme cause, et en outre de l'immigration toujours plu.s importante , et de raccrois.sement des naissances sur les décès.

Il nous a paru curieux , en dernier lieu , de placer .sous les yeux du public le tableau suivant qui , en s'appuyant sur les documents officiels que nous avons déjà cités , permet d'apprécier l'importance de notre territoire comparée h celle des autres arrondissements de l'Algérie, d'abord au point de vue de la population européenne et indigène, puis à celui de la population européenne seule , qui produit le plus , consomme , fait œuvre de colonisation, et à laquelle les grands intérêts généraux du pays sont plus intimement liés.

Ce relevé offre un réel intérêt, parce (pi" il montre bien les forces vives de la colonie réparties dans chacune de ses divisions administratives.

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