COMMUNE DE PLEIN EXERCICE DL' TE;^SALAH
Superâcie. — Population. — Productions. — Système de colonisation des fermes isolées. — Valeur de la propriété. — Relief du Tessalah. — Ruines romaines. — Electeurs. — Conseil municipal. — Fête patronale. — Situation financière. — Etablissements publics. — Améliorations utiles.
Le Tessalah qui faisait partie, au début, du cercle de Bel- Abbès, et qui constitua ensuite une annexe de la commune du même nom, fut érigé en commune de plein exercice le 2.') mars I87i.
A cette époque la population était de 950 habitants , et le teiritoire comptait 8,012 hect., dont 2,G 12 cultivés en céréales. Aujourd'hui, à la suite du décret du 20 mai IScSO. qui a prononcé en faveur du Tessalah, la distraction d'une fraction de Debakla, douar-commune des Ouled-Riab de la commune mixte de Me'kerra, la population, répartie sur un territoire de 1 1 , 01 2hect. 72 ares 19 cent., s'élève à 1,291 habitants, dont 38 i Français, 82.') Musulmans , i.'i Espag-nols et 37 Etrangers de diverses nationalités.
La moitié d^ ce territoire e.st cultivé, 62 hectares se trouvant en vignes, et 5,200 hect. environ étant semés en céréales diverses. On peut dire que l'état de la culture dans ce territoire a atteint un degré réel de progrès; aussi cette contrée jouitelle d'une réputation agricole justifiée.
Cela tient d'abord au travail persévérant de la population qui ne craint pas de faire des labours très-profonds, bien qu'ils soient
relativement coûteux , et aussi au mode de colonisation adopté en cet endroit.
Le Tessalah, en effet, à 16 kilomètres nord-ouest de Bel- Abbés , ne constitue aucune ag-glomération de population , mais bien un groupe très-important de 92 termes isolées, qui toutes sont dans un état de prospérité sérieux.
L'Administration avait eu tout d'abord l'idée de former différents petits centres à Aïn-Sofra, Tafaksit , Aïn-el-Kemis , Ainel-Trid, Hadjar-Zerga, El-Braïka et Fronda, comme nous en avons trouvé la preuve dans les dépêches ministérielles de 1 858 et 1859, approuvant ces créations, mais lorsque les concessions furent accordées avec l'obligation de construire sur sa propriété, les attributaires , en s'installant , ne tinrent compte que des exigences du système d'exploitation adopté.
Quelques-uns des premiers colons , contraints de laisser leur tâche inachevée , contribuèrent encore à augmenter cette situation en vendant leur terrain qui, tout en agrandissant certaines propriétés, les isolait davantag-e.
L'Etat lui-môme, par la suite, ne chercha plus à entraver ce système de colonisation , et lui prêta un certain concours , en vendant aux enchères publiques, les terres qui restaient disponibles.
Quoi qu'il en soit du plan adopté, il est certain que la colonisation réussit fort bien au Tessalah , qui compte au premier rang des contrées de l'arrondissement, pour sa production , son bétail et sa bonne culture.
Peu de fermes n'y sont pas dans une situation prospère, tandis que plusieurs d'entre elles ont permis à leurs pro])riétaires de réaliser de très-belles fortunes et d'aller créer au loin de nouvelles exploitations.
La valeur de la propriété peut être estimée de 350 à 400 francs l'hectare , et la location à 30 fr. par an pour la même unité de superficie.
La fête de la commune est la Saint Edouard qui dure deux jours, au mois d'octobre.
Le Tessalah est un des reliefs les plus caractérisés de la pro-
vince dOran; an.ssi les Romains avaient-ils utilisé ce point culminant en creusant dans le roc vif une importante citadelle, d'où ils dominaient et surveillaient le pa} s.
On voit encore , à une certaine distance de là , les ruines d'une petite cité (1), et de vastes tunnels ou coupures qui, partant de chacun des forts, permettaient de descendre à couvert dans la plaine de la M'iéta.
Comme le dit le rapport sur l'ensemble des opérations relatives au sénatus-consulte appliqué à la tribu des Madzedj (' l'abondance exceptionnelle des eaux qui sourdent au sommet même de la montagne , la richesse de Thumus qui en recouvre les flancs, l'importance stratégique de la position, le grand nombre de ruines , et les vestiges encore apparents de travaux hydrauliques très-ingénieux, n'indiquent-ils pas que le Tessalah a été un des points principaux et des plus peuplés de l'occupation romaine ?
Il est probable que les terres entraînées par les pluies et le trop plein des sources depuis de nombreux siècles , sur un sol très-incliné, ont dû recouvrir d'une couche épaisse, les monuments ravagés successivement par les Vandales , les Maures et les Arabes.
Quoiqu'il en soit, h^s terrains très-forts de cette montagne, à sous-sol glaiseux imperméable et qui a la propriété de maintenir l'humidité dans les couches supérieures , la vaste et riche plaine de l'Oued-Sarno, qui s'étend à ses pieds, expliquent la faveur avec laquelle les populations indigènes et européennes , se sont, de tout tem])s, agglomérées de ce côté.
La chaîne qui se détaclie du Tessalah proprement dit dans la direction de l'est , est un peu moins al)ondante en eau , bien qu'on la trouve à une faible profondeur.
Cette infériorité relative disparaîtrait infailliblement, si on reboisait les sonnnets en grande partie dépeuplés par les incendies et le parcours des troupeaux. »
Il exi.ste dans la commune du Tessalah , suivant les liste-s ar-
(1) Astacilis
rétées le 31 mars 1880, 98 électeurs politiques, un nombre égal d'électeurs municipaux français, et 36 musulmans prenant part au vote.
Le Conseil municipal se compose de six conseillers français et de trois musulmans.
La situation financière pour les six derniers mois de 1 874 offrait les résultats suivants: 3,878 francs de recettes, 3,o76 fr. de dépenses, d'où un excédant de recettes de SQ'Z fr.
D'après le compte administratif de 1879, les dépenses de cette commune ont été de 27,420 fr. et les recettes de 42,356 fr. Les dépenses affectées au service de l'instruction publique se sont alors élevées à 2,183 fr.
De son côté le budget de 1 880 porte les recettes à 21 ,592 fr. et les dépenses à 15,695 fr.
Peu de communes, récemment créées, ont fait plus d'efforts que celle-ci pour donner satisfaction aux sérieux besoins qu'elles subissent toujours au début.
Privée des avantages qui s'attachent aux populations réunies dans un centre, elle n'a cessé de recourir à la bonne volonté de ses habitants qui ne lui a jamais fait défaut.
Le Tessalah ne possède, comme établissement public, qu'une petite chapelle construite en 1861 à Aïn-Sofra, à l'aide de souscriptions particulières, et une mairie-école, qui se termine en ce moment et qui coûtera 25,000 francs.
Cette dernière création était d'autant plus indispensable que la population disséminée se trouve trop éloignée de tout autre centre pour y faire instruire ses enfants.
Il en est de même de l'édification d'un presbytère et de l'aménagement des sources réservées, dont les eaux se perdent et occasionnent des dégâts en hiver, tandis qu'en été leur pénurie est quelquefois préjudiciable.
Une conduite d'eau, tout en alimentant l'école-mairie, rendrait possible l'installation de quelques industriels , qui tiendraient à la disposition des intéressés les matières et objets de première nécessité.
Les ressources de la commune ne lui permettent pas, cepen-
(lant, d'aborder seule ces améliorations, et le concours bienveillant de l'Administration supérieure lui est d'autant plus nécessaire qu'elle n'a jamais reçu les subventions que l'on s'est plu d'accorder, avec raison, aux autres communes pour les aider à construire les principaux établissements publics.
Le classement de deux chemins vicinaux en chemins d'intérêt commun , la concession des terrains domaniaux restés disponibles et l'installation d'une brig-ade de g-endarmerie complètent la série des améliorations indispensables à la prospérité de cette commune.
Ont été maires de cette commune : MM, Cauro, Dominique (I87i); Nicolas, Aristide (1877); Barbier, Edouard fl879); N. Gandouin (1880).