‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 27 sur 82 · COMMUNE DE PLEIN EXERCICE DES TREMBLES · texte numérisé non relu

COMMUNE DE PLEIN EXERCICE DES TREMBLES

Superflcie. — Conseil municipal. — Population. — Situation

financière

La commune des Trembles dont le territoire est de 9,875 h. 4o ares 10 centiares a pour chef-lieu le village qui porte le même nom, et comme annexes les centres de l'Oued-Imbert et de Zélifa.

Son érection en commune de plein exercice date du 24 mars 1874, jour où la même détermination a été prise en faveur du Tessalah et de Sidi-L'Hassen.

Jusque-là les Trembles avaient été administrés , d'abord par l'autorité militaire , puis par le Maire de la commune de Bel- Abbès dont ils constituaient une annexe.

Cette commune possède un Conseil municipal élu , composé de six conseillers français, d'un musulman et de deux étrangers nommés par 81 électeurs français, qui sont en même temps électeurs politiques, 36 musulmans et G8 étrangers , suivant les listes électorales arrêtées au 31 mars 1880.

La population de la commune qui était, au début, de 870 habitants, comprend aujourd'hui 1,920 habitants, dont 271 Français, 7 Israélites naturalisés par le décret du 24 octobre 1870, Gijo Musulmans, 730 Etrangers de diverses nationalités, et 257 individus recensés à part, conformément à l'article 2 du décret du 21 septembre 187 G.

La situation financière de la commune se trouve indiquée par les chiffres suivants :

Six derniers mois de 1874 : 4,895 fr. de recettes, 4,274 fr. de dépenses. En 1880: ISj^i-S francs de recettes équilibrant une même somme inscrite aux dépenses.

Ajoutons qu'au tableau de la situation financière des communes qui a été présenté au Conseil général par le Préfet d'Oran, suivant les comptes administratifs de 1879, la commune des Trembles figure pour 39,Glo fr. de recettes, dont 23,080 de recettes extraordinaires et supplémentaires, et pour 1 6,330 fr. de dépenses totales, dont 4,069 de dépenses extraordinaires. A cette époque, les dépenses affectées au service de l'instruction publique étaient de 1 ,568 fr., et celles du culte de 1,100 fr.

Cette commune est en pleine voie de prospérité, grâce à une culture développée et à l'échange des produits du sol qui se fait d'une façon très-suivie. Nul doute que par la suite, elle ne prenne une sérieuse importance, qu'activera encore l'exploitation du chemin de fer du Tlélat.

M. Laquèvre, après avoir administré connue adjoint la section des Trembles, depuis le 7 mai 1860, a été nommé Maire lors de la création de cette commune en 1874, et il a conservé ces fonctions jusqu'à nos jours.

Les Trembles. — Superficie. — Population. — Etablissements publics. — Améliorations. — Productions. — Féto patronale.

Ce village, qui est aujourd'hui le chef-lieu de la commune (|ue nous décrivons, fut créé sur la rive gauche de la Mekerra, à 16 kil. nord-est de Bel- Abbès , comme centre de population

européenne de 60 feux, par décret du 8 janvier 1863, bien qu'il existât de fait depuis 1 SoO.

Un territoire de 2,278 hect. 97 ares, 40 cent. , y compris deux lots pour réserve communale de 288 hect. 50 ares, lui était affecté, conformément au plan annexé à ce décret.

Il est situé sur un plateau dont l'altitude est de 416 met. 43 cent., à la borne kilométrique GG, tandis que le pont, qui se trouve au pied d'une côte qu'il ftiut gravir pour atteindre le village en venant d'Oran , par la route ordinaire , n'est qu'à 381 m. 14 c. au-dessus du niveau de la mer.

Ce centre possède une école-mixte, un lavoir et un abreuvoir ainsi qu'un pont sur la Mekerra , destiné à relier les deux rives dont les habitants étaient précédemment isolés au moment des grandes eaux d'hiver; mais il n'existe en cet endroit ni mairie, ni église, ni presbytère appartenant à la commune.

Nous ne reviendrons pas sur les réformes que nous avons précédemment réclamées pour tous les chefs-lieux de canton.

Mais nous devons dire que la situation la plus malheureuse qui soit faite à ce village, vient de ce que, comme Sidi-Brahim, il a été créé sur la route d'Oran, pour servir d'étape et de relai et, par suite, a subi une installation forcée qui le prive de l'eau indispensable à tous les usages.

C'est pour modifier cet état de choses qu'une conduite deau, dont le projet s'élève h 55,000 francs, et a reçu l'approbation préfectorale, va être mise en adjudication, et que les travaux pourront être commencés, grâce à 2ô,000 fr. de subvention accordés en 1879 par le Conseil général.

Comme pour toutes les communes de création récente, qui n'équilibrent leur budget qu'à l'aide de sacrifices de la part de la population, il serait équitable de contribuer à la construction de ses établissements communaux, et surtout d'agrandir son territoire aujourd'hui par trop restreint.

Les Trembl(\s qui possèdent un bureau de poste, forment la seconde station du chemin de fer du Tlélat, en partant de Bel-Abbès.

La Saint Rémy, fête qui se tient le dimanche qui suit le 1" octobre, dure 2 jours avec beaucoup d'entrain.

En 1874, le village des Trembles possédait 17 i animaux de différentes espèces, ce nombre s'est élevé en 1879 ;i 876. On y compte 171 instruments agricoles, 35 maisons, 20 gourbis, i,23i hectares défrichés, 1,289 arbres, et 1,012 hect. semés en céréales diverses.

La valeur locative des terrains y est de 25 à 30 fr. Ihectare, et le prix de vente de 350 francs, pour la même superficie.

Un moulin, placé sur la Mekerra, permet à la population de moudre sur place le blé nécessaire à l'alimentation^.

Oued-Imbert. - Superficie. — Population. — Productions. — Carrière de pierres de taille. - Agrandissement. — Améliorations.

L'Oued-Imbert. centre important de cette commune, créé en 1862, se trouve situé sur la r(jute dOran, à 2i,850 mètres nord-est de Bel-Abbès, à 57 kilom. d'Oran, et à 32 kilom. sudduTlélat.

Son territoire est de l ,735 hectares, composés en général de bonnes terres, en partie défrichées et livrées n une culture bien entendue, tandis que lindustrie y exploite une carrière de pierres de taille très-estimées.

Il y a près de quatorze ans. la population de ce centre ne comprenait que dix familles ayant ensemble 52 habitants. Au recensement de 1876, ce chiffre s'est élevé à 13i habitants adonnés, avant tout, à la culture presque exclusive des céréales.

En 1879, il existait en cet endroit 3il animaux. 95 in.struments agricoles, 2i- maisons, 13 puits, 455 hectaivs (l(''friclit\-i dont 412 cultivés en céréales , et 1,1 4() arbres.

L'Oued-Imbert est une des stations du chemin de fer du Tlélat; on y a dépensé 35,500 fr. pour construire une école-chapelle, et pour amener les eaux de la source d'Am-Tebouda.

L'extension du territoire ayant souvent été réclamée, une première satisfaction a été accordée en 1 878 , par la création de ■1 o lots, dont 5 destinés à des industriels.

Mais en l'absence de terres domaniales, nous pensons que la solution du problème, pour ce centre, comme pour tous ceux qui sont échelonnés sur le chemin de fer, se trouve dans le prompt établissement de la propriété individuelle chez les Indigènes, ce qui a été fait en partie.

Une des plus vives préoccupations de la population de cette localité consiste, en outre, à être de nouveau rattachée à Bel- Abbès pour l'action judicaire.

Les motifs sérieux, invoqués h plusieurs reprises par les Trembles et l'Oued-Imbert réunis, restent vrais pour ce dernier. La ligne de séparation des deux cantons du Tlélat et de Bel-Abbès doit passer par le col des Ouled-Ali, et laisser TOued- Imbert de ce côté, avec les tribus qui touchent aux Trembles et àZélifa. La nature elle-même indique cette ligne de partage, et toute autre solution doit causer à ces populations un immense préjudice et nuire à l'intérêt général.

Zélifa. — Superficie. — Productions. — Population.

La Mekerra, après avoir contourné les Trembles, abandonne complètement la route d'Oran pour enrichir une vallée qni ne pouvait rester longtemps sans attirer des éléments sérieux de colonisation européenne.

C'est là , en effet , que prospèrent plusieurs fermes isolées , connues sous le nom de centre de Zélifa, approuvé par dépêche ministérielle du 2i- août 1859, h l'est et à 5kilom. des Trembles, avec un territoire de 1 ,2il hect. 48 ares, où l'élève du bétail et la culture des céréales sont des plus développés.

En 1879, les colons de cette contrée possédaient 21 3 aniniaux

de toutes sortes, 08 instruments agricoles, I 2 maisons, 6 puits, 740 hectares défrichés, dont 306 cultivés en céréales, et 619 arbres.

Aussi un industriel n'a-t-il pas hésité à y installer un moulin destiné à rendre de sérieux services aux populations européennes et indigènes des environs.

La vitalité de ce centre est encore caractérisée par l'accroissement progressif de la ])opulition qui, en douze années, s"est élevée de 61 habitants, composant 13 familles, à 185 individus recensés en 1 876. Cet état de prospérité ne peut qu"aller eu augmentant.

Aïn-Oumata. - LaDjemâa ou Ouled-Ali. Mekedra ou Lauriers-Roses. — Aïn-el-Affeurd.

Il existe encore sur le territoire de la commune des Trembles divers points importants comme culture, mais qui ne constituent pas de centre dépopulation à proprement dire, quelques fermes s'y trouvant simplement groupées ou di.sséminées sur 4, 1 -20 hectares.

Ce sont Aïn-Oumata où l'on compte 35 Européens établis sur des terres excellentes, 81 animaux, 21 instruments agricoles 2 maisons, 36 gourbis, 122 hect. cultivés en céréales, 1 llarbres:'

La Djemàa: 56 Européens, gendarmerie, marché hebdomadaire le vendredi, 101 animaux, 35 instrujnents, 10 maisons, 0 puits, 241 hectares cultivés en céréales, 310 arbres. Un arrêt a été sollicité de TOuest-Algérien ;

Mekedra, station du chemin de fer: eau abondante, belles fontaines et conduite, pos.sède, avec Aïn-el-Affeurd, (ii Européens, 215 animaux, 37 instruments, H maison.s, 3 puits, 225 hect. cultivés en céréales, et 505 arbres.

La culture des céréjjles et l'élève du bétail sont leurs priuci-

paux éléments de prospérité, et les résultats obtenus viennent, dans le tableau de statistique que nous reproduisons à la quatrième partie, s'ajouter à ceux des Trembles , de l'Oued-Imbert et de Zélifa.

Quelques-uns d'entre eux ne tarderont pas à prendre un développement que justifient une excellente position, de bonnes terres et de l'eau d'alimentation abondante et de bonne qualité.

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