‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 29 sur 82 · COMMUNE MIXTE DE L.V MEKERRA · texte numérisé non relu

COMMUNE MIXTE DE L.V MEKERRA

Administrations successives. — Eléments de cette commune. — Superficie. — Population. — Electeurs. — Situation financière. — Productions.

Les centres des comiiiunes mixtes de la Mekerra et de Boii- Kanéfis étaient précédemment administrés par l'autorité militaire et faisaient partie de cercles relevant de la subdivision de Bel-Abljès , qui fut supprimée par arrêté du Président de la République du 23 janvier 1872, rattachant le di.strict de Bel-Abbès à la subdivision d'Oran , et celui de Daya à la subdivision de Tlemcen ,

Un arrêté du Gouverneur général du l*^"" janvier 1873 rendit applicable à ce territoire les dispo.sitions de l'arrêté du 24 novembre 1871 , sur Torg-anisation administrative et communale de la région tellienne, délimita cette nouvelle circonscription cantonale, fixa la ville de Bel-Abbès comme résidence de l'Administrateur de la commune indigène, pre.-^crivant, en outre, que rien n'était modifié , soit à la délimitation des communes et arrondissements civils , soit aux circonscriptions judiciaires.

Moins de deux années après, le 23 septembre 1874 . un nouvel arrêté du Gouverneur général constituait ce même territoire en commune mixte ayant comme chef-lieu Bel-Abbès.

Cette commune mixte, (jui prit 1(> nom de Mekerra, fut admi-

nistrée par le commissaire civil du district, assisté d'un premier adjoint, son secrétaire , et d'une commission municipale de 22 membres, savoir : i adjoints français, (un pour chacun des centres de Bou-Kanéfis, de Ben-Youb, de Teuira et do Zarouéla), trois notables français et 1 5 adjoints indigènes

Cependant deux arrêtés parurent à la date du 30 juillet 1875. portant modification de T Administration de ce territoire, et nous nous arrêterons plus particulièrement , en ce moment , à celui qui concerne la circonscription que nous examinons.

Une partie de l'ancienne commune mixte de Mekerra ayant été distraite pour former celle de Bou-Kanéfis, la nouvelle composition territoriale fut détermmée telle qu'elle existe encore aujourd'hui, et comprit, comme actuellement, les centres de colonisation et les douars dont les noms suivent :

1" Le village de Tenira, y compris une partie de la forêt de ce nom , qui appartenait précédemment au douar de Messer, celui de Zarouéla et les douars Ouled-Riab, Nemaïcha, Atsamnia, Ouled-Ghazi, Mehadid, Hamyan et Tilmouni, tous placés sous l'action directe de l'Administrateur de la commune mixte;

2° Le village de Mercier-La combe, (auquel il convient d'ajouter ceux de Muley-Abd-el-Kader et d'el-Kcar , créés depuis) , et les douars Oued Mebtouch, Tiliouïne, Bou-Djebâa et Zfîzef , formant une annexe placée sous l'action d'un adjoint spécial résidant à Mercier-Lacombe.

La commune mixte de la Mekerra a été administrée par le Sous-Préfet de Bel- Abbès jusqu'au II septembre 1879, époque où fut nommé un administrateur spécial. La Commission municipale comprend 19 membres, savoir: un adjoint et un notable français pour chacun des trois centres de colonisation, un notable français pris autant que possible parmi les colons isolés de chaque section, et un adjoint indigène pour chacun des onze douars.

Sa superficie totale e.st de 13'i,i-92 hectares 7i ares 40 centiares, et sa population de 13,053 habitants, dont 485 Français, 4 Israélites naturalisés , 1 1 ,947 Musulmans et 619 Etrangers, suivant le dernier déno:nbrement quinquennal, car depuis elle a beaucoup augmenté.

La liste politique comprend 185 électeurs, faisant partie de la 12'' circonscription ]jour le Conseil g-énéral du département.

Cette commune, d'après le compte administratif de IH79, possède un budg-et de 1 00,358 francs de recettes , et de 70,o9i francs de dépenses ; 4,902 fr. sont affectés à l'instruction publique, et 1 ,100 au service des cultes.

La surveillance des propriétés rurales est confiée à 3 gardeschampêtres français , 1 1 gardes-champêtres indigènes , et 3 khiala.

En dehors de la culture des céréales et de l'élevage du bétail, les habitants de cette commune prêtent leur concours à l'exploitation de l'alfa.

La commune mixte de Mekerra a été administrée par le Sous- Préfet de Bel -Abbès jusqu'au 1 1 septembre 1879, date de la nomination de M. Maurice Varnier. ampiel a succédé M. E. Laquière le 3 sejDtembre 1 880.

Hazedj. — Historique. — Application du sénatus-consulte et de la loi sur la propriété individuelle. — Etat de cette tribu en 1866 et en 1879.

Tous les Indigènes de l'arrondissement de Bel- Abbès sont compris dans six tribus dont quatre, les Hadzedj , les Ouled Sliman, les Hassasna et les Hamyan, relèvent de la commune mixte delà Mekerra, et deux, les Ouled-Sidi-Ali-Ben-Youb et les Ouled-Brahim, de la commune mixte de Bou-Kanéfis.

Les rapports établis à l'occasion de l'application du sénatusconsulte de 1 8()3 nous ont permis de relever les ren.seignements historiques des plus importants qui suivent , et ceux que nous donnerons sur les autres tribus.

Les Hazedj , dont le territoire touche presque aux portes de Bel-Abbès, pour s'étendre sur la majeure partie du Tessalah.

sont une fraction de la grande famille desBeni-Amer qui occupa le pays depuis le Sigjusqu àl'Isser.

Aussi leur origine se confond-elle avec celle des Beni-Amer, tribu liilalienne qui, peu de temps après l'établissement de rislamisine, abandonna leNedj pour entrer en Syrie.

C'est en 1049 qu'ils passèrent en Afrique, occupèrent plusieurs grandes villes du littoral, depuis Tripoli jusqu'à Bône, pour devenir, cent ans après, maîtres du pays jusqu'au Djebel- Amour. Battus par les Almohades et refoulés jusqu'à Tebessa, ils furent appelés en 1 235 par Yaghmoraçane qui les installa aux environs de Tlemcen; mais défaits de nouveau vers l'année 1 33 1 par les Mérinides , ils retournèrent au désert près du Zabet-Ouargla.

En 1335, les Beni-Amer, à l'exception des Hazedj , prirent fait et cause pour les Beni-Zeian contre les Beni-Merin . réinstallèrent les premiers à Tlemcen et reçurent, en paiement de leur service, des terres prèsd'Aïn-Temouclien, au Tessalah, sur la Mekerra, à M'iéta et aux Lauriers-Roses.

Quant aux Hazedj qui avaient pris parti pour les vaincus, ils furent forcés de retourner dans le sud entre le Djebel Amerag et le Djebel Antar, jusqu'au moment où, rentrant en grâce, ils vinrent au Tessalah ; mais leur installation ne fut définitive qu'en 1698, après une grande victoire sur les Ouled-Abdallah, premiers occupants.

Les Hazedj, de même que les autres Beni-Amer, ont été les auxiliaires des Es])agnols jusqu'en 1700, époque à laquelle ils se soumirent au bey Mustapha , qui venait de fonder Mascara ; depuis lors , jusqu'à l'occupation française , ils n'ont cessé d'habiter le pays sur lequel nous les avons trouvés.

Ces Indigènes firent leur soumission à la France en 1842, en même temps que les autres Beni-Amer, mais en 1845 ils émigrèrent en masse au Maroc, sans hostilités préalables, à l'exception de quelques douars qui, abrités derrière le Tessalah, purent échapper au khalifiit de l'Emir , venu jusqu'à Aïn-Sofra pour enlever la tribu.

Cependant, fatigués de leur vie errante et pour se soustraire

au service de guerre (|iie voulait leur impo.ser l'Empereur du Maroc, ils cherchaient à se rapprocher de l'Emir Abd-el-Kader, lorsqu'ils furent rejoints par les Marocains, battus, massacrés et dépouillés par eux.

Rentrés en I8i8 . dénués de tout , ils se sont depuis livrés h ra<i:riculture, et n"ont plus eu avec nous que de bons rapports.

La terre des émigrés fut d'abord seque.strée, mais aux termes des instructions générales du 1 1 jtiin I8G3, le séquestre se trouva annulé, et le territoire de la tribu des Hazedj fut, par décret du 2.') avril 1860 , définitivement délimité, avec une superficie de 17,590 hectares 2 ares, répartie par un second décret du même jour entre les cinq douars suivants: OuledRiab, Nemaïcha, Atsamnia, Ouled-Ghazi et Mehadid.

Dans les années I87i, I87oet 1870, la propriété individuelle fut ensuite établie sur ce territoire, conformément à la loi du 2G juillet 1873 et, les titres une fois délivrés, les transactions avec les Européens ne tardèrent pas à s'établir. (I)

Les terres d'excellente qualité de cette tribu , qui possédait dans l'origine 40,00 hectares, fournirent un large apport à la colonisation, et furent successivement utilisées ])our l'agrandis sèment du territoire de Bel-Abbès, la création du Rocher, deSidi- Brahim et des Trembles, la formation des territoires de Frouda, dEl-Braïka , d"El-Hadjar-Zerga , d'Aïn-el-Trid , dAïn-el-Kenùs, d'Aïn-Sofra, pour différentes concessions, et enfin pour une partie delinstallation des Has.^asna.

L'état de cette tribu, à deux époipies éloignées, se trouve reproduit ci-dessous :

Ancées

Population

Maisons

Tentes

Chevaux et «mets

Chameaux

Bœufs

Voûtons

Chèvres

Charrues

cultivées

l.ôi8 2.1G8

(i) En 1878, on estimait déjà i|uc les F.uroi)éens détenaient 1/I(k des Melk des Ouied-Riab, le \ftO' desOuled-Gliazi, le l/lî des Mehadid, le l/rides Neniafilia et di-s Atsamnia, cl res ventes de terrain n'ont fan qu'aller en augmentant depuis. Cependant le relevé des \enles enregistrées au bureau de Bel-.\bbe?, Jus(|u'an ^1 juillet 1X70, ne donne (|ue les cbiffres sui-

Ouled-Sliman. — Historique. — Sénatus-consulte. — Etat en 1866 et 1879.

Un nommé Sliman-ben-Brahim-ben-Amer , qui eut en 1 378 (780 de l'hégire), le commandement des Beni-Amer, donna son nom à la tribu des Ouled-Sliman, dont l'histoire se confond, au début, avec celle des précédents.

Lorsqu'ils vinrent du Djebel- Amour, ils s'installèrent d'abord dans le pa^^s occupé aujourd'hui par les Ouled-Mimoun, pour s'établir plus tard à Tiliouïne, Melghir et sur les bords de la Mekerra (Oued-Mebtouch) , d'où ils expulsèrent la grande tribu des Médiouna , après avoir massacré un grand nombre de ses membres. Les descendants des rares individus des Médiouna qui échappèrent à ce massacre et restèrent sur les lieux , sont connus actuellement sous le nom d'Ouled-bent-Amer.

Les Ouled-Sliman se subdivisent en Ouled-Sliman arabes, dont l'origine vient d'être indiquée , et en Ouled-Sliman marabouts qui descendaient de trois frères : Youb , Mimoun et Madji, venus quelque temps après de Saguiat-el-Hamera. (I)

Par leurs connaissances en droit musulman et leurs pratiques religieuses, ces trois frères acquirent bientôt une grande réputation de sainteté, et leurs descendants, qui prirent le nom de Mliadja, formèrent les deux tribus que nous connaissons sous la dénomination de Mhadja des Ouled-Ali et Mhadja des Ouled- Sliman ; ces derniers sont les Ouled-Sliman marabouts.

Les différentes tentatives des Espagnols contre cettf» tribu, pendant leur occupation , demeurèrent sans succès, et sous le bey Bou-Chelaghame , les Ouled-Sliman expulsèrent des bords de la Mekerra les Ouled-Abdallah , fraction des Beni-Amer , qui ne

vants: Ouleil-Riab III liecUircs 52 ares vendus pour 111,550 l'r., Nemaïn.a 79 liertares 8'2 ares ])Our l'2,'i'2() fr., Atfainiiia 'iltS lieclares !)!) ares 85 centiares pour '2t!,iMt3 l'r. 78 c, Ouled- Gliazi 88 hectares i9 arcs 20 centiares i)nnr '(,!)(!5 l'r. 70 c, Mchadid 1,575 hectares 50 ares 45 centiares pour 187,40!) l'r. 07 cent. U) Cours d'eau et ville du désert, au iud de la rivière Dra.

pouvant tenir tête h leurs agresseurs, auxquels s'étaient joints les Ouled-Ali et les Hazedj, allèrent se fixer dans la M'iéta.

En ISOi, les Ouled-Sliman, avec les Beni-Amer, firent leur soumission à Abd-el-Kader-ben-Chérif , sans émigrer pour cela en masse comme les Ouled-Brahim.

Dans les premiers temps de notre conquête , leur histoire se confond encore avec celle des autres Beni-Amer ; leur soumission à la France date de 18i2, mais leur conduite peu soumise leur valut bien des punitions, ei en 1845 un dixième seulement émigra au Maroc pour se joindre à l'Emir Abd-el-Kader.

En 1848, un nommé Mohamed-Ben- Abbou, de la tribu des Hachem, qui prit le nom de Bou-Cif, (l'homme au sabre), essaya mais en vain de les soulever après leur retour ; leur caïd Mnstapha-ben-Brahim le fît prisonnier et le livra à l'autorité française qui l'exila.

A plusieurs reprises, de nombreuses fractions venues du Gharb, de l'Aghalik des Beni-Chougran, du Cherg et du Msif. s'installèrent dans le pays et vécurent mêlées à la tribu dont l'origine vient d'être décrite.

Le pays des Ouled-Sliman, à 25 kilomètres à l'est de Bel-Abbès, est traversé au nord par la Mekerra, au centre par la route de Mascara, et vers le sud par l'Oued Melghir. Le 15 septembre 1851, ces Indigènes furent fractionnés en deux caïdats pour tenir compte des différences d'origine de la population que nous venons d'indiquer, ce qui n'a pas empêché arabes et marabouts de rester entremêlés par suite de leurs intérêts communs. En 1 8GC), la commission spéciale proposa de répartir les Ouled-Sliman en neuf douars, mais sur l'avis du^ Gouverneur g»"néral et du Ministre de la guerre, le territoire de cette tribn fut, par décret du 7 mars 1867, déhnitivement déhmité avec une superficie de 74.G51) hectares 50 ares ré])artis entre les quatre douars suivants: Bou-Djebàa , Oued-Mebtouch , Tiliouïue, et Zfîzef.

Cette division groupe les douars deux à deux, dans les vallées de la Mekerra et de lOued Melghir, entre lesquelles se trouxe la plaine de Tiliouïue qui, au centre au territoire des Ouled-Sli-

man, se prolonge a l'ouest chez les Hassasna jusqu'à la commune de Bel-Abbès , sous le nom de plaine d'El-Grair et de plaine de Tilmouni, et à l'est sous celui d'Ain-el-Khemis et d'Ain-Zfizef.

En général, la tribu manque d'eau, mais par suite de la configuration du pays et des qualités diverses du sol, le.^ récoltes ne sont jamais complètement perdues ; le voisinage de Bel- Abbès et d autres centres européens facilite, en outre, les échanges de tous les jours.

La superficie des terrains occupés par les Ouled-Sliman a été successivement réduite pour répondre aux exigences de la colonisation ou de l'administration des Indigènes. Leur part dans l'installation des Hassasna, en ISoi-, fut ainsi de 3,50C hectares, et de 9,000 hectares dans celle des Djaffra-ben-DjaflPeur.

L'établissement et l'agrandissement de Zélifa se sont faits sur la partie ouest de cette même tribu ; en 1 87 i , c'est encore sur ce territoire qu'a été créé le beau village de Mercier-Lacombe , et plus récemment , le Kçaret Muley-Abd-el-Kader.

Le tableau suivant fait connaître la situation de cette tribu en ISCiG, époque de l'exécution du sénatus-consulte, et pendant l'année 1 (S79 .

A nées

Population

Maisons

Tentes

fhtTaux

et Mulets

Chameaux

Bœufs

Moutons

Chèvres

Charrues cultivées

r).62i r..t)ii.

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