COMMUNE MIXTE DE DAYA
Topographie. — Administration. — Superficie. — Population. Électeurs. — Améliorations.
Bien que la commune mixte de Daya relève de la subdivision de Tlemcen , et que cette étude soit spécialement appliquée à l'arrondissement de Bel-Abbès, nous nous faisons un devoir de la mentionner en cet endroit, parce que nous avons la conviction que sous peu une partie au moins de ce territoire sera comprise dans notre circonscription administrative.
D'ailleurs , la proximité de cette commune , l'absence de moyens de communication sérieux avec Tlemcen, les intérêts nombreux que notre population possède dans les centres de Daya et de Magenta , tout nous fait une obligation de rappeler ces relations aussi étendues que suivies.
Cette commune est limitée : au nord par les Ouled-Mimoun, les Ouled-Sidi-Ali-Ben-Youb, les Harayan, le douar deTiliouïn et rOued-Melrir qui la sépare du douar de Sfizef ; à l'est par les Beni-?^Ieniarim-Thata, les Djafra-Cherag-a; au sud par le bord septentrional du Cliott-Cliergui ; à l'ouest par les Angad, le plateau d'El-Gor, les Ouled-Bel-Hamel et les Beni-Smiel.
Dava est environné par quelques montagnes d'une certaine élévation ; il convient aussi de citer le piton où se trouve la vigie
qui défend une partie de la contrée, et le Bonlafre qui domine la route de Saida.
Le pavs est g-énéralement boisé, et lorsqu'on promène ses reg-ards autour de soi, on aperçoit au nord les forêts que coupe la route du chef-lieu de notre arrondissement, à l'ouest celles que traverse le chemin de Tlemcen, au sud-ouest de belles prairies, au sud les contours des dernières chaînes du Tell qui le séparent des Hauts-Plateaux , à Test la plaine et les prairies avec la route de Saïda.
Sur cette commune prennent naissance la Mekerra , l'Oued Sefioun, l'Oued Melrir qui appartiennent au bassin de la Méditerranée et quelques-uns de leurs affluents, ainsi que certains oueds qui se jettent dans le Chott-el-Cherg-ui.
Les principaux arbres de la contrée sont le pin , le chênevert , le thuya , au milieu desquels on retrouve le genévrier, le lentisque, l'arbousier. Le climat y est sain, notamment à Daya même où la température est néanmoins chaude en été et trèsfroide en hiver.
Les principales ressources de cette commune sont, suivant les endroits, la culture des céréales, l'élève du bétail, et surtout l'exploitation des alfas très-abondants, puisqu'ils ahmentent presque entièrement l'exportation de Bel-Abbès, qui compreud les trois quarts de celle du département d'Oran. De nombreux chantiers placés sur tout ce territoire permettent de faire les premières manipulations que réclame cette plante précieuse.
Le cercle de Daya fut, le o avril 18i.9, rattaché à la subdivision militaire de Bel-Abbès qui, daprès le décret de création de ce jour, comprenait l'Aghalik des Beni-Amer-Gheraba, celui des Beni-Amer-Cherao-a, ainsi que l'Aghalik des tribus sahariennes composé des Beni-Mathar, des Ouled-Rilagh , et des Hassasna de Mekerra.
Le G novembre 1868 parurent deux arrêtés du Gouverneur général , dont l'un nommait les membres du Conseil de la commune subdivisionnaire de Bel-Abbès , en conformité de l'arrêté du 20 mai de la même année, et l'autre créait la commune mixte de Mekerra, avec Bel-Abbès comme chef-lieu et les trois
sections de Tenira, de Ben-Youl) et de Bou-Kanéfîs, et celle de Daya comprenant le poste de ce nom, le hameau du Télag-h, le centre projeté d'El-Haçaïba, leurs dépendances, et la trilju des Ouled-Balaj^'-h, soit ensemblt; l'.)(),ll)3 hectares et l,()2i individus.
Mais le 31 août 1870, un arrêté du Gouverneur général, visant la décision impériale du 21 février de la môme année, portant création du cercle d'Ei-Haçaïba, transportait au centre de Mag-enta le chef-lieu de cette commune mixte, qui prenait le nom de ce villag-e et dont Daya devenait une section.
Le 23 janvier 1872, la subdivision de Bel-Abbès étant supprimée, le district de Daya était rattaché à Tlemcen , et le 30 décembre 1875 la commune mixte de ce nom était reconstituée avec ce centre comme chef-lieu , et elle comprenait les trois douars-communes de l'Oued-Sefioun , de TOued-Taourira et de rOum-el-Doud , les trois tribus des Ouled-Araran , des Ouled- Attia, et des Ouled-Balagh, ainsi que les centres de population de Daya et de Magenta.
Cette commune mixte est administrée par le Commandant supérieur du cercle, assisté d'un premier adjoint et d'une commission municipale composée de deux adjoints français, d'un notable français, et de six adjoints indigènes.
Sa superficie est de 675,121 hectares, et sa population de 9,732 individus, dont 137 Français, Il Israélites, 8,950 Indigènes, 020 Espagnols et 14 autres Étrang*ers.
Suivant les listes arrêtées le 31 mars 1880, le nombre des électeurs pour la nomination du conseiller général de la 12*-' circonscrii^tion est de 5 i .
Sans revenir sur ce que nous avons déjà dit des disproportions de cette circonscription électorale et des modifications administratives que nous avons indiquées, nous ne pouvons omettre de rappeler que cette commune mixte offre d'excellents endroits où la colonisation })ourrait être introduite avec succès: par exemple à Faïd-el-IIamar , aux Aouïnettes, dans le vallon qui, de Daya, se prolonge sur la route de Saïda, ainsi qu'au barrage, à 'l'atenyava, à El-Cîor. au Rocher et à Kas-el-Ma,
stations j^rojetées du chemin de fer d(; Mag-enta, qui, une fois construit, développera d'une façon considérable la richesse de cette contrée.
Ces différents points sont bien situés, ])ourvus d'eau, que l'on pourrait augmenter en encourageant des recherches, et quelques-uns , comme Tatenyaya , comportent même la création de beaux villages, tandis que Ras-el-Ma deviendra tout à la fois un centre de population, un marché déchanges entre le commerce européen et les tribus du Sud , et un poste avancé trèsimportant.
Ouled-Balagh. — Historique
Les Ouled-Balagh se rattachent à la grande tribu. des Beni- Amer , et occupent depuis plus de cinq ctnits ans le pays où la Mekerra prend sa source, au lieu dit Riis-el-Ma !la tête des eaux), et qui s'étend au sud un peu au-delà delà montagne connue sous le nom de El-Beguira ou bénit ha (la vache et son veau), et au nord à la montagne deSlissel petite chaîne), entre Magenta et les Ouled-Sidi-Ali-ben-Youb. Ce territoire, dans .>;a plus grande partie, est montagneux et boisé.
Les Ouled-Balagh se composent des trois fractions principales suivantes, dont les deux premières sont formées de familles a})[)artenant à la ca.^te religieuse des maral)Outs: 1" les Oulfd- Sidi-Ali-ben-Krarradj, anciens maîtres du pays (jui, vaincus par les Ouled-Balagh, ont di\ subir leur domination; 2' les Ouled-Sidi-Chikr. frères de ceux de Géry ville; 3" les Ouled-Balagh proprement dits, qui constituent la caste plébéienne aj)pelée vulgairement Zenata.
Les Ouled-Balag-b, obéissant ji l'appel de l'Emir Abd-el-Kader, émigrèrent au Maroc en hSi-o. Ils y furent pillés et ils rentrèrent dans leur pays, à la fin de IStO et au commencement de
1847, complètement ruinés et dans la plus affreuse misère.
Ils ne se distinguent par aucun trait saillant ; ils sont nomades , mais ils ne peuvent se mouvoir que sur des espaces trèsrestreints, chaque fraction vivant sur la partie qui lui est échue enpartag'e dès l'origine de son installation dans la contrée.
Ils s'adonnent à la culture des céréales et à l'élève du bétail. Leurs femmes font des tapis assez estimés, des musettes pour les chevaux, et des vêtements pour les hommes.
En 1879, les Ouled-Balagh comptaient 2,155 individus, 389 tentes, 152 chevaux et mulets, 180 chameaux, 1,3GI bœufs, 8,780 moutons, 4,931 chèvres, et cultivaient 142 charrues (1).
Djafra Thouama et M'Hamld.- Douar-commune de Taourira.-
Historique
Les Djafra Thouama et M'Hamid, branche de la grande tribu des Djafra qui faisait partie de la confédération des Beni- Amer, se rallièrent à Abd-el-Kader, éniigrèrent en masse en 1845, et revinrent sur leurs terres en 184G et 1847.
Bien que cette tribu se partage en trois fractions : les Thouama, les M'Hamid et les Ouled-Sidi-Yahia qui descendent d'un marabout fixé dans le pays au quinzième siècle, le décret du 31 octobre 18G8 ne constitua qu'un seul douar du nom de Oued- Taourira, la population étant restreinte, et aussi pour constituer <\ la limite du Tell de fortes unités susceptibles de résister aux agressions venant du Sud.
La superficie, malgré 26,719 hectares prélevés successivement en faveur des Beni-Mathar, des Ouled-Sidi-Khelifa, des Hamyan et de la Smala du Télagh , était encore à cette époque de 127,037 hectares, sur lesquels se trouvaient plus de 80,000 hectares de forêts.
(1) Expérience admise en Algérie pour indiquer une superllcie déterminée, prise comme unité de culture indigène.
Voici , an surplus, la statistique de ce douar à deux époques différentes :
Anoées
Popula-
tioa
Uaisons
Tentes
Chevaux et Mulets
Chameaux
Bœufs
Moutons
ChèTre8
Charroes caltivées