‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 34 sur 82 · l.OiO · texte numérisé non relu

l.OiO

Ouled-Brahim. — Historique. — Sénatus-Consulte. — Etat en 1867 et 1879.

Les Onled-Braliim, appartenant à la grande tribu des Beni- Amer, ont passé par toutes les vicissitudes qui ont signalé l'installation de cette famille dans notre contrée , et que nous avons reproduites précédemment .

Les Ouled-Brahim occupaient alors 76,683 hectares, qui furent séquestrés pendant l'émigration de 1845, puis réduits à 46,091 hectares 30 ares 25 centiares , le surplus ayant été employé c\ créer et à doter Bel-Abbès, Sidi-L'Hassen, Sidi-Khaled, Bou-Kanéfis, la Tenira, et à installer ou agrandir certaines tribus, sans que leurs intérêts fussent compromis, cette population étant revenue du Maroc fort amoindrie.

Après avoir, en 1854 , appliqué un cantonnement provisoire à cette tribu, son territoire fut définitivement délimité et réparti entre les trois douars de Messer, Sidi-Yacoub et Tirenat par décrets du 9 mars 1 867 .

Les Ouled-Brahim sont soumis, depuis le l®' septembre 1877, à l'application de la loi du 26 juillet 1 873 , destinée à favoriser des transactions que recherche l'élément européen pour développer la colonisation en cet endroit.

L'importance de cette tribu, de sa population et de ses ressources diverses est des mieux établies, comme il est permis d'en juger par le tableau suivant :

Années

Population

Maisons

Tentes

Clievaux et Mulets

Chameaux

Bœufs

Moutons

Chèvres

Charrues cultivées

U.GOt

Bou-Kanéfls. — Population. — Situation. — Superficie. — Agrandissement. — Etablissements publics. — Statistique agricole. — Fête patronale.

Ce centre, créé en 1850, et approuvé par dépêche ministérielle du 7 août 1858, est bien situé, auprès de la Mekerra, pourvu d'irrig-ations avec de belles plantations, et compte en ce moment une jiopulation de 618 individus, dont 2i-8 Français, i Israélites naturalisés, 88 Musulmans et 208 Étrangers, pour la plupart espag-nols, répartis sur un territoire de 2,039 hectares 41 ares 80 centiares.

Bou-Kanéfis, sur la route de Mag-enta , à une altitude , prise au puits môme du villag-e. de 509 mètres 07 centimètres, se trouve à 19 kilomètres sud-ouest de Bel-Abbès, cette distance pouvant être réduite de deux kilomètres en passant par la rive droite.

Va\ 1872, 16 familles d'Asaciens-Lorrains, comprenant 93 personnes, y ont été installées sur 5-63 hectares de terres qui dépendaient du pénitencier agricole. Chacune de ces familles a reçu 0,297 fr. 9i- c, en une maison placée sur la route, un cheptel, des semences et des .secours alimentaires.

En 1877, un nouvel agrandissement a eu lieu sur 18 lots d'une contenance totale de 020 liectares 38 ares 51 centiares attribués pour les deux tiers aux immigrants de la métropole , et pour un tiers aux colons algériens sur les propositions présentées par la commission départementale , et il est question encore en ce moment d'agrandir ce centre.

Depuis 1875, Bou-Kanétis est le chef-lieu de la commune mixte qui porte son nom , et la résidence de l'Administrateur et des diflférents services (pii en relèvent. Il possède une mairie, une école, un pénitencier indigène qui domine le village, une église, un presbytère et un lavoir pul)lic.

Une maison pour le médecin de colonisiition et un immeuble

destiné au service télégraphique ne tarderont pas à y être construits.

Avec la création des centres nouveaux, dont nous nous occuperons bientôt, Bou-Kanéfis se trouve dans une position à peu près centrale ; l'Administration y est donc facile, mais il est indispensable de placer, en cet endroit, une brigade de gendarmerie.

La fête patronale se célèbre, en septembre, à la Saint- Etienne.

Le commerce est le même que celui que nous avons relevé pour l'ensemble de la commune , et l'agriculture y est très-développée ; un marché hebdomadaire se tient tous les lundis.

En 1879, Bou-Kanéfis possédait 880 animaux, 293 instruments agricoles, 128 maisons, un moulin, 15 gourbis, 23 puits, 1,928 hectares défrichés, 1,795 cultivés en céréales, et 0,468 arbres.

Ben-Youb. — Situation. — Superficie. — Population. — Statistique agricole. — Impoi-tance stratégique et agricole. — Ruines romaines.

Ben-Youb, dont la création remonte à 185i et l'approbation ministérielle au 18 janvier 1859, est situé à 32 kilomètres sudouest de Bel- Abbès , en passant par la rive gauche , à 3 1 kilomètres et demi, seulement, si l'on suit la rive droite , et à 13 kilomètres de Bou-Kanéfis.

L'axe du chemin en face du puits et de l'église, à 33,173 mètres de la place du centre de Bel- Abbès, est à 008 mètres 90 c. d'altitude.

Ce territoire, qui a nécessité de grands travaux de dessèchement terminés en 1858, renferme une superficie de 2,509 hectares 61 ares 30 centiares , et une population qui est, d'après le

dernier recensement , de 517 habitants , dont 1 47 Français , 5 Israélites naturalisés, 88 Indigènes, 28-3 Espag-nols et 24 antres Étrangers, tous adonnés à l'agriculture. En 1879 on y a relevé: 1,21o animaux, I fio instruments agricoles, 39 maisons, un moulin, 6 gourbis, 7 puits, 1 ,558 hectares défrichés, dont 1 ,375 cultivés en céréales et 4, 198 arbres.

Le presbytère, l'école et une salle d'asile y sont installés dans de bonnes conditions, tandis que la chapelle est en très-mauvais état ; une brig-ade de g-endarraerie étend son action sur cette contrée, qui offre la seule trouée par laquelle les Indigènes ont pu, pendant les moments de troubles, pénétrer dans le Tell, comme aussi la seule porte que puissent passer les caravanes qui, du littoral se dirigent vers cette partie de l'intérieur du pays.

Son importance, aux points de vue stratégique, agricole et des eaux, est parfaitement caractérisée par les ruines romaines de l'ancienne ville à'AlbxiIœ, qui permettent encore de reconnaître les traces d'un ancien camp fortifié au milieu de la vallée, position militaire soutenue par des fortins établis sur les parties dominantes. On y trouve au^si d'anciens thermes et les traces évidentes de l'exploitation des carrières de cette belle pierre noire qui fait actuellement l'ornement des édifices publics de Bel- Abbés et des monuments funèbres de son cimetière.

Ben-Youb possède un marché hebdomadaire, le lundi, et est en relation de chaque jour avec Magenta ; différents chemins lui permettent aussi de communiquer directement avec la Tenira, leTélagh, Daya, Lamtar etLamoricière.

Placé dans une vallée resserrée par des montagnes, ce centre, de l'aveu de tous, occupe l'emplacement le plus convenable que l'on ait pu désirer pour la création d'un vaste réservoir destiné h emmagasiner les eaux de la Mekerra.

Les terres y sont de très-bonne qualité, et lesÙTigations, alimentées uniquement par deux sources abondantes , n'y font jamais défaut et sont un jjuissant auxiliaire pour la culture des céréales, des pommes de terre et du maïs.

Ce tei'ritoire est certainement destiné à devenir important lorsque le chemin de fer de Magenta sera mis à exécution et ira

chercher les riches productions du Sud, et notamment les alfas.

Tiflaiès. — Situation. — Superficie. — Population. — Statistique agricole.

A 2 kilomètres de Ben-Youb, dont il est séparé par un pont construit récemment sur la ]\Iekerra, et à 1 0 kilomètres de Bou- Kanéfis, se trouve le centre de Tiffilès créé le 6 avril 1870, sous le nom de hameau de Ben-Youb, et agrandi, en 1875, de 937 hectares 91 ares 90 centiares. Cette année-là son nouveau nom lui fut donné pour le distinguer du village de Ben-Youb.

Son territoire est actuellement de 1 ,241 hectares 60 ares 40 centiares de terres de bonne qualité, quoique couvertes de broussailles, et dont une partie est irriguée à l'aide d'un embranchement établi sur les canaux de Ben-Youb.

Sa population est de 96 habitants, dont un tiers d'Etrangers, possédant, en 1879, 97 animaux, 70 instruments agricoles, 21 maisons, 3 gourbis, 3 puits, 453 hectares défrichés, 970 arbres plantés et 3 1 5 hectares cultivés en céréales.

Le peuplement ne s'est fait d'une manière sérieuse que pendant l'année 1877, mais les divers travaux de première urgence qui viennent d'être achevés , et qui ont coûté une somme de 19,700 francs, répartis en plantations, puits, pont, canal, empierrements et nivellements , vont donner un nouvel élan à la prospérité de ce territoire. Une école dont la nécessité se fait vivement sentir ne tardera pas à y être construite.

Lamtar. - Situation. — Superficie. — Population. - Statistique agricole.

Créé en 1 875, le village de Lamtar est fort heureusement situé

sur la route très-importante de Tlemceu, à 1 0 kilomètres de Bou- Kanéfis, 6 kilomètres d'Aïn-el-Hadjar, et 22 de Bel-Abbès.

40 lots agricoles et 4 lots de ferme y ont été attribués , et constituent, avec quelques propriétés particulières déjà existantes, un territoire de 1 ,972 hectares 17 ares 36 centiares.

113 Espagnols et 71 Français y possèdent 126 instruments agricoles, 2o2 animaux, 40 maisons, 6 gourbis, 20 puits, 771 hectares défrichés , dont 520 cultivés en céréales, et 643 arbres. L'Etat y a dépensé 31 .000 francs pour l'acquisition des terres et 50,000 fr. pour empierrements , plantations, nivellements, puits avec noria, lavoir, abreuvoir, école, et église érigée en succursale le 21 mai 1880.

Des études sont faites pour amener, en cet endroit, le trop plein des sources d'Aïn-el-Hadjar.

Il est aisé de prévoir que ce centre atteindra une réelle importance, que lui promettent sa situation des meilleures, la certitude de trouver de l'eau à une profondeur de 1 i- mètres environ, ainsi que l'excellente qualité d'une partie de ses terres.

On fort beau bouquet de trembles, dont la grosseur atteste une longue existence, assure encore à cette population les douceurs de la fraîcheur pendant les jours d'été.

Aïn-el-Hadjar. — Situation. — Superficie. — Population. - Statistique agricole.

C'est également en 1875 que. pour faciliter avant tout le dédoublement (le la population de Sidi-L'Hassen, devenue trop nombreuse, Aïn-El-Hadjar a été créé sur la route d'Aïn-Temouchen, dont il e.st .séparé i)ar le nouveau centre d'.Arlal.

A 19 kilomètres de 13el-Abl)ès, 13 de Sidi-I/Ha.ssen. 12 de Sidi-Khaled, 6 de Lamtar, ce village est mis en communication directe avec ces différents centres de population.

Son territoire comprend 40 lots agricoles d'une contenance de 1 ,635 hectares 63 ares 30 centiares, sur lesquels se trouvent établis 122 habitants, qui possédaient, en 1879, 1 13 animaux, 106 instruments ag-ricoles, 36 maisons, 8 gourbis, 5 puits, 106 hectares défrichés, dont 280 cultivés en céréales, et 1 ,185 arbres

L'Etat y a acquis 20,000 fr. de terres et dépensé , en outre , 62,000 fr. pour le dessèchement d'un marais, l'aménagement de belles sources, l'établissement d'un lavoir et d'un abreuvoir, d'une école-chapelle, et pour les travaux d'empierrements, de nivellements et de plantations.

Les terres, couvertes de broussailles, mais d'assez bonne qualité, ne tarderont pas à être mises en valeur.

ix:

Tabia. — Situation. — Superficie. — Population. — Statistique agricole.

Le centre de Tabia, créé en 1877, est situé dans la vallée de la Mekerra, à cheval sur la route reliant Bel-Abbès à Magenta , à 8 kilomètres de Ben-Youb et à 5 kilomètres de Bou-Kanéfis.

Il comprend 30 lots agricoles a^'ec des terres très-bonnes, en partie df^frichées et convenant aux céréales, et un territoire de 1,1*.)4 hectares 40 ares, qui sera augmenté de 1,450 hectares, si la demande de M. Montader, propriétaire, est agréée par r Administration.

Le programme de colonisation de 1 880 prévoit l'agrandissement de Tabia à l'aide de 841 hectares de terrain achetés aux Indigènes de Messer et de Tiffilès, et que l'on diviserait en 1 i lots de village et 10 lots de ferme. Ce centre aurait alors 54 feux et pourrait, après avoir acquis son entier développement, être constitué en commune de plein exercice.

Sa population de 72 habitants possédait, en 1879 , 44i ani-

maux, 1 1 i instruments, 30 maisons, 7 gourbis, 12 puits, 660 hectares défrichés, 400 cultivés en céréales, et 715 arbres.

Les nivellements, empierrements, plantations, puits avec noria, lavoir, abreuvoir, canaux et école-chapelle, ont coûté

L'eau, fournie par une nappe à 12 mètres de profondeur, y est abondante et de bonne qualité ; les oliviers y sont trèsnombreux. Le village, placé sur un plateau bien aéré, e-stà 25 mètres au-dessus de la Mekerra.

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