‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 37 sur 82 · S i 7.0'JO · texte numérisé non relu

S i 7.0'JO

Un tiers du sol est couvert par les forêts et les broussailles ; les terres de culture ne comptent que pour un neuvième il ^ la superficie totale, dont la partie nord renferme surtout les plaines, et la ])artie sud les montagnes.

Ouled-Sidi-Khelifa.

Douar-commune d'Oum-el-Doud. - Historique

Les Ouled-Sidi-Khelifa occupaient la rive nord du Chott- Chergui, lorsque les Français s'emparèrent du pays, et après avoir émigré, en 18't5, à l'exception des Ouled-Sidi-bou-Zid, ils furent reconstitués en 1 832. Deux des fractions de cette tribu furent rattachées au cercle de Saïda, et les deux autres placées d'abord à titre de locataires chez les Ouled-Sliman, furent enfin établies, en 1854, sur le plateau d'Oum-el-Doud, où elles se trouvaient depuis douze années, lorsqu'elles furent délimitées et constituées en douar-commune de ce nom par les décrets du 27 octobre 18f)G.

La superficie de la tribu était de 15,819 hectares, prélevés sur les Djafra , et la population de 297 individus, possédant peu de bétail, ne cultivant que 20 charrues sur des terres médiocres, et payant 1 ,G00 fr. d'impôts. En 1879 ce douar n'avait encore que 305 personnes, 56 tentes, 29 chevaux et mulets, 33 chameaux, 128 bœufs, 1,872 moutons, 279 chèvres, et l'on n'y cultivait qup neuf charrues.

Beni-Mathar. — Ouled-Amran et Ouled-Attia. — Historique.

Les Beni-Mathar se divisent en deux grandes fractions : les Ouled-Amran et les Ouled-Attia. Ils sont parents des Ouled- Abd-el-Ouad, dont un pcrsonnai^'P considérable, Yaghmorarane Ben-Zyane , fonda à Tlenicen en 1 23-J de notre ère, l'empire des Beni-Zyane. Une fraction des Ouled-Attia porte encore de nos jours le nom de Ouled-Zyane.

Quoique parents de Yaghmorarane, les Beni-Mathar se révoltèrent contre lui, mais ils furent vaincus et acceptèrent de leur vainqueur généreux, à titre de fief, le pays de Messoulane, au sud-est de Daya, où ils vivent aujourd'hui, et qui était occupé k cette époque par les Ouled-Chaïb, fraction de la grande tribu des Souid. On voit sur la rive droite de l'oued Me:?soulane la koubbà de Sidi-Chaïb.

Depuis lors, ils restèrent fidèles à la dynastie des Beni-Zyane jusqu'à leur chute, les accompagnant dans toutes leurs guerres, leur servant de pui.^sants auxiliaires, et contribuant à la splendeur de leur domination.

En l7oi lorsque le bey d'Oran Gaïd-ed-I)hab leva l'étendard delà révolte contre le bey Ostmane El-Kebir, les Beni-Mathar se partagèrent en deux parties prenant diversement cau.se pour les deux adversaires. Ga'id-ed-Dhab, qui s'avançait à la rencontre d'Otsmane, fut trahi par une g-rande partie de son armée, sous les murs de Milianah, et dut prendre la fuite pour ne pas être livré à son ennemi. Ceux des Beni-^Iathar, qui avaient soutenu sa cau.se, émigrèrent au Maroc pour se soustraire à la juste vengeance d'Otsmane , firent leur soumis.«^ion à l'Empereur qui leur donna en concession le pays appelé Kas-el-Aïn, non loin. du Cliott-Rarbi et de la frontière sud-ouest de notre colonie, où vivent encore les descendants assez nombreux de ce parti.

De sorte qu'il y a maintenant deux tribus qui portent le même nom de Beni-Mathar, dont lune relève de la commune mixte

do Daya ot l'autre du Gouverneur marocain , qui réside à Oudjda.

Nos Beni-Mathar se soumirent à la France en 1842, pour se soulever en 184i, sans émig-rer toutefois au Maroc. Ils campi'i-ent seulement dans une réj^'ion plus au sud, se soumirent de nouveau en 1840, et furent internés dans les environs du Tessalah, près de Bou-Kaala où fut construit plus tard le télégraphe aérien de Sidi-Brahim .

Les Beni-Mathar se distinguent des autres Indigènes par leur caractère audacieux, par l'adresse et la bravoure de leurs cavaliers. Véritables pirates du désert, ils sont redoutés de leurs voisins et connaissent le Sud mieux que personnne. Aussi rendent-ils d'excellents services aux colonnes françaises qui opèrent dans l'intérieur du pays.

Ils s'adonnent à la culture des céréales, mais principalement à l'élève du menu bétail. Ils mènent surtout la vie nomade et pastorale. En 1879 ils comptaient 1,553 individus, possédant 265 tentes, 178 chevaux et mulets, 720 chameaux, 408 bœufs, 27,222 moutons, 2,072 chèvres, et cultivaient 38 charrues.

Leur pays se divise en deux zones distinctes : la première, au nord, montagneuse et boisée; la seconde, au sud, plate, légèrement ondulée, couverte d'alfa. Il est borné : au sud par le Chott- Chergui où se trouvent les puits deBou-Game dont l'eau, d'une limpidité remarquable pour le Sud, est excellente à boire ; à l'est et au nord par les Djafra ; à l'ouest par les Hamyan et les Ouled-Balaii'h.

Ail

Daya.— Création. — Etablissements militaires.— Produits.— Echanges. — Marché.

Daya, dont la création datt^ de I8i4, n'était dans le principe

qu'un poste militaire, autour duquel sont venus se grouper quelques marchands et cantiniers, (jui s'installèrent en dehors du fort dans une demi-lune à simple; parapet en terre, sans autorisation rég-ulière, et qui, en 1802, s'eng-agèrent par soumission à démolir leurs constructions à la première réquisition de l'Autorité militaire.

Depuis, cette situation, regrettable au point de vue de la défense, a cessé par la création d'un centre de population placé au-dessous de la redoute.

La collection des volumes sur les Établissements français en AUjèrie nous fournit d'excellents renseig-nements sur l'origrine de Daya, (pii fut créé pour compléter la lig'uedes postes avancés, en faisant disparaître l'énorme trouée qui existait entre Sebdou et Saïda, pour faciliter les mouvements des troupes charg-ées de préserver les populations du Tell contre les incursions des tribus du désert, et pour servir de point de ravitaillement aux colonnes.

Voici, d'une manière très-résumée, quels ont été les travaux des premières années : en l84o et 1840 , élévation du mur d'enceinte à hauteur des créneaux, exécution du fossé, commencement d'une caserne d'infanterie, construction de trois baraques pour })avillon d'officiers et ateliers du génie, d'un hopit<il et des magasins provisoires ;

Ue I8i0 ;\ 1849: achèvement de l'enceinte maçonnée du poste et de celle de la vigie, du casernement provisoire pour 2o officiers, 380 soldats, d'une salle ])our 40 malades, des magasins pour 420,000 rations, d'une juanuteution , du campement et d'une poudrière ;

De 1850 {\ 1852 : continuation des plantations, reprise en sous œuvre d'une ])artie des escarpes. On compte quelques cultures tMitrepris<\'^ \r,\v la ])opulation civile ;

De 1852 à I8.")î-: travaux d'entretien, le po.ste est maintenant à l'abri des surprises des Arabes. Il renferme des bâtiments provisoires suffisjuits pour les besoins de tous les services, des locaux pour ()0 malades, des magasins ])our plus de 400,000 rations. On projette une extension du périmètre de colonisation;

1854-1855 : travaux d'entretien. La fortification se compose d'un mur d'enceinte bastionné de 5 mètres de haut, comprenant quatre fronts.

Les travaux d'entretien , les plantations et les améliorations de toutes natures se continuent ensuite, s'appliquant aux divers besoins qui sont successivement constatés.

Le nouveau centre dont nous venons de parler possède aujourd'hui une chapelle, une école et un lavoir. Le service médical de colonisation y est assuré par un aide-major qui a sous sa surveillance une circonscription déterminée.

La population s'adonne à la culture, au commerce des grains, des laines et de l'alfa; un marché, qui se tient le lundi, facilite encore ces échanges.

En 1879, le territoire de Daya avait une superficie de 4,126 hectares et sa population agricole comptait 50 individus, ayant 36 maisons , 8 puits , 1 7 instruments agricoles , 948 animaux de toutes espèces. 1 25 hectares défrichés, et 174 arbres plantés.

Magenta. — Telagh. — Tralimet. — Slissen

Magenta comprend à la fois une redoute destinée à servir de dépôt aux colonnes du Sud et un village créé le 6 avril 1870. La redoute possède les différents établissements utiles à sa destination; le centre décolonisation renferme de son coté une école, un abreavoir, un lavoir avec conduite d'eau, un hôpital militaire.

Nous ne saurions citer cet endroit sans rappeler en même temps combien les troupes et les colons ont eu à lutter contre les difficultés du début, les maladies, et uotannnent les fièvres très-dangereuses.

Magenta, qui se trouve à 00 kilomètres de Bel-Abbès , sur la rive gauche de la Mekerra, et qui est relié à Daya ]iar un che-

min direct, est une des stations du chemin de fer projeté du chef-lieu aux Hauts-Plateaux. Cet endroit deviendra alors trèsimportant par le peupler^ent qui ne manquera pas de se faire rapidement jusqu'à Ras-el-Ma, comme nous l'avons vu plus haut.

Le territoire de Magenta est de G 28 hectares; sa population européenne, en 1870, était de 77 individus ayant cultivé en céréales 312 hectares défrichés, et possédant 29 maisons, 12 puits, o9G arbres, 23C animaux, et 32 instruments agricoles.

Le Telag-h, sur la route de Bel-Abbès à Daya, h 19 kilomètres de ce dernier point, a été créé en 1880 avec 30 lots de culture de 25 à iO hectares, 10 lots industriels, et quelques lots de fermes isolées, formant en tout un territoire de 3,509 hectares.

Le village installé sur l'ancienne Smala, dont les terres .sont d'excellente qualité et pourvues de bonne eau , se trouve dans une situation de sécurité complète que lui assurent le bordj et une brigade de gendarmerie.

Fa\ 1879, on y comptait 70 Européens, 72 animaux divers. i'I instruments agricoles, 21 maisons, 2 puits, 1 0 hectares défrichés,. 120 hectares cultivés en céréales. Tous ces chiffres se sont déjà augmentés d'une façon sensible.

Tralimet, .sur la route de Da^'a, à 12 kilomètres du Telagh et 1 6 de Tenira, est inscrit au programme de colonisation de 1 88 1 , avec 20 lots de culture et 10 industriels. Ce centre, qui se trouve à la limite d?s territoires civil et militaire, est situé dans un pays salubre, où l'eau est suffisante , et les terres légères, mais d'assez bonne qualité. En 1879, on n'y rencontrait qu'une mai.«on et deux Européens.

Slissen, sur la route de Bel-Abbès à ^lagenta, à 1 i kilomètres de ce dernier point, à 19 de Ben-Youb, est un hameau routier placé au confluent de l'oued Slissen et de la Mekerra, sur le territoire des Ouled-Balagh, et ne possédant, en 1879, qu'un puits et quatre Européens.

Aux termes du progrannne de coloni.<ation de 1.S8I , ou doit ajouter aux six concessions pour industriels précédemment cons-

tituées, six lots de culture à l'aide de 120 hectares pris sur les Indigènes et de 450 hectares prélevés sur la forêt domaniale.

Le pays est sain; la terre et l'eau y sont de bonne qualité. Slissen est un g-îte d'étape très-fréquenté par les convoyeurs d'alfa.

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