‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 38 sur 82 · CHAPITRE PREMIEK · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIEK

CHEMINS DE VVM

Chemin de fer du îlëlat a Bel-Abbés. — Exposé. — Description du tracé. — Ouvrages d'art. — Terrassements. — Ballast. — Gares. — Matériel roulant. — Inauguration. - Situation.

L'importance que doit prendre Bel-Abbè.>^, en se trouvant relié par des voies ferrées à Oran , Alger , Tlemcen , et aux autres villes intermédiaires, nous amène à examiner les chemins de fer en exploitation ou en ])rojets qui l'intéressent.

Parmi eux, se trouve en première ligne la voie qui réunit notre ville au chef-lieu du département en empruntant la ligne Oran- Alger à partir de la station du Tlélat, et qui est aujourd'hui en pleine exploitation.

Sans vouloir refaire complètement l'historique de ce chemin de fer, il nous a paru intéressant de donner la place qu'elle mérite à cette que.stion qui a préoccupé le pulilic et l'Administration pendant plus de vingt années.

C'est, en effet, le 8 avril 1857 qu'un décret créa en Algérie un réseau de chemins de f«n- eml)rassant les trois provinces et dans liMjuel se trouvait compri.-^e la lignt> d'Onm à Tlenuvn. par Sainte-Barbe-du-Tlélat et Bel-Abbès.

Pendant ce long intervalle de temps, les svnipathie,« n'ont

jamais fait défaut à ce projet, et les avis émis }»ir la Chambre de commerce d'Oran , le Conseil g"énéral du département et les diverses commissions ont toujours été des plus favorables .

Il ne pouvait, du reste, en être autrement, cette entreprise étant de celles qui doivent produire les plus heureux résultats en Algérie, en rassurant, par les chances de succès qu'elle offre, les capitaux jusqu'à ce jour timides , et en montrant que la colonie peut être un champ d'affaires sérieuses et lucratives.

Cependant, que de difficultés ont été surmontées avant d'atteindre ce but. Chacun de nous peut encore se rappeler l'accueil sympathique que la population entière faisait aux propositions de Messieurs Villenave frères, il y a près de douze années, en souscrivant en très-peu de temps une partie du capital reconnu nécessaire pour la construction de cette voie ferrée.

Mais la guerre impitoyable de 1870 ne tarda pas à emporter toutes ces espérances.

Chacun sait aussi que, depuis cette époque , la compagnie P. L. M. aurait bien voulu entreprendre cette ligne, et que les efforts des administrateurs du réseau algérien ont dû céder devant la crainte des actif)nnaires qui ne retirent de l'exploitation du grand central que l'intérêt garanti par l'Etat.

D'ailleurs, sans bourse délier, sans faire aucun travail , cette compagnie n'était-elle pas assurée de réaliser un tiers du transit par le seul fait de Tinstallation de toute autre société entre le TlélatetBel-Abbès?

C est alors que, dans la séance du 19 avril 1872, M. Pomel, président du Conseil général d'Oran, proposa à cette assemblée de décider qu'il y avait lieu de remplir les formalités nécessaires pour ol^tcmir la déclaration d'utilité publique du chemin de fer de B(îl-Abbès, et de faire un appel à la concurrence des entrepreneurs pour l'c'tude définitive du tracé et du devis de la construction avec des offres pour la concession.

Cette proposition, mise aux voix, tut adoptée <\ l'unanimité.

A la suite de cette décision, M. E. Seig-nette adressa au département une demande de concession pour 99 ans, avec garantie d'intérêt de l\ 0/0, pro])osant l'application du cahier

des charges en vig-ueur pour la grande ligne d'Alger à Orau.

Dans la séance du 5 septembre 1 872, malgré l'avis du Préfet, qui demandait l'ajournement de la discussion afin d'entendre MM. Villenav<^, auteurs d'un autre projet, le Conseil général examina immédiatement la proposition de M. Seignette, qu'il adopta à l'unanimité à la suite d'un long débat.

Plus tard, le Conseil général, saisi d'une demande de M. Noblemaire, directeur de l'exploitation des chemins de fer algériens, tendant h obtenir en communication les études faites par le service de la Voirie départementale , pour la construction de ce chemin de fer, décida, dans sa séance du 21 avril 1873, sur la proposition de M, de St-Maur, que les études ne pourraient être mises k la disposition de la compagnie P. L. M. qu'après avoir demandé et obtenu l'assentiment de M. Seignette.

Une commission composée de MM. Pomel, président , Bastide rapporteur, Cousinard, Fleury et Pelliat , memlu-es , fut alors nommée par le Conseil général pour étudier les modifications apportées par M. Seignette t\ ses premières propo.^itions, et après un examen des plus sérieux, elle fut d'avis d'accorder h cet entrepreneur la concession du chemin do fer du Tlélat à Bel- Abbès, en portant l'évaluation du coût de la ligne à 7 millions de francs, et la garantie^ d'intcn-èt à 6 0/0, sans toutefois qu'elle ])uisse dépa.sser 100,000 francs.

A la suite d'une très-long-ue discussion, l'Assemblée départementale adopta, dans sa séance du 22 avril 187i-, j)ar K) voix contre (), les conclusions de ce rapport, accordant ainsi la concession définitive de cette entreprise à Me.ssieurs Seignette et Compagnie.

De son côté, le Conseil municipal de Bel-Abbès, mù par un sentiment (|ue tout le monde comprendra, délég-ua auprès du Gouverneur général MM. Bastide, l^)ubière, et Moulav-Ali- Ould-Kasnadar, dont les démarches multiples et les résultats obtenus firent l'objet d'un compte-rendu qu(> retrace \c proivsverbal de la séance du 27 juin 1 87 i.

QueLpie tem})s après, sur la demand^> de M. Seignette, le Maire fit établir des tableaux rt^lcvaut le trafic entre Oran. Bel-

Abbès et Magenta , qui furent déclarés dignes de crédit par le Conseil municipal et adressés au Gouverneur général.

Bien que le procédé eni})loYé en cette circonstance différât de celui qu'avait utilisé la commission nommée parle Conseil général, les résultats constatés dans les deux cas furent sensiblement les mêmes.

Enfin le décret d'utilité publique fut rendu, en Conseil d'Etat, le 30 novembre 1 874, et les premiers travaux de la ligne purent être commencés dans les premiers jours du mois de mars 1875.

Le point de départ du tracé est situé sur l'axe du bâtiment des vo3'ageurs de la gare de Sainte-Barbe-du-Tlélat.

Ce tracé passe à droite du marabout de Sidi~Bel-Klireir , et suit presque parallMement, sur o kilomètres, la route d'Oran qu'il traverse au kilomètre 9, })our rester entre elle et le barrage du Tlélat, longer la rive gauche de la rivière de ce nom et arriver au col de l'Oued-Imbert , en passant derrière les Lauriers- Roses et les Ouled-Ali.

En quittant le col, le tracé reste à ganclie de la route d'Oran pendant près de i- kilomètres, puis il la traverse un peu après le kilomètre 28, pour se diriger ensuite sur Bel-Abbès, en passant devant les Trembles, Sidi-Braliim et le Rocher.

La longueur du tracé qui vient d'être décrit est de 32 kilomètres, en nombre rond.

Les altitudes des points principaux sont les suivantes : origine, niveau de la voie à Sainte-Barbe-du-Tlélat, 1 38 mètres 8 cent. ; point intermédiaire, col de l'Oued-Imbert, 500 mètres 67 cent. ; arrivée, niveau de la voie à Bel-Abbès, 482 mètres 67 cent.

Le taux maximun des pentes et des rampes est de dix-huit millimètres par mètre (0,018).

La longueur totale des pentes et des rampes est de 45,240 mètres, celle des paliers de 6,760 mètres ; la longueur des pentes et rampes représente donc 87 0/0 de la long-ueur du tracé, tandis que celle des paliers n'est que de 13 0/0.

La long'ueur totale des alignements droits est de 30,400 mètres, celle des alignements courbes de 21 ,501 mètres; la Ion-

gueiir des parties droites représente ainsi o9 0/0 de la longueur du tracé, et celle des parties courbes il 0 0.

Le nombre des ouvrages d'art destinés à assurer l'écoulement des eaux pluviales et le maintien des communications s'élève à 9 1 , ce qui donne pour le nombre d'ouvrages d'art par kilomètre : 1\=\,1'6.

Le cube total des terrassements pour l'établissement de cette ligne s'est élevé à 700,000 mètres, et le volume du ballast à 1:20,000 mètres cubes environ.

L'ouverture d'une enrpiôte sur les emplacements des gares et des stations à établir sur ce chemin ayant été prescrite par arrêté préfectoral du 2() mai l87o, les propositions présentées par la compagnie furent examinées puis discutées par la population entière de Bel-Abbès, avec tout l'intérêt que méritent les grandes questions dont dépend souvent l'avenir d'un pays, et les avis suivants, concernant la gare du chef-lieu, furent successivement mis en présence :

I ' Projet du marché arabe présenté par la compagnie ellemême ; 2" projet ayant en vue l'extrémité du pont d'Oran et la proximité de la route du même nom, jusqu'à la hauteur du moulin Bleuze, soutenu par la municijialité ; 3 ' enfin , proposition faite par nous d'installer la gare et ses dépendances sur m\ terrain ajjpartenant :i l'Etat, et qui s'étend de la porte de Mascara jusques et y compris le village nègre.

Mais la commission d'enquête, nommée par arrêté du Préfet en date du 2o juin 187o, adopta, dans ses séances des 21 et 22 juillet de la même année, le projet de la compagnie, avec les modifications indiquées au plan portant la date du 20 juillet 1875, sous la condition que celle-ci ferait adoucir, autant que pos.'^ible et à ses frais, la rampe de la route du Tessalah qui conduit à la gare, et que deux issues seraient ouvertes pour donner accès à la fois sur les pjrtes d'Oran et de 'l'iemcen.

l''n même temps, la commission émit un avis favorable à l'établissement d'une gare aux Trembles, entre l'oued Traar et l'oued Sarno, ainsi qu'à la construction de l'arrêt de l'Oued-Imbert, entre les kilomètres 27 et 27,3 du plan de la compagnie,

au maintien d'une voie d'évitement au col des Ouled-Ali, et à quelques autres modifications de moindre importance.

Le nombre des g-ares de la lig-ne est par suite de sept, savoir : le Tlélat, Saint -Lucien, les Lauriers -Roses , l'Oued-Imbert, les Trembles, Sidi-Brabim et Bel-Abbès.

Un arrêt au Rocher et un autre aux Ouled-Ali ne tarderont pas à être accordés pour répondre aux sollicitations des populations de ces contrées.

Le matériel roulant se compose de six locomotives, G voitures mixtes de 1 ■'''■ et de 2'' classe, 1 0 de 3'^ classe et 2 à impériale pour voyageurs, G fourg-ons à bag-ag-es, 40 wagons couverts, 70 wagons-tombereaux, 100 wagons plats.

Le I" mai 1877, lïnauguration de cette ligne fut faite avec solennité, en présence du Gouverneur général lui-même , de l'évêque d'Oran, du Préfet, du Général commandant la Division, du Vice-Président du Conseil général, ainsi que d'un grand nombre de représentants des populations , de fonctionnaires , et au milieu d'une afïluence considérable de personnes venues pour témoigner de leur confiance dans l'avenir de cette entreprise.

Dès le 3 mai, la ligne fut ouverte au service des marchandises à petite vitesse, et le service des voyageurs et des marchandises à grande vitesse commença le 1 0 juin de la même année, donnant successivement les importants résultats que nous résumons dans le tableau suivant :

Grande et petite vitesse

Chiffre de Voyageurs

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