‹ Bel-Abbès et son arrondissement; histoire, divisions administratives, travaux publics, services publics, statistique, topographie, agriculture, commerce et industrie depuis leur création jusqu'a nos jours. Avec cartes, plans, tableaux synoptiques et chronologiquesChapitre 54 sur 82 · I-ACRETELI.E · texte numérisé non relu

I-ACRETELI.E

Ti octobre I8(;,".

TlIANZY

7 janvier 18(17 2 avril 1870

Coi'SI.N.

Feiliet-Pilatrie . . .

Colonel du i)'2* de Ligne.

27 août l«7(i

1 r.AlUIOLET

31 octobre 1870

ItlItMK

Lieuienant-Colonel.

8 décembre 1870

Hk Mali.aret

Colonel du Bcs;imenl étranger.

7 juin 1871

1 l'El.CIN NORTIIIIMBERI.A.ND .

Colonel du 2* Chasseurs d'Afrique.

ôl juillet 1H7I

Voici maintenant les noms des chefs du génie de Bel-Abbès : MM, Prudon , chef de bataillon (18i7), Jahan , capitaine (1854), Lambert, id. (1855), Gillon, id. par intérim (1856), Bre.ssonnet, id, (1857), Gillon, id.flSOO). Rieutort. chef de bataillon (1802), Meyère, capitaine {18G3), Lallement. id. 1864), Guinaudau, id. (l"8()7), Peyrot, id. (1869), Belfort, chef de bataillon (1871). Guérin, id. (1876), Lebourg, capitaine, (1879;.

Gendarmerie

Les brig-ades de gendarmerie installées à Bel-x\bbès font partie de la ï^ compagnie de gendarmerie de la 31^ légion ayant nn chef d'escadron à la résidence d'Oran ; elles relevaient, dans le passé, de Tlemcen jusqu'au 23 juillet 1878 où fut formé ici même \m arrondissement commandé par le lieutenant Veyfour, et qui comprend les six brigades de Bel-Abbès, du Tlélat, des Ouled x\li, de Ben-Youb et de Mercier-Lacombe, dont deux se trouvent au chef-lieu depuis le 27 décembre I8o0 (I ).

Le local affecté aux brigades de Bel-Abbès est la propriété du département, auquel le sol a été concédé par décret du 18 o .•tobre 1877 ; le casernement est préparé aujourd'hui pour recevoir une troisième brigade demandée par le Conseil général dans sa session du mois d'octobre 1880, et dont la création devient chaque jour plus nécessaire, par suite de l'accroissement incessant de la population et de la plus grande surveillance exigée à la suite de l'ouverture du chemin de fer de l'Ouest- Algérien.

La brigade de Mercier-Lacombe est placée dans un immeuble construit sur un type nouveau et bastionné de manière à permettre à la population de s'y réfugier et de s'y défendre au besoin. Un décret du 9 août 1877 concède au département le lot sur lequel est bâti cet établissement.

Celle de Ben-Youb, au contraire, occupe un local que le département détient à titre de locataire .

D'autres centres, comme le Tessalah, les Trembles, la Tenira, Lamtar et Aïn-el-Hadjar, sont signalés comme devant être utilement occupés par de nouvelles brigades. *

fl) Il existe depuis peu une"' biib'Jilc insullee dans une partie de la Smala du Telagli.

-- 3Uû —

Tll

Historique de la Légion étrangère

Il nous paraît impossible d'écrire l'histoire de Bel-Abbès sans parler d'un régiment qui aie plus contribué à sa prospérité depuis sa création jusqu'à nos jours, le souvenir de notre passé étant, selon nous, inséparable de celui de nos plus dévoués collaborateurs.

Nous ne prétendons pas retracer toutes les pag-es importantes de l'histoire de cette légion ; il faudrait des volumes pour remplir cette tâche, et pour décrire le passé des peuples au secours desquels elle a été ou de ceux qu'elle a combattus.

Mais nous avons le devoir de rappeler qu'en dehors des actions d'éclat auxquelles elle a pris part, elle n'a cessé, chaque fois que la paix le lui permettait, de concourir de la façon la plus digne d'éloges à l'œuvre de colonisation entrepri.se par la France dans le Nord de l'Afrique.

Pour ne citer que les points les plus rapprochés de nous, ne somme.s-nous pas en droit de dire que les territoires suivants n'oublieront jamais ce qu'ils lui doivent : la subdivision de Mostaganem, celle de Tlemcen, Aïn-Temouchen, l'Habra, la subdivision de Mascara et plus particulièrement l'Oued-Traria, Saïda, Dra-El-Remel, Frendah, Sidi-Mustapha, Mou-el-Guétouta, Aïn-Kebira, Foug-Aloud, l'Oued-Fergoub. Sfisifa, Ternifine, celle de Bel-Abbès et spécialement Sidi-Khaled, Tenira, Ben-Youb, Bou-Kanéfis, l'Oued-Imbert, Ouled-Ali, la Maison blanche, Daya, la Mare, le Tessalah au gué du Juif, à Aïn- Sofra, à l'établissement des frères, à la ferme Marini?

Chacun de ces centres se souvient d'avoir vu ces légionnaires employés aux divers travaux de routes, d'assainissement, de puits artésiens, d'organisation de villages, d'installation de lignes télégraphiques, assurant la sécurité du pays, et supportant avec courage la maladie qui faisait parmi eux de nombreuses

victimes (I). A Bel-Abbès, les soldats du 1" régiment de la Légion étrangère furent de sérieux auxiliaires pour le capitaine Prudon, en lui fournissant tous les ouvriers d'art dont il avait besoin pour les constructions publiques, les maisons particulières bâties pour les officiers mariés, les casernes, et les manœuvres nécessaires aux défrichements et aux plantations.

Ces diverses circonstances leur ont fourni l'occasion d'offrir des preuves d'abnégation que nous estimons et que nous plaçons à côté des marques de courag'e qu'ils ont données sur les champs de bataille et qui leur ont valu une réputation européenne.

Puissent ces quelques lignes être pour ce régiment un véritable témoignage de la sympathie et de la reconnaissance de toute cette colonie qui ne saurait oublier les liens créés par une vie commune de travaux, d'énergie, de souffrance et d'affection à la mère-patrie.

La Légion étrang-ère fut organisée eu 1831 par ordonnance royale du 1 0 mars, s'appuyant sur la loi du 9 mars de la même année, avec des éléments très-hétérogènes au point de vue des nationalités, comme à celui des catégories militaires si variées d'où sortirent les premiers sujets.

En 1831 et 1832 les sept bataillons étaient répartis dans les différentes provinces delà colonie.

Mais d'après une convention signée le 28 juin 1835, la Légion fut cédée à l'Espag-ne, et bien que l'impression produite par cette nouvelle fut des plus pénibles, le corps consentit à marcher par devoir et par dévouement à la France, jusqu'au moment où il fut licencié par ordonnance royale du 8 décembre 1838.

Les débris de la Légion étrangère rentrèrent en France le 7 janvier 1830 et servirent à organiser un nouveau corps comprenant d'abord un bataillon, puis successivement un et deux régiments.

Le dépôt du l*"" régiment fat interné à Bel-Abbès en 1852 ;

fl) Aux travaux d'irrifration et d'assainissoniPiit do Tllalira, le rapitaiiip Aiidibcrt moiinit avec de nombreux soldais en aont ISr)(i. A Hen-Vonl), denx tiers de la conipapnie oeeujice aux lravai.:x du même genre inonriirent en aofit ISâS par suite de l'éinanation des niiasuies.

quant au 2* régiment étranger, créé en vertu du décret du 16 avril 1856, son organisation se fit à Bel-Abbès le 9 août de la même année avec les deux régiments rentrés de Crimée, à la dissolution desquels avait présidé le général Cousin Montauban.

Au commencement de la campagne d'Italie, ce régiment est reconstitué à i bataillons de six compagnies, et le 4*" formant le dépôt est placé à Nîmes avec la compagnie hors rang-.

Le 4 décembre 1 86 1 , un décret licencie le 1 " régiment et décide que le 2® prendra la dénomination de Régiment étranger. Un an plus tard, la Légion étrangère se préparant à faire l'expédition du Mexique, im ordre du général commandant la division du 23 janvier 1863 complète le régiment de marche à deux bataillons de 7 compagnies.

En outre, une compagnie franche, créée en octobre 1863, est montée à mulets au mois de février 1 866 et licenciée à Cordova le 21 janvier 1867. Disons de suite qu'elle eut une action tantôt commune avec celle des autres bataillons , tantôt isolée, faisant tous ses efforts pour assurer les courriers, aider les colonnes mobiles et faciliter le passage des troupes. Mais ses hommes opéraient surtout en partisans à quelques lieues de la colonne, sur les flancs, en avant ou en arrière, détruisant à jamais les embuscades des guérilleros qui avaient fait tant de mal au début.

Le 21 novembre 1863, une décision ministérielle réunit le régiment tout entier au j^Iexique, le dépôt et les magasins devant être transférés à Puebla, centre où se tiendra désormais l'état-major du régiment destiné à former une légion, organisée provisoirement à six bataillons, pour occuper le pays pendant dix ans.

Dès le mois de février 186i-, cette décision reçoit un commencement d'exécution par l'arrivée d'une partie du dépôt et les 4*, 5^ et 6" bataillons sont successivement formés parles décretsdu 30 avril 1 86 i-, .') avril 1 86.") et 8 juillet de la même année.

Le 26 novembre 1866, le général Jeanningros forme à Queretaro, indépendamment des six bataillons complets d'in-

fanterie et de deux autres créés seulement sur le papier pour régulariser la position des éléments français, une compagnie du génie, deux batteries d'artillerie, deux escadrons de cavalerie, une compagnie du train des équipages de la Légion étrangère, qui doit rester au Mexique après le départ de l'armée française ; l'escadron créé précédemment prend le titre de premier, un deuxième étant alors constitué avec des hommes du régiment.

En dépit de cette transformation qui semblait faite pour un avenir de longue durée, ces deux escadrons, après avoir été en coursas continuelles, utilisés par les colonnes mobiles, employés à faire des opérations de partisans sur les lignes de communication entre les postes occupés par l'infanterie, furent licenciés à la Soledad le 26 janvier 1 807 , et le régiment rentrait en Algérie à la fin du mois de mars et dans le courant d'avril , pour être dirigé en entier sur Mascara , à l'exception du "f et du Cf bataillon , qui arrivaient à Bel-Abbès, le 4 avril 1 867 .

A cette dernière date , un décret prescrivit le licenciement des corps spéciaux formés au Mexique et la réduction du régiment étranger h 4 bataillons d'infanterie ; de plus , l'effectif, trop considérable, fut ramené au chiffre de 3,000 hommes par dépêche ministérielle du 31 août 1867.

Pour compléter ces modifications , un décret du 1 5 février 1 868 supprima les compagnies d'élite et créa, dans chaque compagnie, des soldats de première classe.

Mais bientôt la guerre qui éclata entre la France et la Prusse donna lieu, le 22 août 1870, à la création, à Tours, d'un 5* bataillon qui devait être dirigé sur Reims , comprendre 6 compagnies qui furent portées à 8 par décision du Ministre, du 7 septembre , et recevoir les Etrangers engagés pour la durée de la guerre.

Les événements malheureux qui survinrent l'ayant empêché de rejoindre Reims , ce bataillon fut formé à Tours , tandis qu'une décision du Ministre de la guerre, du 1 8 septembre 1 870, appelait en France deux bataillons du régiment étranger, portés à 1 ,000 hommes chacun , en écartant les soldats de nationalité allemande.

Lorsque ce 5^ bataillon dut rejoindre ceux qui venaient d'Afrique , le Ministre de la guerre décida que tous les retardataires dont l'instruction n'était pas suflBsante pour se présenter devant l'ennemi , formeraient un détachement spécial qui , dirigé sur Brest , devint le noyau de formation d'une nouvelle force destinée à la défense des lignes de Bretagne, qui fut utilisée sous les généraux Kératry et Gougeard. Parti le 7 novembre, ce détachement coucha à Reims, atteignit le camp le 8 et fut dirigé sur Vendôme le 4 décembre pour opérer sa jonction avec l'armée du général Chanzy.

A partir de ce moment , il suivit avec courage et dévouement la i® division du 21* corps dans sa longue série de fatigues et de souffrances, jusqu'au moment où il revint à Reims, le 16 mars, et fut licencié le 18.

Quoi qu'il en soit, le régiment, en France, fut composé en grande partie, depuis le mois de décembre, de soldats français de la classe de 1870.

Le 21 décembre, le Commissaire extraordinaire de la Défense nationale ordonna la formation d'un 6** bataillon , qui fut armé et équipé à Saint-Omer où il s'instruisait lorsque le surprit la nouvelle de la paix. Expédié en Algérie, il arriva à Mascara le 1 0 mai et fut licencié, par ordre du Ministre, le 1 4 du même mois.

Revenant aux trois autres bataillons du régiment étranger, dont nous avons précédemment parlé , un ordre parvint , le 8 mars 1871 , de renvoyer dans leurs fo^'ers les hommes incorporés en vertu de la loi du 1 0 août 1 870 et les engagés volontaires pour la durée de la guerre. En conséquence, 157 libérés partirent le 17 mars, jour où fut également licenciée la compagnie irlandaise, et, le 19, 258 hommes, libérés sur l'honneur, furent désarmés.

L'ordre de départ fut enfin donné le 10 juin 1871 , et le 22 du même mois, ces troLs bataillons arrivaient à Mascara.

En décembre 1871 , le 5* bataillon fut licencié, et le 1" août 1872, un ordre ministériel ayant prescrit de licencier les 7* et 8" compagnies, le régiment étranger eut ses cadres formés comme ceux des régiments de France.

La loi du 13 mars 1875 a rendu à ce corps son ancien nom de Légion étrangère , et le drapeau qui lui a été remis en juillet 1 880 porte comme inscription : Sébastopol , 1 855 ; Kabylie , 1 857 ; Magenta , 1 859 ; Camérone , 1 863.

Après avoir passé rapidement en revue les transformations successives de la Légion, disons maintenant un mot des événements militaires auxquels elle a pris part.

De 1 83 1 à 1 835, ce corps fut constamment aux avant-postes, et ne cessa , eu dehors de ses prises d'armes nombreuses , d'être employé aux travaux concernant les routes, les camps, les créations de centres, le dessèchement et l'assainissement du pays, lès fortifications et le casernement.

Son séjour en Algérie fut marqué par des actes pleins de dévouement , une conduite très-honorable , la participation aux expéditions de cette époque, toutes actions qui lui valurent, à de nombreuses reprises , des ordres du jour très-flatteurs pour son amour-propre.

A partir du jour de son débarquement en Espagne, la Légion fut sans cesse aux premiers rangs dans la lutte , et l'on ne saurait analyser les services qu'elle rendit à la cause constitutionnelle jusqu'au moment où elle fut licenciée, après avoir passé par des tribulations de toutes sortes, des privations et des soufirancès continuelles , sans que le bon esprit qui animait le corps entier se soit jamais démenti.

Les années qui suivent sout pour ce corps autant d'étapes glorieuses qui permettent d'inscrire sur son drapeau une série de noms formant un héritage d'honneur : Constantime ( 1837 ) , Mostaganem (1839) , Mouzaïa (18iO) , Coléah (1841) , Djijelli (1842), Zaatcha (1849), Aima (1854), Sébastopol (1855).

Cette époque est aussi pour lui l'occasion de prêter un appui sérieux à la colonisation, et Bel-Abbès en particulier lui doit un concours qui s'applique à toutes ses transformations du début . Il nous suffira de citer ici les routes, les travaux publics, l'assainissement du pays, la création, sur un marais, d'une ferme militaire, devenue, sous l'habile direction du capitaine Doze, une précieuse pépinière et un fort beau jardin public.

En I806, ce régiment prit part à l'expédition de Kabylie, et, en 18o7, à celle de la grande Kabylie, où il conquit de nouveaux titres de gloire, sous les ordres de Bourkiki, notamment à Iclieriden, tout en se distinguant aux travaux des routes entreprises dans cette contrée. Tous les anciens habitants de Bel- Abbès se rappellent encore l'ovation , suivie d'illuminations , le soir , qui fut faite à la Légion à son retour , le 29 juillet , et la réception enthousiaste du 10 août I8.')7 , jour de l'arrivée du drapeau remis au régiment le 1 o du même mois , ainsi que le bal magnifique donné à la ville par le colonel , avec les splendides illuminations du jardin pubUc.

En I80I), la Légion fait partie de la 2*' brigade, 2® division du 2® corps de l'armée d'Italie , sous le commandement du général de Mac-^Iahon : elle a sa part glorieuse dans cette campagne , et après avoir laissé plus d'un dixième de son effectif sur les champs de bataille , au nombre duquel compte le regretté colonel Chabrière , elle peut inscrire deux nouveaux noms sur son drapeau : Magenta et Solférino.

Son retour à Oran , puis à Bel-Abbès, s'effectue les 2i- et 29 août au milieu des réjouissances publiques : ovation , arcs de triomphe, et le soir punch.

A peine arrivés , deux bataillons partent , le 3 septembre , pour la frontière du Maroc où ils montrent, devant une terrible épidémie de choléra qui leur fait beaucoup de victimes, le même courage et la même énergie qu'ils opposent à l'ennemi.

Cependant, pour donner suite à une pétition par laquelle tout le corps d'officiers sollicitait la faveur de faire partie de l'expédition du Mexique, la concentration des détachements s'effectue dès le connnencemont de I8G3, le régiment s'embarque le 9 février et défile dans les rues de \'era-Cruz le 28 mars suivant.

Nous pouvons marcher avec lui , grâce à l'ordre général du 31 janvier 1^07, dans lequel le maréchal commandant en chef reconnaît a que les nombreux bataillons qui ont composé ce régiment lui font tenir une grande place dans l'histoire de cette campagne, et qu'ils y ont écrit une longue et glorieuse page.

où se liront toujours, à côté des nombreux faits d'armes qui s'y accumulent , toutes les grandes et belles vertus militaires ».

Au début, la Légion étrangère eut à garder nos communications en terres chaudes, et pendant une année le régiment y usa ses hommes, sans amoindrir leur énergie, dans les fatigues, les privations, la mort obscure à la suite du vomito, du typhus et des fièvres, tout en combattant à Jamapa (20 avril 1863), à Camérone (30 avril) où 62 hommes eurent à soutenir , en perdant les deux tiers des leurs et en brûlant leur dernière cartouche, contre l ,700 hommes, une lutte qui, suivant l'ordre général , restera dans nos annales comme un des plus brillants épisodes de la campagne.

En 1864, le régiment étranger faisait cette longue et pénible expédition delà Mistèque (juillet , août, septembre), occupait Yanhuitlan (septembre), et battait les bandes de Guerrero à Sicalocoyapan (l^' novembre).

Citons encore, en particulier, l'escorte très-pénible du convoi d'artillerie de Oajaca (janvier 1 865), le siège et la prise de cette ville (9 février), la colonne de Villa- Alta (février), celle de Téotitlan (mars).

A partir de ce moment, le régiment étranger commence son mouvement vers le nord où il prend la plus grande part à toutes les actions militaires : opérations à l'Angostura (mai et juin 1865), succès de Yerba-Buena (8 juin), expédition de la Laguna (septembre), expédition de Monclava (novembre), affaires de Monterey (25 novembre), combat de Rio-Blanco (8 décembre), expédition de Victoria (octobre , novembre et décembre).

Pendant ce temps, un bataillon occupait Matamoros, et était presque entièrement détruit par les maladies provenant du climat des terres chaudes.

En 1 866 , nous relevons : le beau fait d'armes d'El-Chamal (11 janvier), le combat de Pesqueria-Grande (23 janvier), la défaite glorieuse à Isabel (l*"'" mars) , la défense de Parras (mars) , le combat de Santiago (2 mars) , la résistance vigoureuse de Matchuela (mars), l'expédition de Charco-Escondido (mars-avril), celle de Linarès (mai), l'expédition faite jusqu'à l'extrémité nord-

est du Mexique, les affaires de Ramos (1 1 juin], deSan-Vicente, 3 jours après, et de Catorce (29 juin), la défense de la Incarnacion (1 3 juillet), la surprise de Huichapan ( 1 4 octobre), le combat de Monte-Alto (1 1 et 12 décembre], enfin la colonne mobile de San-Luis (novembre et décembre).

Pendant quatre années , le régiment avait été en lutte aux épidémies, aux privations de toutes sortes, le plus souvent soumis à des marches forcées (I), et contraint de soutenir des combats de tous les jours , laissant sur cette terre de nombreux morts et y récoltant de la gloire.

Le moment était bien choisi de lui appliquer de nouveau les paroles suivantes que le général Deligny lui avait fait entendre au moment de son départ pour le Mexique : « Le 2* étranger est le seul régiment qui reste debout de toutes nos vieilles légions étrangères ; sou drapeau n'a pas les plis assez amples })our contenir ses titres de noblesse, car il a figuré avec éclat dans toutes les batailles et les actions de guerre auxquelles ont pu assister les hommes de notre époque. Ce drapeau n'est pas seulement un glorieux emblème, il a aussi une signification particulière, c'est le symbole de l'asile et de Thospitalité, c'est comme une grande synthèse des idées g'énéreuses que la France s'est donnée la mission de propag'er dans le monde » .

A peine rentrée en Algérie, en I8G7, une partie du régiment prenait part à rexpédition qui ne s'arrêta que sous les murs de Figuig.

Dans les premiers mois de 1869, le régiment fit partie des expéditions du Sud, et participa, en septembre suivant, aux opérations dune colonne d'observation sur la route de Saïda à Khadra.

Enfin, se trouvant compris dans une colonne d'observation de la nième éi)oque, il ne lui fut ]ias permis de prendre part à l'expédition de rOued-Guir, dirigée j)ar le général de ^^'impfen.

Deux bataillons, appelés à la défense du territoire fraurais, le

(1) En août I8(ir>, la colonne llavrie avait parcouru en 15 jours, dont 2 consacres a des séjours, 11(1 lieues en pleines terrrs cli.iudes et dans la plus mauvaise saison de l'auuec, loui eu elaiit un courses continuelles depuis deux ans. Or ce Tait n'est pas isole.

— :Jli —

8 octobre 1870, débcirquèreiit à Toulon le 1 1 , furent rejoints le 15 par le 5'^ bataillon formé à Tours;, et placés dans le lo^ corps, 2 division.

Les principaux événements auxcjuels ils assistèrent sont les suivants: attaque de Bacon et de Coulniiers (9 novembre), entrée à Orléans (1 1 novembre), retraite d'Orléans (3 décembre), Cercottes, affaire des abords de la grille du faubourg* Bannier, évacuation rapide d'Orléans fi décembre) , cantonnements à Puits-Berteau (du 2G décembre au o janvier 187 Ij, envoi à l'armée de l'Est (6 janvier), arrivée à Dijon (8 janvier), plateau Sainte-Suzanne (10 janvier), Mont-Clievis (16 janvier), Busy (23 janvier), séjour à Pug-ey depuis le 28 janvier. C'est là que le 30 ils apprirent l'armistice, et le 2 mars les ratifications des bases du traité de paix.

Pendant cette malheureuse campagne, et bien (pie le succès ne suivit pas toujours ses armes, ce corps de troupes n'en a pas moins continué à donner l'exemple du courage, du dévouement et de la discipline, se faisant remarquer dans la retraite d'Orléans par son énergie et son sang-froid, en défendant le terrain pied-à-pied. Sa tenue, dans l'Est, pendant qu'il bivouaquait par un froid très- vif, souvent sans feu, quelquefois sans vivres, lui fît aussi le plus grand honneur.

Du 29 mars 1 87 1 juscju'au 28 mai, il ne cessa de prendre part à cette longue lutte de tous les moments entreprise pour rétablir, par de patriotiques efforts, la paix intérieure.

Durant ces huit malheureux mois, les bataillons restés en Algérie rendirent également des services en donnant l'exemple de l'abnégation, de la discipline, et e)i contribuant fortement à maintenir les Indigènes ; nous devons citer en particulier Mangourah (17 avril 187 1) , combat qui fit honneur au régiment et au reg'retté capitaine Kauffman.

Au mois de mai de la même année , un détachement formé des troupes licenciées du 0'' bataillon, et suivi, à quelques jours d'intervalle, par d'autres compagnies, fut envoyé à la hâte pour opérer en Kabylie ; nous retenons de cette expédition comme utiles h notre résnin*^ : le rnvitnilU^ment do Drn-e]-Miz;m

(o juin), les opérations de la colonne charg-ée de pacifier le pays qui borde l'oued Sahel et de ramener les Kabyles insoumis (8 juin au 2ï juillet).

Dès le lendemain, cette partie de la Lég-ion se rendit à Milianah , fut comprise dans ime colonne destinée à opérer chez les Beni-Menasser h l'avoir de laquelle nous citerons : Aïn-Anseur (o août), et qui opéra jusqu'au 5 septembre, pour rentrer à Mascara le 10 (lu même mois.

A la fin de 1871 , le rég-iment étrangrer tut encore utilisé dans les colonnes du .Sud, et, au commencement de 1872, dans une colonne mobile de Saïda, en observation au camp de Sfid.

Fière de son passé et de ses souvenirs militaires, la Lég-ion étrang-ère continuera à suivre les mêmes sillons de bravoure et les traditions d'honneur qui rappellent qu'en Afrique, en Espag-ne, en Crimée, en Italie, au Mexique et en France, ses soldats courageux , conduits par des officiers pleins d'entrain et imbus des meilleures connaissances militaires , ont acquis une belle et juste réputation.

2« Régiment de Spahis

Les spahis sont également liés d'une façon intime à la fortune de Bel-Abbès , ayant toujours fait partie des troupes qui ont occupé ce pays depuis le début.

Dès l'année 1 850, un escadron de s-pahis était en smala à Muley-Abd-el-Kader; plus tard ce fut le tour de Bou-Kanéfis et enfin du Télagh. C'est donc pour nous un devoir de rappeltT sommairement leur passé, en ])arlaiit du 2*' rég-iinont, en ce moment en garnison dans notre ville.

Une ordonnance royale du 12 août 1836 créa, dans la province d'Oran, un corps do cavalerie indigène de i escadrons, .•^ous la dénomination de .><jxihi< réguliers d'Oran.

Le 7 décembre 1841, une nouvelle ordonnance leur donna le nom de cavalerie indigène et le corps fut porté à 6 escadrons, pour recevoir enfin la dénomination de 2* régiment de spahis par ordonnance du 21 juillet 1845.

Les différentes garnisons du 2^ régiment de spahis ont été les suivantes: Oran (1843), Misserghin (1848), Mascara (1831), Oran (septembre 1869), Tlemcen (octobre 1872), Bel-Abbès (avril 1874).

Citons encore comme smalas supprimées : Ouizert et le Télagh, et comme smalas actuelles : Bled-Chabaâ,Sidi-Medjahed, Aïn-Kerma .

Depuis leur formation, les spahis de la province d'Oran n'ont cessé, en quelque sorte, de se trouver en face de l'ennemi. Dans le Sud de notre colonie africaine, en Syrie, en 1870 pendant la campagne de France, en 1871 en Kabylie, notre cavalerie indigène s'est toujours signalée par des actions d'éclat et par des actes non moins remarquables de courage individuel, dont la nomenclature suivante peut donner une idée : ravitaillement de Tlemcen de 185G à 1840 ;combat de Telmsameth, dans la province d'Oran, en 1840, où 861 hommes ont lutté avec avantage pendant 7 heures contre 8,000 cavaliers arabes ; grande razzia de 1841 sur les Oulad-Kralfat à laquelle prirent part deux escadrons ; combat de Thagremeret, dans la province d'Oran, en 1841, où se distinguent le lieutenant-colonel commandant le régiment, plusieurs ojfficiers et soldats ; combat contre les Sbea, sur la rive gauche du Chélif , en 1842 ; combat de Z'oa , sur l'Aïn-Terrid , contre les cavaliers d' Abd-el-Kader en 1 842 ; razzias contre les Cheurfa des Flittas, en 1842 ; prise du camp d' Abd-el-Kader, à Assian ; Tirsine, où deux escadrons se couvrirent de gloire , en 1843 ; combat de Melah, dans la province d'Oran, où Sidi-Embarech fut tué et le drapeau de l'Emir enlevé, en 1843 ; bataille d'Isly, en 1844 ; dans son rapport, le maréchal Bugeaud signale au Ministre de la guerre de nombreux faits d'armes accomplis par les spahis dans cette battiille ; combat des Chotts, en 1844; combat de Terni, près de Tlemcen , en 1846 ; fondation de Géry ville, prise de Laghouat.

en l«oO; part prise à la canipag-ne de Crimée depuis ISoi: expédition de Syrie, dont un escadron fait partie, en 18()0- 1861 ; expédition de Chine , en 1860-1861 ; combat d'Aïonnets- >)0u-Beker, près de Géryville, oii le camp du colonel Beauprêtre fut surpris, en 186'j.; combat de Stitten , en 186i; combat de l'oued Guir, en 1870 ; campagne de France , dont un escadron fit partie : les spahis se distinguèrent notamment dans les engagements de Varennes, en 1870, et de Coulée, en 1871 ; combat de Mangoura , en 1 87 1 .

Les noms de Sidi-Yahia, Isly, les Chotts et Berezina sont inscrits sur son étendard.

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