CHAPITRE PREMIER
Limites. — Aspect général de la contrée. — Plaines. — Orographie. — Altitudes. — Hydrographie.
Limitefi. — Comme il s ag-it ici d'une division administrative dont les limites peuvent être modifiées îi différentes repri.ses, nous nous bornerons à indiquer les territoires limitrophes, sans nous arrêter aux .réparations naturelles (pie nous aurions certainement fait connaître, si nous avions eu devant nous un pays destiné à rester le même ptnidant longtemps.
Larrondissement de Bel-Abbès est limité : au nord par la petite chaîne du Tessalah cpii le sépare de rarrondi.<<.sement d'Oraii ; à l'est i)ar l'arrondissement de Ma.«^ara , au moyen d'une liu'ue assez, capricieuse partant de l'oued Melrir et se prolongeant vers l'ouest ])0ur occujjcr les crêtes du djebel Ciuetarnia, qui sépare les bas.sins hydrog-raphicpies de Toued El- Hammain et de la Afelverra : au sud par la commune mixte de Daya ; à l'ouest par l'arrondissement de Tlemcen.
Quant à l'ancienne sululivision de IVl-Abbès, (pii comprenait en plus le cercle de Daya, ses limites étaient les mêmes que
celles de notre arrondissement, en prolongeant celles de l'est et de l'ouest jusqu'à la rencontre de la limite sud qui s appuyait sur le hord septentrional du Chott-eî-Chergui (I).
Les limites de l'arrondissement qui viennent d'être indiquées forment une sorte de trapèze, dont deux côtés sont à peu près parallèles au méridien d'Oran qui traverse cette contrée du nord au sud.
Comme position géographique , l'arrondissement de Bel- Abbés se trouve compris entre les méridiens 2 ' 30' et 3" 15' ouest, et entre les latitudes 34" 50' et 35" 30' nord, offrant une superficie dont le tiers environ peut être considéré comme susceptible de culture.
Le méridien 3 ' ouest, qui passe à quelques secondes de la ville d'Oran, occupe à peu près une semblable situation par rapport à la ville de Bel-Abbès qui se trouve par 35' 1 2' de latitude nord et 2" 58' de longitude ouest.
La parallèle qui trace la latitude de Bel-Abbès passe, en partant de l'est de cette ville pour revenir à l'ouest, en faisant le tour de l'hémisphère boréal, par ou très-près de Chellala, dans le Haut-Chélif, Zahrez-Chergui, El-Kantara, sur la route de Batna à Biskra, El-Hamma, chez les Beni-Oudjana, Elma-el- Abiod, non loin de la frontière de Tunis, Nicosie dans l'île de Chypre, Soughet dans l'empire chinois, Laurencebourg', aux Etats-Unis, Franklin dans les m'ontagnes bleues du même pays, Shelby, la pointe du cap Hatteras, Laroche sur la côte occidentale du Maroc, les îles Zafarines qui, dans la Méditerranée se trouvent placées au nord-ouest de la frontière de l'Algérie, du côté du Maroc.
Les points suivants sont à moins de 30' nord de cette ligne, en suivant la même direction ; en Algérie : Mercier-Lacombe, le Sig, Mascara, Tiaret, le Chott-el-Hodna, Batna, Tebessa; en Tunisie : Haouch, Tacha et Keirùan; Candie, dans l'île du même nom, l'île de Scarpento, au sud-ouest de l'île de Rhodes, Latakié
(1) Nous avons élcndii notre descri pi ion concernant la topograpliie à tout lu territoire (le l'ancienne subdivision militaire, en provision d'un rattarliemenl prociiain à l'arrondissement de Flel-Alibesde la commune mixte de Dava.
(Laodicée), sur la cote deSyri(3 ; en Perso: Téhéran, Ohéhéristan et Terchis; Tsi-Ning-, dans Tempire cliinois, San-Luis Ohispo, dans la Californie, Melilla, au Maroc, Rachg-oun, Aïn- Temouchen, le djebel Tessalah et Oran, en Algérie.
De môme les localités dont les noms suivent se trouvent à moins de 30' sud de cette parallèle: Saïda, Frenda, le Zharez Rarbi, Bou-Saàda et Biskra, en Alprérie ; Tortosa, sur la côte de Syrie; Haniali, dans la Syrie; Hamadan , en Perse; Bamian, dans l'Afghanistan ; Lingthao, Hoai-King et Khai-Foung, en Chine; Famada et Myako au Japon ; Saint-Inès, dans la Californie ; Portsmouth, aux Etats-Unis ; El-Kçar-el-Kebir et Badis au Maroc ; Nemours et Tlemcen, en Algérie.
Nous trouvons sous le même méridien que Bel-Abl)t's, ou très-près de lui, du nord au sud: en Angleterre: Woburn, Amersham ot Windsor ; en France : Tilly (Calvados). Mayenne (département du même nom). Saintes (Charente-Inférieure^, Monein (Basses-Pyrénées) ; en Espagne : MUamayor et Baùos de Arcos.
Ce méridien laisse à moins de lo' ouest, en Angleterre: l'île Fetlar des Shetland, Çrrantham , et Northampton ; en France : Bayeux (Calvados), Domfront (Orne), Laval (Mayenne), Chàteau-Gontier, (id.), Fontenay (Vendée), Blaye, (Gironde), Ortliez (Basses-Pyrénées) ; en Espagne : Sarag'osse, Liria, Elche; en Algérie: Oran, Ben-Youb.
Il laisse à moins de 10' est, en Angleterre: Lincoln, Guilford et Guodalming; en France : Caen (Calvados), Angers (Maine-et-Loire), Bressuire (Deux-Sèvres), Niort (id.), Bordeaux (Gironde), Mont-de-Marsan (Landes), Saint -Sever (id.) Pau (Bas.ses- Pyrénées), Oloron (id.); en Espagne : Valence et Alicante; Daya, en Algérie; Winebah, sur la côte de Guinée; enfin, Londres en est .seulement ;i 55* est.
Si l'on veut transformer une heure de Bel-Abbès eu l'heure correspondante de Paris, on n"a qu'il ajouter à cette heure la longitude (>\})rimée en temps; si, au contraire, connaissant 1 heure de Paris, on veut avoir celle de Bel-Abb(\-^ (pii y corr(spond. ou n'a qu'à retrancher de l'heure de Paris la Ion-
^•itiule do Bel-Al)bès, toujours exprimée en temps. Or. on sait ([Lie 300" équivalant à 2i heures, chaque heure vaut \"j", chaque minute de temps 15', chaque seconde de temps 15".
Nous indiquons d'ailleurs l'heure qu'il est au môme moment dans différentes villes pour permettre à nos lecteurs de voir aussitôt la différence qui existe sous ce rapport, entre le temps compté dans ces endroits et celui de Bel-Abbès.
Ainsi lorsqu'il est midi h Paris, il est 7 heures 13™ 13' du matin à Basse-Terre (Guadeloupe), 7 h. 46.22 du mathi à Fort-de-France (Martinique), 10 h. 41 à Gorée (Sénégambie),
10 h. 44.35 à Saint-Louis (Sénégal), 1 1 h. 47.25 à Fontenay,
11 h. 47.33 à Laval, il h. 47.51 à Bayeux, 11 h. 48.01 à Oran, 11 h. 48.05 à Saintes, 1 1 h. 48.08 à Bel-Abbès, 1 1 h. 48.11 à Mayenne, M h. 48.20 à Bordeaux, 11 h. 48.2G à Angers, 11 h. 48.39 à Mont-de-Marsan, Il h. 48.47 à Niort,
11 h. 49.09 à Pau, 1 1 h. 49.14 à Caen, 1 1 h. 51.01 à Mostaganem, 11 h. 52.01 à Poitiers, 11 h. 55.2 à Rouen, 11 h. r)G.30 à Toulouse, 1 1 h. 59.09 à Versailles, 1 2 h. 2.54 à Lille,
12 h. 2.57 à Alger, 12 h. G. 10 à Montpellier, 12 h. 8.3 à Nîmes, 12 h. 10.58 à Bougie, 12 h. 12.07 à Marseille, 12 h. 13.35 h Grenoble, 12 h. 15.22 à Metz, 12 h. 17.00 à Constantine, 12 h. 18.48 à Dijon, 12 h. 19.40 à Nice, 12 h. 2L40 à Strasbourg, 12 h. 21 .43 à Bône, 12 h. 25.37 à Ajaccio, 2 h. 51 .58 du soir à Mayotte (île Zaoudzi), 3 h. 10. 18 à Sainte- Marie (Madagascar), 3 h. 32.39 à Saint-Denis (Réunion), 5 h. 9.50 à Pondichéry.
Aspect général de la contrée. — Plaines. — Lorsque Ion examine sur une carte l'ensemble de ce territoire, la vue est tout d'abord frappée par la grande vallée de la Mekerra , entourée de tous cotés par des massifs de diverse importance, (pii s'étend du sud ouest au nord-est , et au milieu de laquelle coule la rivière du même nom. Elle tient certainement un des premiers rangs parmi les plaines hautes du département, cotées 500 mètres et au-dessus, qui viennent ;\ la suite des plaines Ijasses du littoral, dont l'altitude est au maximun de 1 00 mètres, et qui précède'nt les Hauts -Plateaux s'élevant en moyenne à
1,000 mètres ainsi que la vaste région des Chotts qui vient après, dont l'altitude est de 900 mètres environ.
Ces différentes altitudes font que les mômes espèces de récoltes mûrissent à des époques variées, ce qui permet à la maind'œuvre un emploi prolongé de son temps pendant les moissons, et ce qui facilite l'échange des primeurs du littoral avec les produits de môme genre, mais de maturité plus tardive, de l'intérieur du pays.
Cette plaine, dont la pente dans le sens de la rivière est de 0,002, constitue une immense vallée s'allongeant parallèlement au massif du Tessalali. Elle est coupée par de petites protubérances d'un faible relief, et fermée de tous côtés, si ce n'est aux différents endroits où de grandes artères passent pour mettre Bel-Abbès en communication avec les principaux points du département, comme cela a lieu notamment au col des Ouled- Ali où se trouve une ouverture utilisée à la fois par le chemin de fer et la route d'Oran.
La ville de Bel-Abbès, qui occupe à peu près le centre de cette plaine, se trouve à vol d'oiseau à égale distance d'Oran, de Daya et du Sig, d'une part, d'Aïn-Temouchen et de Lamoricière de l'autre, à moitié distance environ de Tlemcen à Mascara et à moitié parcours entre la source et l'embouchure de la Mekerra.
Placée sur la rive droite de cette rivière, elle a son périmètre orienté suivant les quatre points cardinaux ; de plus, Oran ?e trouve situé au nord de Bel-Abbès, Aïn-Temouchen au nordouest , Lamoricière et Tlemcen au sud-ouest, Ben-Youb, Magenta et Daya au sud, Mercier-Lacombe et Mascara à l'est , le Sig au nord- est.
Toute cette plaine, aujourd'hui très-peuplée, donne de trèsbonnes récoltes de céréales; mais les parties voisines de la rivière, constituées par des apports successifs d'alluvions argileuses et calcaires, formées de terres arables et des engrais de toutes sortes entraînés avec elles, sont aménagées en jardins maraîchers et en vergers.
Si nous examinons maintenant les diverses contrées situées
autour tle la plaine de Bel-Abbès, nous trouvoias, en premier lieu, la belle et riche vallée de Zélifa qui n'est, en quelque sorte, que la suite de la précédente, à laquelle elle se soude à peu de distance des Trembles, à l'endroit où la Mekerra quitte la route d'Oran pour se diriger vers le Sig, en même temps qu'un chemin qui la côtoie et qui traverse les Ouled-Sliman et les Cheurfa pour atteindre les deux barrages de cette localité.
Dans les Cheurfa se trouve le petit plateau des Maâdja, sur lequel nous reviendrons en parlant d'archéologie.
En nous dirigeant vers le nord, nous traversons tout d'abord la route d'Oran encaissée, de môme que le chemin de fer, dans d'étroites limites et peuplée de plusieurs centres très-importants, puis nous atteignons la montagne du Tessalah , à l'est de laquelle se trouvent quelques vallées composées de bonnes terres et séparées entre elles par de petites collines chez les Ouled- Abdallah.
Toute la grande et riche plaine de l'Oued-Sarno est bordée, du côté du Tessalah, par des vallons et des plateaux aux terres fertiles et des meilleures. A l'ouest de cette montagne le pays, un peu accidenté , se termine par un massif montagneux , et renferme quelques bas-fonds avec les plaines productives, mais de moindre étendue, de Sidi-Daho et de Sidi-Yacoub.
Après avoir rencontré la partie supérieure de la plaine de la Mekerra , nous découvrons la vallée de Tiffilès qui touche au sud aa mo3^en Atlas, à l'ouest aux monts Gossels, et qui, composée en majeure partie de terres d'alluvions, s'est, depuis peu de temps, couverte de fermes importantes.
Accordons une mention particulière au vallon de Lamtar avec ses trembles de toute beauté et l'eau qui se trouve en cet endroit à une faible profondeur, et reprenons notre examen à la hauteur de Bou-Kanéfis, où nous traversons la plaine de Messer dont les terres sont bonnes, mais privées d'eau et qui est bornée : au sud par le mo^a-n Atlas, au nord par quehpies mamelons. A sa partie supérieure existe un très-fort peuplement d'oliviers sauvages encore très-beaux.
Après avoir passé le vallon de Tabia, la i)laine se continue
jusqu'à Ben-Youb , oii se trouve une vallée dessinée par des montag-nes boisées qui contient, en outre, les plaines de Ketty et de Meriound, les vallées de l'oued Slissen et d'Amran, dun ordre secondaire, et au milieu de laquelle coule la Mekerra venant de Ras-el-Ma et de Mag-enta.
Ces différents endroits possèdent des peuplements d'arbres variés ; mais les plus importants sont surtout sur la rive g-auche de la Mekerra, un peu avant Tabia, et, à partir de ce point, sur la rive droite, où l'on remarque notamment des oliviers sauvages s'étendant sur une grande longueur et formant ensuite un paysage de toute beauté après avoir passé le villa f'-e de Tiffilès.
Les montagnes qui dominent la vallée de Tiffilès et celle de Ben-Youb s'étendent alors jusqu'aux llauts-Plateaux.
A l'est, nous atteignons la vallée de la Teuira dans laquelle se trouve le village du même nom ; elle fait suite à la large vallée du Télagh, s'étend dans la direction de Mascara, et est séparée de Daya et de la plaine du même nom par un j)ays montagneux très-boisé avec de belles essences et posséd^ant des traces évidentes d'une eau abondante.
A la hauteur de Daya se trouvent les trois passages de la Mekerra, de Daya et de la Taourira qui permettent l'entrée du Tell et que commande la redoute.
C'est dans le bas de la vallée de la Tenira que l'on remarque la plaine de Mcid, plantée de térébinthes de toute beauté, et celle de Frass.
Entre la ville de Bel-Abbès et ce dernier endroit, nous rencontrons encore les plaines de Tilmouni, de Tiliouine et de Sfisef, qui renferment le beau village de Mercier-Lacombe, la route de Mascara, et qui sont séparées de la vallée de Zélifo, notre point de départ, par la forêt de Louza, le djebel Ouled- Sliman et le djebel Guetarnia.
On ne saurait s'occuper de l'aspect général de la contrée sans dire un mot du déboisement rapide que l'on y constate; aussi, sans parler de ses effets et des autres détails que comporte ce sujet, nous croyons utile de reproduire ici une partie d'un rap-
port sur les irrigations de la vallée de la Mekerra que nous avons présenté au Comice au nom d'une commission, renvoyant à cette étude le lecteur désireux de posséder de plus longs renseignements :
« Les causes générales du déboisement en Algérie, de même que sur notre territoire, sont : l'extension de plus en plus grande de la culture des céréales ; les défrichements pratiqués en vue d'obtenir des racines pour le chauffage d'hiver et du chatbon pour l'été, et qui sont surtout utilisés pendant la morte saison par les nombreux étrangers qui nous apportent leurs bras pour l'exploitation de l'alfa et les grands travaux agricoles ; le mode d'existence propre des Indigènes qui s'installent sur des coteaux bien exposés qu'ils dénudent promptement ; les incendies presque périodiques dans le passé ; la vaine pâture dans les parties boisées ; l'imprévoyance des charretiers qui, en passant dans les bois, détruisent sans nécessité des sujets destinés à devenir autrement de fort beaux arbres , et celle de certains Indigènes qui sacrifient également de belles espérances en coupant tout ce qui se trouve à leur portée pour leurs nombreux usages, et, entre autres, pour préparer leurs perches de charrue.
« La colonisation elle-même prête un puissant concours à l'œuvre de défrichement nécessaire à la création des villages, à l'ouverture des routes, à la construction des habitations des colons, à la mise en culture de toute concession,
« Comme on le voit, à coté de pratiques nuisibles qu'il est urgent de modifier sans retard, il en est d'autres que l'on ne saurait écarter sans nuire eu même temps à l'œuvre entreprise en cet endroit par notre paj^s et qui constituent une nécessité inexorable.
« Si nous passons aux conditions qui conviennent à l'amélioration de cet état de choses, nous voyons, pour continuer à résumer notre manière de voir et l'impossibilité d'entrer dans des développements qui ne seraient pas à leur place, que la première entre toutes, consisterait à conserver ce que nous possédons déj<\, en apportant au Service des Forêts les réformes réclamées h plusieurs reprises par tous les corps élus de la Colonie, en
continuant les sages mesures prises par lAdministration supérieure, depuis quelques années, pour éviter les incendies, pour préserver les jeunes plants delà dent des troupeaux et empêcher, dans les bois et forêts, la destruction des sujets, par un g-rand nombre d'individus qui les traversent, en confiant à chaque municipalité des bois communaux qui pourraient être, de leur part, ro])jet d'une surveillance, de soins et d'entretiens réels, en tenant compte de leur surface restreinte.
« D'un autre côté, le reboisement ne peut être entrepris d'une manière efficace par un seul, mais il doit résulter des efforts de tous ceux qui ont intérêt h le pratiquer.
« C'est ainsi que l'Administration des Forêts , qui , par son manque de personnel, ne peut entreprendre des reboisements d'ensemble, devrait cependant faire, chaque année, quelques plantations , semer un peu de graines , veiller plus particulièrement à certaines parties qui annoncent une belle venue.
« De larges sul)ventions devraient être inscrites au budget de l'Algérie pour le reboisement des bassins supérieurs, par les soins des Administrateurs des communes mixtes ou subdivisionnaires de ces contrées, et pour le peuplement des rives de nos cours d'eau, par le Service des Ponts et Chaussées, en opérant progressivement, mais d'une manière suivie. On arrêterait ainsi, non loin des rivières, l'eau de pluie, dont on régulariserait l'écoulement.
« Dans les endroits où l'eau fait défaut, le Service des Mines et celui du Génie devraient creuser de nombreux puits artésiens pour permettre de planter des arbres, avecla certitude que Teau aidera i)uissnmmeut au succès de ces plantations qui, en retour, amèneront de Thumidité dans la contrée.
« L'Etat, l'Administration départementale, les communes, pourraient, lorsqu'ils accordent des concessions ou louent un communal, imposerau bailleur l'obligation de planter une partie delà propriété, si petite qu'elle soit, les particuliers en feraient bientôt autant dans leurs relations agricoles ordinaires.
« Tous les services chargés de l'ouverture et de l'entretien des routes et chemins devraient, de distance en distance, faire
quelques plantations, faciles à entretenir par le personnel qui se trouve occupé dans les environs, et donner des primes aux colons qui planteraient des arbres sur les voies de communication .
« Les Maires et les Administrateurs peuvent aider puissamment au reboisement en l'appliquant aux chemins vicinaux, aux places et promenades, à certains endroits bien choisis auprès de tous les centres.
« Après ce concours officiel viendrait l'aide des Sociétés particulières.
(( Il serait aisé de faire comprendre à tous les syndicats que leur intérêt est d'entrer dans cette voie, en peuplant tous leurs canaux d'essences variées ; cette idée, très-pratique, est d'une exécution facile , son succès est certain et doit tourner au profit des usag-ers en garantissant les eaux des rayons du soleil et en créant à l'Administration des ressources qui, un jour, peuvent devenir considérables.
« Les Compagnies de chemin de fer sont trop soucieuses de leurs propres intérêts]pour négliger ce puissant moyen de succès.
« Les Comices aussi devraient saisir toutes les occasions d'encourager les essais de cette nature, de traiter souvent de cette question pour montrer, par des exemples locaux, les effets désastreux du déboisement et les heureux résultats que procurent les plantations. »
OrograpJiie. — Altitudes. — Le système orographique comprend en cet endroit le massif du Tessalah au nord, et le massif du sud qui renferme les monts de Daya ; tous deux font partie de la chaîne tellienne qui prend naissance sur la côte occidentale du Maroc par 30'' 30' de latitude nord, entre en Algérie par le 34" degré, et se termine sur la côte orientale de Tunis au 37°.
La petite chaîne du Tessalah court du sud-ouest au nordest, et constitue une forte ride commandée à ses deux extrémités par les pics du Tessalah (1) et du Tafaroui, accusant le premier
(I) Le Tessalah sort génoralomciit do baromètre dans le pays, car dos que son sonimel
1,003 mètres d'altitude et le second 720 met., et ayant au milieu le djebel Bou-Anèche de 922 mètres d'altitude. Les autres protubérances sont le djebel Hadjar, le djebel Rahlem et le djebel Ben Zeg-gar, d'un relief altitudinal bien moindre.
Mais cette petite chaîne est peu importante si on la rattache à la plaine de Bel-Abbès, qui est cotée 500 mètres eu moyenne. Quelques ravins sans importance la sillonnent et mettent au jour de minces filets d'eau incapables d'alimenter la plus petite rivière,
Lamontag-ne du Tessalah possède sur ses flancs, nous l'avons vu, une série de plateaux très-fertiles, coupés, de distance en distance, par des pentes assez raides qu'il faut g-ravir pour atteindre son sommet, d'où l'on jouit d'une vue splendide, s'étendant au nord sur les Douairs, le g-rand lac salé, et, par un beau temps, sur les montag-nes et le g-olfe d'Oran. Nous aurons à nous en occuper de nouveau lorsque nous parlerons des ruines romaines que l'on y a retrouvées.
Du côté du sud h massif montagneux est ])ien plus développé ; c'est la continuation du g-rand système qui prend naissance au Maroc, pour se diriger vers l'est jusqu'en Tunisie.
L'altitude générale des points culminants dans la partie correspondante à l'arrondissement de Bel-Abbès dépasse 1 ,200 mètres; ces hauteurs prennent les noms suivants, en allant de l'ouest à l'est; en ]'" ligne : djebel Tayloud, djebel Tenazera, 1 ,0o9 mètres à l'est de Ben-Youb ; djebel Tergou, 1 ,055 mètres au sud-est de Tenira ; djebel Merguen, djebel Moxi, 799 au sud d'El-Ksar, et djebel Foughal au sud-est de Mercier-Lacoml)e ; en 2'"'' ligne, dans le môme sens : djebel Bou-Ahitine, djebel Mali rid, près de Slissen, djebel Segga 1,1 G3 au sud de Ben- Youb, djebel Zegrar; 721) met. dans les Djafra ; dyAuA Statine au sud du précédent ; en 3'" ligne : djebel Mzi, djebel Maherta au sud-ouest de Magenta, djebel Merrakoum, 1 ,378 met. ; djebel Ouatzelef, 1,433 met..; la vigie deDaya, 1 ,392 met., djebel
se couvre de nuaRcs, le rolon compte beaucoup sur la pluie, ce qu'il exprime par celle rcmaniuc populaire: « le Tessalah met sou bonuel, il va pleuvoir, • ou bien encore: • le Tossalali se découvre, le beau Icnips va revenir •
Boiizoula, djebel Taourira, et djebel Tendfeld, 1,288 met,; et en dernier lien, plus au sud: djebel Ouazen, 1,440 met.; djebel Beguira, 1 ,402 met., djebel Tafrent et djebel Menza.
La base du massif se développe sur le versant nord en une quantité de petits contreforts découpés par les nombreux affluents de la Mekerraet de Toued Melrir.
Ces contreforts sont dominés par une ligne de crêtes trèsescarpées faisant face au nord ; le versant, du côté du sud, s'incline en un plan presque régulier à pente très-douce pour finir au Chott-el-Chergui. Cette dernière région constitue l'importante zone des Hauts-Plateaux.
La grande dépression qui existe entre ces deux massifs montagneux du nord et du sud, forme la plaine de Bel-Abbès, dont cette ville occupe à peu près le centre.
Si, par la pensée, on trace une coupe verticale du pa^'s suivant un méridien, on obtient l'altitude 1 20 mètres pour le pied nord du massif du Tessalah, 800 mètres pour le relief moyen de la crête, 500 met. pour la partie centrale de la plaine, 1 ,200 mètres sur les crêtes du masif du sud, enfin 950 mètres pour les Chotts ; il résulte de cette figure que l'allure générale de la contrée s'élève par gradins successifs du nord au sud.
Sans nous arrêter aux altitudes que donnent les cartes du dépôt de la guerre, nous croyons intéressant d'indiquer en cet endroit la hauteur au-dessus du niveau de la mer de différents points du territoire de Bel-Abbès, suivant les recherches des Ponts et Chaussées pour les parties situées sur les routes, et d'après celles de M. l'Ingénieur Brunie pour ce qui concerne les stations de chemins de fer.
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474 n SIS 18 480 18 881 14 416 43 437 SO 4ÎÎ 70 444 17