DESIGNATION DU LIEU
i.iet
Chemin t(e Sidi-L'Hassen à Tlemcen :
riare du centre de SidiL'Hasçen, h 6,175 mèlrps.
Kinlji-ancliemenl du chemin de UenYoubpar Sidi-Klialed, à 15,033 mèlreî
Pont de l'oued Mouzzen, à 18,575 niclres.
Vis-à-vis 1« grand arbre, à 20,825 mètres.
Poni «le l'oued Zenian, à 28,080 mètres.
Puits, à 32,175 mètres.
Lamoricière.
Aïn-S<li^h;i.
La Saf-Saf.
Tlemren.
Sebdou.
Chemin de Ben-Youb par Sidi-Khaled et la Maison-Blanche :
Einbranclienient du chemin de Tlemcen, à 12,034 mètres.
I>assn;;e de Toued Tissaf, à 12,734 nièlres.
Fond d>! la rivière, au nièmi' endroit.
Place (lu ce;iirede Sidi-Klialed, à 13,089 mètres
Place du liameandela Maison-Blanche, à 16,514 mètres.
En face le puits de Bou-KanèUs, à 19,344 mettes.
Sommet de la montagne avant d'arriver au barrage de Tabia, à 23,461 mètres.
Couronnement du barrage de Tabia (axe), à 24,229 mètres.
Foud lie la rivière.
Sonini'it de la roonlagne, à l'exlrémité des Ouled-Braliim, à 29,390 mètres.
Axe du chemin en face du puits et de l'église de Ben-Youb, à 33,173 mètres.
Magenta.
Chemin de fer du Tlélat à Bel-Àbbés
TIélat, palier de la gare.
Sl-Lucien, id
Lauriers-Roses, id.
Anèl pTojetè des Ouled-Ali, palier do la gare.
Oued Itiibirt, id.
Trembles, 'd.
Sirti-Brabim, id.
Arrêt projeté du Roclier, id.
Bel-Abbès, id.
Chemins de fer projetés de Ras-ol-Ma et de Tlemcen Sidi-L'Hassen, palier de la gare.
SiOi-Kbaled,
Bou-Kanéfis,
Tabia,
Ben-Youb,
Sllsbcn,
Magcnl;!,
Barrage
TaienYaya,
El-Gor,
Roiber,
lias el-Ma,
Tiffilès.
Aïu-Telout,
Limoricière,
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Hi/drofjraphie. — Deux grands versants existent dans cette partie du pays, comme dans le reste de la colonie : le versant méditerranéen ou du nord, et celui du sud qui des Hauts-Plateaux se dirige vers le Cliott-el-Chergui , indépendamment du bassin sud du g-rand lac salé d'Oran, qui reçoit les cours d'eau de peu d'importance venant du nord du Tessalali.
Dans cette étude nous avons surtout à nous préoccuper de la Mclicrra, de Y oued Mclrir et de l'oued Houenct, qui prennent tous trois leur source dans les Hauts-Plateaux, aux environs de Daya, pour venir se jeter dans la Méditerranée après s'être réunis il d'autres cours d'eau.
La Mcl.-erra, qui traverse l'arrondissement de Bel-Abbès dans toute sa partie centrale, prend sa source un peu au sud de Kas-el-Ma, au delà de Mag'enta, sur une des dernières terrasses qui forment comme les marclies d'un escalier g-igantesque depuis le littoral jusqu'au sommet des Hauts-Plateaux.
Ce cours d'eau, le seul un peu important du pays, est connu sous diverses apijellations, suivant les territoires sur lesquels il étend successivement ses bienfaits ; il est désigné sous les noms de Kas-el-Ma, à sa naissance, d'oued Sekaousir à sa })artie supérieure, d'oued el-Haçaïba aux environs de Mag-enta, d'oued Mekerra depuis cet endroit jusqu'à Zélifa, d'oued Mebtouch clie/ les Ouied-Sliman, et de Sig" à partir de la ville du niénif nom.
Nous lui conserverons la dénomination uniforme d'oued Mekerra qu'i. a dans la ])lus g-raude partie de son cours, et (ju'il a donnée à l'importante contn'".» dont nous nous sommes etî'orcé de faire l'historique ; mais nous saisirons cette occasion pour faire remarquer combien cette tendance des Indig-ènes à appeler plusieurs endroits du même nom, suivant l'olijet qui frappe leur vue, comme au.ssi à multiplier les noms pour une même rivière, est nuisible à la description topog-rapliique d un l>ays et par suite au conunerce et à l'industrie, (pii ddiveut utiliser ces renseig'uenients.
Après avoir pénétré dans le Tell par le défilé du Sidi-Salem, et avoir arrosé Mag-enta, la Mekerra occupe, jus<iu"à Ben-Ymib.
le centre d'une belle vallée située dans la zone montagneuse, puis se dirigeant du sud vers le nord elle traverse les villages de Tabia, Bou-Kanéfis, Sidi-Khaled et Sidi-L'Hassen ; à la hauteur de la ville de Bel-Abbès, cette direction s'inflécliit, par une grande courbe, vers le nord-est, et cptte rivière baigne dans ce nouveau parcours Muley-Abd-el-Kader, le Rocher, Sidi-Brahim et les Trembles, pour fertiliser la vallée de Zélifa en abandonnant la route d'Oran, et s'engager ensuite dans l'étroit passage qui lui est laissé par les pentes du djebel Guetarnia et du djebel Melloula.
Elle alimente alors les deux barrages de Saint-Denis-du-Sig, traverse la contrée du même nom, pour se jeter en dernier lieu dans les marais de la Macta et de là dans la Méditerranée, au fond du golfe d'Arzew.
Quelques petits affluents fournissent leur contingent à la Mekerra, et parmi eux il convient de citer, sur la rive gauche : Voued Slissen qui prend sa source au nord d'El-Gor, est d'abord connu sous le nom d'oued Melfou et vient se jeter dans la Mekerra près du hameau qui porte la même dénomination que lui ; Voued Lamtar, nommé par d'autres l'oued Tissaf, qui prend naissance non loin d'Aïn-Tellout, est successivement appelé oued Zenan et oued Mourzen, reçoit quelques petits ravins provenant de l'Aïn-Tedfamane et de l'Aïn-Tessa et se termine un peu au-dessous de Sidi-Khaled, après avoir parcouru 30 kilomètres environ avec une pente moyenne de O'°002 ; Y oued Sarno, le seul affluent un peu important, qui sous le nom de Chabat-Touas, prend sa source un peu au nord d'Aïn-el- Hadjar, passe à Frouda, Hadjar-Zerga et se jette dans la Mekerra près des Trembles. L'oued Sarno sert de limite aux Ouled-Brahim et aux Hazedj vers le sud-ouest ; l'eau y est trèsabondante en hiver et se conserve, dans certaines parties, même en été ; sa longueur est de 30 kilomètresavec une pente moyenne de 0"'00i. Viennent ensuite : un petit ravin qui amène à la Mekerra un peu au-dessous du village des Trembles, les eaux d'Aïn-Oumata, et de Voued Imhert descendant du village du même nom pour aboutir au commencement de la plaine de Zélifa,
dont le parcours est de neuf kilomètres avec une pente de OoiOI , et qui est intermittent comme tous les autres.
Les affluents de la rive droite sont encore bien moins importants et ne constituent, à proprement dire, que des ravins recueillant l'eau de quelques sources, mais surtout celle des pluies et des orag-es. Ce sont Youed Toumief, qui descend du Djebel Merakoum et prend fin un peu avant l'oued Slissen ; l'oued U(m-Axi, qui se termine un peu avant l'entrée de Sidi- L'Hassen ; deux petits ravins qui passent la route de Sidi- L'IIassen un peu avant la porte de Tlemcen, traversent le jardin public et se jettent à l'ancien pont de bois; Youed Tihourfjuine, venant de la foret de Louza pour aboutir au village de Zélifa; Youed Xeden, qui descend de la forôt de Guétarnia et prend fin vers le bas de Zélifa; enfin Youed Vafjnt, (pii se jette près du barrag-e du Si^^.
La Mekerra offre cette particularité que l'eau disparaît en plusieurs endroits pour prendre jour quelquefois un peu plus loin, à l'aide de sources plus ou moins abondantes. Tout porte à croire que cette eau, qui se perd à plusieurs reprises, sert à alimenter, en partie au moins, la nappe souterraine de Bel- Abbès, celle de Tabiaet les sources elles-mêmes de Ben-Youb, dont la température est sensiblement la même que celle de loau de la Mekerra.
A la prise d'eau du barrag-e de Mag-enta , le débit n'est plus que de 100 litres à la seconde, alors qu'il est environ de 2o0 litres il la seconde aux sources ; l'eau se perd ensuite et re})araît tous les deux ou trois kilomètres jusqu'à Tatenyaya qui vient augmenter le volume de cette rivière et lui permet de couler d'une façon rég*ulière et continue. Grossie ensuite par l'oued Slissen, elle se perd de nouveau à quelques kilomètres en amont de Ben-Youb, en même temps que son lit de rocher que l'on voit très-bien disparaître sous une couche de terres d'alluvion.
A partir de Ben-Youb elle est permanente et son débit normal peut varier entre 300 et 500 litres {"i la seconde, s' élevant d'une manière très-notable eu lli^ er et menu» d'une façon consi-
dérable à la suite des crues provenant des orages, (1 ) ; mais ne laissant souvent, en été, à la prise des irrigations de Bel-Abbès, que 150 ;i 130 litres d'eau et quelquefois moins, après avoir imparfaitement desservi les irrig-ations d'amont. Elle se reconstitue alors en aval de cette ville, sans pouvoir satisfaire en entier les besoins de la culture pendant la période estivale.
On évalue son cours total, jusqu'au marais de la Macta, à 2i0 kilomètres, et celui des sources de Ben-Youb à la prise de Zélifa , à 90 kilomètres, avec une pente assez forte qui est estimée à 1 32 mètres pour la seule partie située entre Tabia et le pont de Bel-Abbès, et h il 5 mètres pour celle comprise entre ce dernier point et le pont de Saint-Denis-du-Sig.
Cette situation permet de tirer un grand parti de ses eaux, si peu abondantes qu'elles soient ; aussi , sont-elles complètement utilisées pour irriguer une partie des terres des riverains, en même temps qu'elles alimentent dix-huit moulins à farine, échelonnés depuis Ben-Youb jusqu'à Zélifa , ayant à leur service, à l'aide de chutes dont la hauteur varie entre 4"' et 2i-'°, une force disponible de 28 1 chevaux-vapeur.
L'oued Meirir, h Test de l'arrondissement, est un prolongement de l'oued Tenira qui, lui-même, n'est que la continuation de l'oued Tralimet et de l'oued Télagh ; il prend sa source au pied nord des montagnes de Daya , et se jette dans l'oued El- Hammam àsa naissance, dans un endroit dit des Trois-Rivières, un peu au-dessous du chemin de Bel-Abbès à Mascara, entre Mercier-Lacombe et Aïn-Fekan.
Ces trois rivières sont précisément Voued Melrir, dont nous nous occupons en ce moment, Voued Houenet qui, sous les noms d'oued Seffioun , d'oued Taourira et d'oued Messoulen , traverse les tribus des Djafra-Touama et M'Hamid et des Djafraben-Djafeur , après avoir pris sa source à l'est de Ras-el-Ma, et enfin Voued Traria qui prend naissance à l'est de Saïda. L'oued
(1) f.'c'sl ainsi ([ue ce débit peut s'élever à dix mille litres en temps de crue ordinaire, et à trente mille lines i)ar nne cnic cxtraordinaiie. ('e rhilîre s'augmente encore du colé du Sig en r;iison de l'eau fournie par de nombreux ravins à la suite d'orales, et l'on a vu de la sorte le barra},'e du Sif,', i|ni contient trois millions de mètres cubes d'eau, se remplir enlieremeut en (|nel(]ues heures.
El-Hammam se dirige alors vers le nord, passe près des sources chaudes de Bou-Hanéfîa, puis au villag-e qui porte son nom, change sa dénomination contre celle de l'Habra , alimente Timmcnse barrage de Perrégaux qui retient près de 1 4 millions de mètres cubes d'eau , arrose ce dernier centre , et , comme la Mekerra , va se jeter dans les marais de la Macta.
L'oued Melrir longe la route de Bel-Abbès à Daya, dabord à l'ouest, puis à l'est, l'abandonne au village de Tenira pour passer ensuite au sud du djebel Moxiet de Si-Mcid. Cette rivière traverse ainsi les territoires du Télagh , des Hamyan, de la Tenira , où se trouve un petit moulin utilisé seulement à certaines époques, et celui des Ouled-Sliman.
L'oued Melrir reçoit : 1° à gauche, Voued Touzara qui se termine un peu au-dessus de la Tenira , un petit affluent qui prend sa source à l'ouest de la forêt du Kçar et contourne le Moxi , \ui autre qui prend naissance dans la plaine d'Aïn-Frass et se jette au-dessous de Si-Mcid ; 2' à droite , un petit affluent qui vient se jeter près de Tralimet , un autre qui prend sa source au pied du djebel Tergou pour se jeter au-dessous de Tralimet ; Y oued Bou-Aza qui prend naissance au nord du djebel Tergou , longe le chemin de Tenira à l'oued Seffioun , et se jette au-dessous du village de la Tenira, un petit affluent qui prend sa source au pied du djebel Kliffa et passe à l'est du marabout Si-Abd-el- Djebar, et Voued Hallouf qui se jette au-dessus de Si-Mcid.
Citons enfin pour mémoire un faible cours d'eau ou mieux encore un ravin qui traverse, dans la moitié de s<i longueur, la belle plaine qui s'étend de Bel-Abbès à Mercier-Lacombe, portant à son origine le nom de Teliouine, et au-dessous de cette contrée, celui d'oued Tadla, avant de se jeter dans l'oued El- Hammam, entre l'endroit des Trois-Rivières et les sources de Bou-Hanéfia, et ajoutons que le chemin de Bel-Abbès à Aiu- Temouchen traverse deux cours d'eau qui deviennent par la suite le Rio-Salado.
Le Chott-el-Chergui se dirige du sud-ouest au nord-est et se trouve entouré de plaines très-étendues que dominent au nord les montagnes de la ligne de partage des eaux ; ses bords sont.
dans certaines parties, très-escarpés, et l'on y trouve quelques sources thermales et de nombreux puits à l'eau abondante, mais saumâtre ; ses eaux se dessèchent en partie en été et laissent une faible couche de sel.
La moitié ouest de ce lac reçoit du nord, le seul versant dont nous ayons à nous occuper : Voued Guesmir, Y oued El-Hammam, l'oued Boni fat, Voued 3Iekarreg et Voued Fallette.
Quant à la Sebkha , ou grand lac salé au sud d'Oran , elle reçoit plusieurs petits cours d'eau qui prennent naissance sur le versant nord du Tessalah , mais que nous n'avons pas à citer , si ce n'est Voued Besbes, qui touche un peu notre arrondissement et passe au pied ouest du Tessalah.
Outre les divers cours d'eau que nous venons de désigner , une multitude de ravins coupent dans tous les sens le territoire de Bel-Abbès, mais ils sont toujours à sec, si ce n'est par les grandes pluies ou en temps d'orages.
Du reste, le système hydrographique se trouve ici, comme dans toute la colonie , caractérisé par ce fait que les parties supérieures des cours d'eau étant complètement déboisées , la pluie , qui tombe en grande masse et pendant une courte période de temps, n'est pas retenue sur le sol et se précipite dans les parties basses pour se jeter en pure perte à la mer.
C'est ainsi que nos principaux cours d'eau roulent avec impétuosité des eaux abondantes en hiver et laissent les campagnes désolées au moment de l'été ; c'est ainsi encore que les nombreux ravins dont nous venons de parler constituent de véritables torrents pendant la saison des pluies, pour rester complètement à sec pendant le surplus de l'année.
De là la nécessité qui s'impose à l'Etat de créer de nombreux barrages-réservoirs.
' Sur le versant nord du massif monta'gneux du sud, de nombreuses sources prennent jour et viennent alimenter les affluents de la Mekerra, de l'oued Melrir et de l'oued Houenet, tandis qu'au versant sud les sources sont plus rares et fournissent souvent des eaux un peu saumâtres.
Parmi les premières, nous devons particulièrement citer les
sourceslégèrement thermales de Ben-Youb, débitant, celle d'Aïu- Skouna, sar la rive droite, 190 litres; celle d'Aïn-Mekareg, sur la rive gauche, 1 1 0 litres à la seconde.
Dans la vallée de Tiffilès, existent les sources très-importantes d'Aïn-Tessa, de Tatfamane et surtout d' Aïn-Tellout , et près d'Aïn-el-Hadjar celles du môme nom qui débitent 7 litres à la seconde.
Dans la contrée du Tessalah, les sources suivantes ont été, en raison de leur importance , réservées spécialement au domaine public : 1 ° Aïn-el-Atteuch , sur le bord de la concession Abdallah dit Montera; 2"» Aïn-Souk-el-Bel,sur le bord du territoire d" Aïn-Sofra ; S** Aïn-Bourbirem , sur le bord ouest de la concession Sémidéi; 4" Aïn-Mora, utile h plusieurs douars, où l'on a construit, en 1803, un bassin-réservoir sur les fonds des centimes additionnels : il y existe une réserve d'un liectare avec un chemin de vingt mètres; o' Aïn-Toussira, utilisée en ce moment pour alimenter d'eau le village des Trembles.
Dans les Quled-Sliman, les sources principales sont : l'Aïn- Sfisef, fournissant 2 litres à la seconde pour l'alimentation de Mercier-Lacombe et 9 litres pour les irrigations; l'Aïn-el-Kherais, l'Aïn-Melakem.rAïn-Maden, l'Aïn-Tlatelafid, l'Aïn-Hassasna et l'Aïn-Frass.
Dans les Hamvan, non loin dt? la Tenira, nous trouvons l'Aïn-Tenzara qui donne de l'eau toute l'année, bien qu'en faible quantité, et une petite source, dite Sidi- Abdallah, insignifiante môme en hiver, et qui est à 1 kilomètre de la précédente. Enfin, cotte tribu a conservé un droit d'usage sur l'Aïu-Tundini qui existe dans la forôt domaniale de Tenira.
Géologie. — Faune. — Flore
Géologie. — La géologie de la contrée est fort simple, comme nous le disions dans un rapport adressé au Comice agricole. Ou
retrouve , en effet , à Ben-Youb comme au Tessalah , des preuves qui permettent de reconnaître dans cette contrée le terrain primitif recouvert d-u terrain de formation secondaire, recouvert lui-môme, à une époque moins éloignée de nous, du terrain de formation tertiaire, sur lequel on rencontre des alluvions anciennes et d'autres modernes formées par la Mekerra.
A la suite de certains bouleversements, les terrains tertiaires et secondaires ont été soulevés à une certaine hauteur du côté de Ben-Youb , et d'une manière bien plus accentuée au Tessalah, oïl ils ont été déchirés, comme l'indique la présence des roches ignées que l'on a retrouvées dans certaines parties de cette montagne (1).
De telle façon que l'on possède, échelonnés sur le flanc du Tessalah : des roches ignées, du terrain secondaire, du terrain tertiaire appuyé sur le précédent, puis les atterrisseraents anciens et nouveaux qui forment la surface de la plaine au milieu de laquelle coule la Mekerra (2).
Les différentes hauteurs qui séparent les points d'affleurement des diverses couches doivent permettre aux eaux pluviales de s'infiltrer entre le terrain tertiaire et le terrain secondaire, et cette eau, située entre deux couches imperméables, doit gagner le fond de la vallée , où elle forme une nappe qu'un coup de sonde, donné en certain endroit de ce bassin, pourrait amener î\ la surface du sol.
Au nord, le massif du Tessalah est donc constitué par des marnes et des calcaires de l'époque tertiaire, que supporte une
(1) Le basalte forme des îlots isoles au milieu du massif de terrain secondaire du Tessalah; il y est assoriéà des gypses et h des sources salées (Heclierclies sur Us roclies, les eaux et les gîtes minéraux des provinces d'Oran et d'Alger, 1852, par M. Ville, ingénieur des mines).
(2) Le terrain tertiaire moyen se prolonge dans la subdivision de l?el-Abbès, se cache sous le terrain qualernaire dans les plaines de Del-Ahbes et de Tiliouïn, et reparaii chez les Ouled-Sliman, on Ion a rcirouvé l'oslrca crassiçsima. A la biise des couches tertiaires, on observe des bancs épais de ])oudint;ne et de grés quartzenx jaunâtres, qui sont trésabondanis dans le massif du Tessalah (Notice minéralogi(|ue sur les provinces d'Oran et d'Alger, i858, par le mcmei Nos recherches personnelles, miles à noire histoire de lîel- Abbés, nous ont amené a penser (|ne le gonvornenicnl pourrait l'aire élablir rapidement, par le service conipéient, une excellenle elmle geologuine de l'Algérie, en obligeant, en tontes circonstances, les particuliers a prévenir de leur intention de creuser un (luils pour permettre à un agent d'i'n relever avec soin les dill'erentes cruclies, ce qui procurerait ainsi des renseignements précieux et tres-nombreu^-
charpente intérieure de marnes crétacées, mises en évidence par les profondes découpures des ravins.
La formation tertiaire se développe vers le sud et vient s'appuyer sur les puissantes assises calcaires du terrain jurassique qui compose exclusivement tout le g-rand massif du sud, jusqu'au pied de la région des Hauts-Plateaux/
La partie centrale de la plaine de Bcl-Al)bès est recouverte par un épais manteau d'atterrissement ancien qui recouvre le tertiaire ; c'est aussi un atterrissement plus ou moins ancien qui s'étend sur toute la région des Hauts-Plateaux.
Dans le nord, l'élément argileux domine dans la composition minéralogique du sol, ce qui explique le peu d'importance des sources de cette contrée ; dans la partie sud, au contraire, l'élément cahaire, compacte, parfois un peu marneux, fournit la plus grande proportion.
Les gîtes métallurgiques n'existent pas ou sont encore inconnus sur le territoire qui vient d'être décrit, sauf toutefois quelques affleurements cuivreux signalés près de l'oued Malali, affluent de la ^lekerra, et un amas de fer hydroxidé près du télégraplie de Sidi-Daho.
Mais les matériaux de construction sont très-abondants et d'excellente qualité, comme en témoignent les 25 échantillons que le service compétent a adressés à l'Exposition universelle de 1878, ainsi que les édifices publics des difi^érents centres de l'arrondissement. De plus, on trouve aisément sur ce territoire les sables, les chaux grasses, les pierres ordinaires, les briques, les tuiles, les carreaux, les dalles, et les plâtres de Bel-Abbès, du Tessalah, de l'oued Saruo et de Zarouéla, qui ont une réputation justifiée.
Faune. — D'une manière générale on peut dire que, en dehors de quelques spécimens originaux , la flore et la faune de notre contrée ont beaucoup d'analogie avec celles de la zone méditerranéenne, et que les animaux comme les plantes nuisi- ' blés diminuent considérablement devant les efforts soutenus de la culture.
Depuis longtemps déjà il ne nous est plus donné de voir les grands mammifères sauvages que l'on rencontrait au début de notre occupation ;" ils ont abandonné le pays sur lequel s'est vivement implantée la colonisation.
A de rares intervalles on signale la présence, dans les tribus du cercle de Daya, de quelques panthères ; mais ici on ne trouve plus guère que des sangliers, surtout dans les parties boisées, l'hyène au train de derrière surbaissé, et le chacal, omnivore comme la précédente.
Citons encore, parmi les animaux que l'on rencontre sur ce territoire, en dehors de ceux qui sont élevés par la culture et dont nous nous occuperons plus loin : la gazelle , le renard . le chat sauvage, la gerboise, la mangouste, le rat, le porc-épic, le hérisson, le lièvre, le lapin, etc.
Les oiseaux sont très-nombreux et d'espèces variées, trouvant leur place dans nos jardins, nos champs, nos bois. Plusieurs sont comestibles, comme la perdrix rouge , la caille, la tourterelle, le pigeon ramier, la grive , la poule de Carthage, le vanneau, le pluvier, et, dans certaines parties, la bécasse, la bécassine, le canard sauvage, la poule d'eau ; mais il faut déjà aller loin pour trouver du gibier, et si l'on ne sévit contre les abus des braconniers arabes et européens, on verra bientôt diminuer cette importante ressource, si utile à l'alimentation publique.
Nous ne pouvons omettre de signaler parmi les nombreux oiseaux que nous apercevons tous les jours, dont quelques-uns nous servent d'auxiliaires dans nos luttes contre les insectes nuisibles, ou nous récréent par leurs chants variés, tandis que d'autres cherchent à tromper la surveillance que nous exerçons sur nos récoltes et nos basses-cours, ou débarrassent le sol des corps morts déposés par imprudence à sa surface : le chardonneret, le serin des champs, le verdier, le rossignol, l'hirondelle, le pinson, la linotte, la bergeronnette, quelques becs fins, le moineau , l'alouette commune, le gros bec, la calandre, le merle, le loriot, le ganga, l'étourneau qui, à certaines époques, s'abat sur nos oliviers, le coucou, le geai, le corbeau, la chouette, le hibou, l'émouchet, le milan, le vautour, l'aigle, et la cigogne dont
quelques couples viennent pendant l'hiver faire leurs nids sur nos toits.
Parmi les reptiles, mentionnons de noml3reuses couleuvres dont on n'a rien à craindre et quelques aspics et vipères, des lézards petits et g-rands, notamment le lézard vert, la tarente, le caméléon , les variétés de tortues d'eau et de terre , les crapauds et les grenouilles ; et parmi les insectes : plusieurs espèces d'arachnides, la tarentule, les scorpions, si nombreux dans le passé aux environs de Bel-ALLès et surtout au Tessalah , mais qui tendent à disparaître ; la sauterelle ordinaire , le criquet voyag-eur qui dévaste nos contrées au moment de certaines invasions qu'il fait dans le nord, quelques insectes parasites, le moustique, l'abeille, le kermès, et enfin de nombreuses variétés d'insectes et quelques papillons qui, pour la plupart, se retrouvent dans l'Europe méridionale.
Ajoutons que les sang-sues peuplent la plupart de nos marécages, quelques-unes de nos sources, et que la Mekerra renferme de belles anguilles et plusieurs sortes de poissons blancs, dont certains sont mangés assez volontiers, mais qui, en général, sont peu recherchés à cause de leur goût de vase.
Flore. — L'arrondissement de Bel-Abbès, partout oh les défrichements ne sont pas venus substituer aux plantes naturelles les plantes cultivées de nos différents assolements, possède une végétation spontanée fort belle jusqu'au printemps, et prend l'aspect d'une contrée aride pendant la période de sécheresse.
Les- forêts domaniales ou communales de ce territoire sont peuplées de pins d" Alep , d'oliviers sauvages , de térébinthes, de thuyas, de leutisques et de chênes verts. Parmi ces essences, quelques-unes ont été distinguées ;\ plusieurs expositions et ont fait l'objet d'un commerce as.sez sérieux, comme le thuya pour ses loupes et le chêne vert pour l'écorce de ses racines ; d'autres sont utilisées après avoir été greffées, comme l'olivier ; les racines de leutisques provenant des défrichements sont également très-appréciées pour le chauffage.
Nous devons encore citer, comme peuplant notre territoire,
dans des situations propres à chaque espèce, et en plus ou moins grande quantité : le jujubier commun, le sumac des corrojeurs , le genêt épineux, l'aubépine monogyne, le myrte commun, le lierre grimpant, l'arbousier, la bruyère commune, le jasminarbrisseau, le laurier-rose, le saule et quelques trembles le long des cours d'eau, le chêne baillotte, le genévrier commun, le palmier nain , etc.
Dans les replis de terrains, les plaines ou les ravins non cultivés, nous retrouvons : l'asphodèle, la mauve, la scille, l'artichaut sauvage, le thym, le romarin ; le chiendent et le cyperus nuisent généralement à nos cultures de jardin, la plante vulgairement appelée tahaco à nos labours, les chardons, quelques crucifères et ombellifères aux céréales.
En outre, la plupart des terres, dès qu'on cesse de les cultiver, se couvrent d'une végétation naturelle assez abondante pendant la période des pluies, où se retrouvent : 1° de nombreuses espèces de graminées, la flouve, le vulpin, l'alpiste, la crételle, l'ivraie, l'orge à crinière, certains bromes, le paturin, l'avoine folle ; 2' des légumineuses, parmi lesquelles nous devons citer : lemélilot, le lupin, la luzerne, le trèfle, la vesce, la lentille, le sainfoin, etc. ; S'' enfin quelques plantes parasites ou même nuisibles par leurs propriétés délétères. Le docteur Bertherand a signalé les suivantes : l'Atractyle, qui rappelle l'aspect d'un petit artichaflt, la coriaire, arbuste des endroits frais, le garou, arbrisseau aux fleurs d'un blanc rosé et aux baies d'abord vertes, puis rouges lorsqu'elles sont mûres, le laurier-rose, l'œnanthe safranée, qui présente des fleurs très-petites et blanches, des fruits oblongs et couronnés par cinq pointes aiguës, la scille dont la g-rosse racine renferme un suc à odeur acre et alliacée, le troëne qui a la taille du jasmin et dont les baies sont vénéneuses ; nous ajouterons la férule comme délétère avant sa floraison.
N'oublions pas de signaler l'alfa, qui croissait abondamment dans tout notre arrondissement, mais qui devient rare et que l'on est obligé d'aller chercher plus haut pour l'exploiter avec avantage.
M. A. Warion, anci^m médecin-major qui s'est beaucoup occupé de bQtauique pendant son séjour en Algérie et notamment à Bel-Abbès, et qui a découvert quelques plantes auxquelles son nom a été donné, a bien voulu nous faire parvenir, par l'intermédiaire du docteur Fabriès, les renseig-nements suivants qui sont très-importants pour notre étude. Nous regrettons vivement que la science ait, depuis, perdu un auxiliaire aussi dévoué, et que notre reconnaissance ne puisse plus s'appliquer qu'jisa mémoire.
Le caractère particulier de cette flore est d'être comme intermédiaire entre la flore du littoral et celle des Hauts- Plateaux ; dans son rayon on trouve un assez grand nombre d'espèces descendues des Plateaux et qui ne vont pas plus loin, de même que d'autres espèces de la région du littoral ne franchissent pas le col des Ouled-Ali ou le versant du Tessalah qui regarde la plaine de la M'iéta. Les familles les plus nombreuses de la flore de Bel-Abbès sont les composées, les crucifères, les graminées, les papilionacées et les labiées, dont les espèces remarquables ou spéciales figurent dans le tableau qui suit :