Scène II
MADELEINE, LE DOMESTIQUE, puis VAUDREC.
Le Domestique. — aïonsieur le comte de Vaudrec est là, madame.
Madeleine. — Il fallait l'annoncer.
Le Domestique. — • Monsieur le comte s'y est opposé... Il n'a pas voulu déranger... Il est dans le salon.
Madeleine. — C'est bien. (Le domestique sort. Madeleine va à la porte du salon en sortant par le fond.) Alors, Vaudrec, vous faites des cérémonies, maintenant ?
Vaudrec. — - On m'a dit, chère amie, que vous travailliez avec M. Duroy.
Madeleine. — ■ Ce n'est pas une raison... Vous ne m'embrassez pas?
Vaudrec. — Mais si, ma petite Madeleine.
Madeleine. — Vous m'avez envoyé des fleurs admirables. Elles sont dans le salon; vous avez vu? Mais j'ai gardé la plus belle rose, là, sur le bureau.
Vaudrec. — Vous êtes charmante !
Madeleine. — Comme vous me regardez.
Vaudrec. — C'est que je vous aime.
Madeleine. — Vous me faites rougir.
Vaudrec. — Hélas ! vous n'avez aucune raison de rougir. Je ne peux plus songer...
Madeleine. — Vous vous calomniez.
Vaudrec. — Mais j'adore votre visage, vos yeux surtout., non ! plutôt votre sourire... Je ne sais plus... Vos yeux sourient, et votre sourire interroge comme un regard... Alors, je ne sais plus... Est-ce vos yeux que j'aime ou bien votre sourire !