MADELEINE, DUROY
DtJROY. — Elle est amusante !
Madeleine. — Oui, — parce qu'elle est riche. Si elle -était pauvre, on la trouverait insupportable !
DuKOY. — Peut-être.
Madeleine. — Le déjeuner a été intéressant?...
DtTROY. — Très... Je vous expliquerai.
Madeleine. — Laroche-Mathieu est venu un instant •«îhez moi.
DuROY. — Il vous a mise au courant?
Madeleine. — Oui !... J'ai même prépar*- raiticle de demain.
DuROY. — Ça, c'est charmant... .T'ai rendez-vous au journal, à cinq heures, avec le jjatron ; j'avoue que je n'aurais pas eu le temps.
Madeleine. — Tenez !... vous reverrez ça !
DuROY, avec gratitude. — C'est c(jpié à la machine
Madeleine. — Je sais que vous n'aimez pas mon écriture.
DuROY. — Oh ! Madeleine, je l'adore !.. c'est tellement vous !... C'est net décidé.
IS
LE MONDE ILLUSTRE
Madeleine. — Alors, vraiment, mon ami, vous avez toujours pour moi la même sympathie...
DuBOY. — Ce n'est pas de la sympathie, c'est...
Madeleine. — Oh ! pas de mot trop grand... C'est une tendresse réelle.
DuROY. — Et c'est aussi de l'admiration profonde.
Madeleine. — Georges !
DUROY. — Oui, de l'admiration pour votre courage, pour votre ingéniosité, pour votre talent. Vous êtes la seule femme, Madeleine, avec qui je souhaiterais de vivre.
Madeleine. — Alors, vos projets n'ont pas changé?
DuROY. — Certes non !... et quand vous y consentirez, nous nous marierons.
Madeleine. — Eh bien, j'y consens.
DuROY. — C'est vrai?... c'est vrai?...
Madeleine. — Oui... Il ne faut pas encore l'annoncer... il sera temps dans un mois, à la veille du mariage.
DuROY. — Ma petite Mad, je suis heureux !... je suis heureux !
Madeleine. — J'avertirai seulement Clotilde.
DuROY. — Pourquoi?
Madeleine. — C'est mon amie la plus intime.
DUROY. — Est-ce bien nécessaire?
Madeleine. — Très nécessaire !... Je vais saluer jVIme Walter, et nous irons au journal ép^sèmble.
DuROY. — Oui, ma petite Mad, ma oKérie, ma femme ; mais je ne reste pas ici, j'entre avec vous dans le salon. (Au moment où ils vont entrer chez Mme Walter un monsieur en sort. )
Le Monsieur. — Bonjour, mon cher monsieur Duroy !
DuROY, s' inclinant. ■ — Monsieur !
Madeleine, sortant. — A tout à l'heure !