‹ Bel-amiChapitre 40 sur 77 · MADELEINE, DUROY · texte numérisé non relu

MADELEINE, DUROY

DtJROY. — Elle est amusante !

Madeleine. — Oui, — parce qu'elle est riche. Si elle -était pauvre, on la trouverait insupportable !

DuKOY. — Peut-être.

Madeleine. — Le déjeuner a été intéressant?...

DtTROY. — Très... Je vous expliquerai.

Madeleine. — Laroche-Mathieu est venu un instant •«îhez moi.

DuROY. — Il vous a mise au courant?

Madeleine. — Oui !... J'ai même prépar*- raiticle de demain.

DuROY. — Ça, c'est charmant... .T'ai rendez-vous au journal, à cinq heures, avec le jjatron ; j'avoue que je n'aurais pas eu le temps.

Madeleine. — Tenez !... vous reverrez ça !

DuROY, avec gratitude. — C'est c(jpié à la machine

Madeleine. — Je sais que vous n'aimez pas mon écriture.

DuROY. — Oh ! Madeleine, je l'adore !.. c'est tellement vous !... C'est net décidé.

IS

LE MONDE ILLUSTRE

Madeleine. — Alors, vraiment, mon ami, vous avez toujours pour moi la même sympathie...

DuBOY. — Ce n'est pas de la sympathie, c'est...

Madeleine. — Oh ! pas de mot trop grand... C'est une tendresse réelle.

DuROY. — Et c'est aussi de l'admiration profonde.

Madeleine. — Georges !

DUROY. — Oui, de l'admiration pour votre courage, pour votre ingéniosité, pour votre talent. Vous êtes la seule femme, Madeleine, avec qui je souhaiterais de vivre.

Madeleine. — Alors, vos projets n'ont pas changé?

DuROY. — Certes non !... et quand vous y consentirez, nous nous marierons.

Madeleine. — Eh bien, j'y consens.

DuROY. — C'est vrai?... c'est vrai?...

Madeleine. — Oui... Il ne faut pas encore l'annoncer... il sera temps dans un mois, à la veille du mariage.

DuROY. — Ma petite Mad, je suis heureux !... je suis heureux !

Madeleine. — J'avertirai seulement Clotilde.

DuROY. — Pourquoi?

Madeleine. — C'est mon amie la plus intime.

DUROY. — Est-ce bien nécessaire?

Madeleine. — Très nécessaire !... Je vais saluer jVIme Walter, et nous irons au journal ép^sèmble.

DuROY. — Oui, ma petite Mad, ma oKérie, ma femme ; mais je ne reste pas ici, j'entre avec vous dans le salon. (Au moment où ils vont entrer chez Mme Walter un monsieur en sort. )

Le Monsieur. — Bonjour, mon cher monsieur Duroy !

DuROY, s' inclinant. ■ — Monsieur !

Madeleine, sortant. — A tout à l'heure !

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