‹ Bel-amiChapitre 6 sur 77 · FORESTIER, DUROY · texte numérisé non relu

FORESTIER, DUROY

Duroy. — Ta femme n'est pas là?

Forestier. — Elle est dans la loge, avec Clotilde... Tu n'as pas pu venir dîner?

Duroy. — J'ai quitté le journal à huit heures et demie.

Forestier. — Du nouveau?

Duroy. — Non ! mais le patron était d'une humeur.

Forestier. — Quoi?... Sa petite l'a encore embêté pour que Claretie l'engage?

Duroy. — Je ne sais pas. Elle n'est pas venue au journal. Mais il a eu une longue conversation avec Laroche-Mathieu, et ils faisaient des têtes, tous les deux!... Je lui ai demandé une avance... Oh ! la la !

Forestier. — Tu n'as jamais le sou, toi ; tu entretiens donc des femmes?

Duroy. — Tu sais bien qu'on ne va pas loin avec trois I cents francs par mois.

Forestier. — Sans reproche, il y a deux mois, quand tu étais dans ta compagnie de chemin de fer, tu gagnais cent cinquante francs.

DuROY. — J'avais moins de frais... Il y a des jours où je regrette presque...

Forestier. — Merci !

DuROY. — Oh ! mon vieux, je dis ça ; mais je te suis très reconnaissant de m'avoir fait entrer à la Vie française ; seulement il y a des moments durs... Hier, j'ai joué... Je dois cinq cents francs.

Forestier. — A qui?

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