Scène III
Les mêmes. M™» WALTEH, SUZANNE, NORBERT.
Norbert. — Oh ! c'est merveilleux !... je comprends l'enthousiasme de M™" Walter.
Walter. — N'est-ce pas?... c'est bien?
Norbert. — C'est impressionnant !
lyime Walter. — Vous comprenez que je demeure devant cette image ; que je la regarde, que je prie, que j'en attende des consolations.
Norbert. — C'est du christianisme légèrement païen.
jVlme Walter. — Ah ! mon ami ! le fond de la religion c'est l'amour : les plus grandes saintes sont celles qui ont .'limé le Christ avec la plus grande ferveur ; et je peux bien, sans rougir, aimer mon Dieu.
Suzanne. — Oh ! mais, ne bougez pas. Bel- Ami.
DuROY. — Quoi ! vous allez faire mon portrait?
Suzanne. — Non ; soyez sérieux !... c'est très amusant!.. Mais il ressemble à ton Christ... Regarde, maman ; voyez, Norbert... c'est le même regard... c'est la même bouche.
DuROY. — Je suis très flatté...
Suzanne. — Ne riez pas !... ne riez pas !... Soyez un peu triste conmic tout à l'heure, quand nous sommes entrés... Regarde, maman... c'est trop drôle... Je t'assure qu'il y a quelque chose dans les yeux... dans l'expression...
Norbert. — C'est vrai...
Walter. — C'est positivement vrai...
Suzanne. — Mais qu'est-ce que tu as, maman? Tu es toute pâle...
M™» Walter. — Laissez-moi !... laissez-moi !... Ça m'a fatiguée de descendre, de monter... laissez-moi...
Walter. — Mais pas du tout, mon amie, je t'accompagne...
jVfme W'alter. — Ce n'est rien ! ce n'est rien !... Laissezmoi.
Suzanne. — Maman !
I^me Walter. — Non ! non !... Pas toi ! pas toi !... Je ne veux pas... (Elle sort.)
Walter. — Reste, va, ma petite Suzanne : il n<; faut
pas la contrarier.