‹ BelgiqueChapitre 103 sur 145 · Hdtel 4e ville · texte numérisé non relu

Hdtel 4e ville

Mais quel hôtel de ville ! je ne sais qui a comparé cet admirable morceau à une grande châsse pétrifiée, et la comparaison est juste. En effet , ce n'est pas un édifice , c'est un joyau : il a la forme d'une châsse, et il est paré ainsi qu'elle. Cela ne se décrit point ; c'est tout au plus si cela peut se peindre; cela s'admire. C'est plus tôt fait, el c'est beaucoup plus agréable. Qui a le malheur ou le bonheur de nç pas connaître cette merveille de goût, de grâce et de broderie lapidaire, doit s'empresser d'y aller voir, et cela seul vaudrait le voyage de la Belgique. Ce bijou , dont l'orfèvre , je veux dire l'architecte, fut Matthieu de Layéns, date du milieu du XV' siècle. Permis aux classiques et aux puristes en archéologie de dénigrer l'ogive fleuronnée , les arabesques et tout le gothique efflorescent de celte grande époque. Quant à moi, j'estime que l'art gothique n'atteignit à toute son incomparable perfection que dans ce fameux xv siècle. Il touchait alors à la décadence, soit ! comme le moyen âge dont il était issu ; mais c'était de cette façon dont l'art flamand s'incarna, deux siècles après , dans Rubens , pour jeter un dernier rayon éblouissant, et bientôt après disparaître ou n'avoir plus que des lueurs pâles et amoindries. La maison com* mune de Louvain fut le suprême effort de l'architecture gothique appliquée aux édifices temporels , comme la Descente de croix fut le dernier terme et le commencement de la fin de la peinture flamande. Une fois l'art humain parvenu au faîte dans une certame forme, il ne peut plus que déchoir, pour revêtir, il est vrai, des manifestations nouvelles : c'est le sort de tout ici-bas. Mais on a grand tort de confondre avec la 85 {

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décadence, comme on fait d'ordinaire , l'instant qui la précède immédiatement, ^t qni est fréquemment le plus glorieux. Affaire de goût, au reste : je suis pour les tableaux flamands très-colorés et le gothique très-fleuri. Qui ne m'aime ne me suive pas!

Je ne m'amuserai pas à compter les lucarnes ni à nombrer les clochetons. C'est un plaisir que je vous laisse, amis lecteurs qui vous piquez d'exactitude. Cependant entrons; car cette châsse , ciselée sur toutes les coutures , mérite aussi un coup d'œil, quoique pourtant le saint ne soit pas, par malheur, k la hauteur du reliquaire. Les salles du conseil, des mariages et autres sont assez belles ; mais , pour répondre a la splendeur du vêtement, il les eût fallu asiatiques. On y voit quelques tableaux de Verhaegen et de Luca Giordano, Le musée , relégué au troisième étage , n'a que des éléments assez confus et pas très- riches. Cependant, regardez-y bien ; vous apercevrez un Crayer, un Van Dyck , un Van der Helst , des Seghers , voire un tableau , ou tout au moins une belle copie de Rubens (une Résurrection) y et encore quelques jolies choses, mais mal en ordre et attendant un classement.

* s. Ésltses.

La collégiale de Saint-Pierre est une belle nef, hardie et élégante, que recommandent surtout une table de communion en marbre blanc, de Duquesnoy, superbe travail ouvré à jour et représentant des anges entrelacés dans des festons d'un goût exquis ; un jubé et un tabernacle dorés , du plu» flaerveilleux travail. Il y a au-dessus du portail un beau Crayer : la Remise des clefs du Paradis à saint Pierre. Il avait eu les honneurs de l'enlèvement pour Paris sous la domination française , et il a figuré au Louvre. Le sacristain vous parlera aussi de Quintin Metzys, de Van Dyck et de Hemmling répartis dans les différentes chapelles. C'r st son

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