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 répoque oit Paris était « le paradis des femmes et Tenfer des chevaux, » la ville de Matthieu Lansberg était, diton , « l'enfer des femmes et le paradis des prêtres. »» 93 mit bon ordre aux béatitudes temporelles du clergé de Liège; mais on assure qu'en revanche les maris continuent d*y bat- Ire quelque peu leurs femmes. Quoi qu'il en soit, j'éprouvais une vive curiosité de voir cette ville qu'une prédiction wallonne du XVI* siècle annonce devoir être un jour :
tt Beaucoup plus belle que ne fut Jérusalem;
« Beaucoup plus riche que Carthage ;
« Plus forte que Troie en Phrygie;
« Plus peuplée que Thèbes aux cent portes ;
« Plus fertile que Constantinople;
i%4 LA BELGIQUE.
<c Plus inexpugnable qu'Aquilée ;
« Plus laborieuse que Paris;
n Plus spacieuse que le grand Caire ;
u Plus privilégiée que Londres;
fi Plus marchande que Venise;
« Plus noble que Naples ;
« Et plus sainte que Rome. »
Je dois à la vérité de dire que la prédiction n'est pas encore réalisée , si ce n'est k l'endroit de Thèbes, de Troie en Phrygie et de Garthage , qui en effet le cèdent présentement à Liège pour la population , la richesse et la force. Le reste de la prédiction s'accomplira lorsque l'Europe sera cosaque, si Liège a cette bonne fortune de surnager dans le naufrage.
Celte ville, la plus pittoresque de toute la Belgique, â beaucoup d'analogie avec Lyon. Je ne pense pas qu'aucun touriste ait jamais fait cette remarque, qui m'a frappé. Les mêmes hauteurs l'environnent et la divisent, comme Lyon , en ville haute et ville basse; elle est pareillement assise au confluent de deux rivières, et la Meuse roule des flots jaunâtres qui rappellent la flave Saône; il est vrai que ni l'Ourthe, m même la Meuse , ne sont à comparer à l'imposante jonction du Rhône et de la Saône dans notre seconde cité. En revanche, les rues étroites , les maisons très-élevées de Liège , la fumée de houille, jointe k une atmosphère sans cesse humide et brumeuse, donnent k la ville un étroit rapport de physionomie et de parenté avec Lyon. Enfin , pour comble d'analogie, l'une et l'autre ville ont k leurs portes un faubourg ou village industriel baigné, qui par la Meuse, qui par la Saône, et portant le mAme nom, chose plus singulière! ( Seraing k Liège ; Serin k Lyon. ) En voilk plus qu'assez. Je pense, pour justifier le parallèle.