‹ BelgiqueChapitre 115 sur 145 · CHAPITRE XI. 19r · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI. 19r

la Dardanelles et sur laquelle est gravée cette inscription menaçante :

Discite pacate sub principe vivere , cives.

Seditiopœnis nul la carere solet.

Cet ouvrage turco-allemand fut détruit à la Révolution française.

« Le caractère liégeois a , dit un auteur, je ne sais quoi de prompt, d'ouvert, de facile, de vif, de spirituel, de malignement plaisant, de résolu, d'aventureux , dont on retrouve encore l'empreinte à travers l'exquise politesse et les formes bienveillantes de la bonne société. » — « On trouve même dans ce peuple , dit un autre , quelque chose de méridional : des yeux noirs , des cheveux noirs , un teint quelque peu basané, de la chaleur de tête , de l'imagination , de la gaieté, et cette irrégularité de traits qui annonce une race passionnée.... La politesse et l'hospitalité des Liégeois sont extrêmes , et il.y a peu de villes où l'inégalité des fortunes se fasse moins sentir. Le Liégeois est brave, bon soldat, curieux, grand parleur, et il cultive avec distinction toutes les branches d'art. Il semble né musicien , poète , peintre , mécanicien ; son génie ne veut rien d'imité ; il se crée un talent propre , même en littérature. Ce qui distingue particulièrement les Liégeois , c'est leur amour pour la liberté et pour leur pays. *

En effet , l'histoire des Liégeois est des plus accidentées , surtout au xv* siècle, où Walter Scott est loin d'en avoir épuisé tout le drame. Ils eurent toujours maille à partir avec leurs princes-évêques , et aujourd'hui ils continuent vaillamment leur rôle d'opposition naturelle (ils sont nés montagnards) dans les discussions parlementaires belges. Ce bon Charles le Téméraire en tua d'une seule fois 40 ou SO 000, et le Sanglier des Ârdennes compléta en mainte occasion la tuerie. Néanmoins les Liégeois se relevèrent toujours plus forts et plus fiers qu'auparavant. C'est un peuple excellent et brave.

et les Liégeois sont peut-être de tous les Belges ceux qui prendraient le mieux leur parti de redevenir français. Ils ne pardonnent pas à sir Walter Scott de les avoir fait parler flamand dans la scène si célèbre de Quentin Durward.

Qu'allais-je faire, bon Dieu? j'allais oublier de mentionner Matthieu Lansberg parmi les grandes illustrations liégeoises. Ce même Matthieu fut chanoine de l'église Saint-Barthélémy, dont nous n'avons point parlé , et à tort , car elle renferme en peinture et en sculpture quelques œuvres d'art distinguées dues à des enfants de Liège.

V. Environs de IJéfipe. — HireB. — Souvenir du Sanglier des .l.rdennes. — Chlévremont. — CkMidfontolne. — 4|^ulneAnipolx. — Boverle. — Tllf. — Bords de l^Oartlie. — YlelUe- :n[ontosne.

Il ne s'agit que de la banlieue immédiate. Le reste trouvera place plus loin. Les buts de promenade favoris des Liégeois sont d'abord , au delà du pont de la Boverie, le village de Wez, célèbre par le combat que livra en ce lieu l'évéque Louis de Bourbon au Sanglier des Ardennes , et où le premier fut tué. Mais laissons parler un écrivain liégeois :

« Le Sanglier s'avança , k la tête de ses marcassins , selon l'expression de sir Walter Scott, pour venir surprendre Liège. Louis assembla quelques milices bourgeoises et marcha aussitôt k la rencontre de son infatigable ennemi. Le combat ne fut pas long : les troupes de l'évéque, dans lesquelles d'ailleurs il y avait des traîtres , furent facilement mises en déroute; et. lui-même , se voyant presque seul , perdu dans un défilé, sans moyens de défense, entouré d'ennemis qui s'apprêtaient déjà à le massacrer, cria au duc d'une voix lamentable et pleine de sanglots : Grâce! grâce! seigneur d'Arem-berg^je suis votre prisonnier ! Le lâche ! il demandait donc grâce, lui qui avait jadis fermé l'oreille aux prières de tout un peuple ennemi de sa tyrannie , lui qui avait causé la ruine d'une malheureuse ville et le massacre de 50 000 ha-

Page 1