‹ BelgiqueChapitre 3 sur 145 · AVIS AUX VOYAGEURS · texte numérisé non relu

AVIS AUX VOYAGEURS

a lieu , que de s'encombrer d'une cargaison. La culotte de soie noire et les six chemises de Sterne constituaient peut-être une yali^e un peu mince pour un touriste de sa force. Je connais un homme de lettres fort distingué qui ne voyage jamais, dit-il , qu'avec une chemise : celle qu'il emporte sur le dos.

« Est-elle sale , je la donne au garçon pour boire, ajoute-l-il, et j'en achète vite une autre. » C'est l'exagération du système opposé à celui que nous proscrivons. Rien de trop ni de trop peu.

En règle générale, quinze ou vingt kilogrammes, condensés, s'il se peut, en un seul colis , pour moins de vigilance et d'embarras , peuvent et doivent suffire en voyage à tout réel besoin de l'honnête homme.

L'utilité de cette légèreté d'allure ressortira surtout en Belgique de la réglementation des chemins de fer, dont les prix sont très-modérés , mais qui ne passent aucuns bagages aux voyageurs.

Une autre recommandation que nous ferons à nos lecteurs est celle de descendre de préférence , si toutefois l'état de leur bourse n'y forme pas le plus dirimant des obstacles , dans les premiers hôtels et les plus famés (ils seront indiqués ci-après pour chaque villeV La dépense n'y est pas en général beaucoup plus forte que dans les hôtelleries de second plan, et la supériorité du service y compense largement la triste et d'ailleurs assez minime économie que l'on pourrait réaliser. Dans ces grands hôtels, qui se recommandent en Belgique par une tenue parfaite , il convient de préférer, i moins d'empêchements privés, le succulent communisme de la table d'hôte à tout autre mode, nécessairement plus cher, en revanche beaucoup plus sommaire , de sustentation.

Il n'y a point à marchander dans ces maisons recommandables et honorablement connues de toute l'Europe voyageuse. Les Anglais ont conservé

de 48ibj où, par manière de représailles , ils (tirent si bien accommodés par les traiteurs parisiens , cette défiante habitude de s'enquérir, au débotté, du prix de toutes choses, et j'en ai vu n'oser avaler un œuf à la coque avant de savoir à une mouillette près ce qu'il leur en allait coûter. Je ne conseille pas à mes compatriotes d^'éviter cette assez sordide manié ; car je ne pense pas que ce soit leur travers.

Il faut la réserver en tous cas, et précisément , pour ces mauvaises auberges ou hôtels borgnes , où un voyageur de quelque apparence est une rare proie sur laquelle il peut bien arriver, en effet, qu'on se rue, pour l'extraordinaire du fait, avec une certaine rage.

Raison de plus, entre vingt, pour éviter ces mauvais gîtes. D'ailleurs, les hôteliers de Belgique, les bons, sont les plus honnêtes que j'aie encore rencontrés.

Je vous conseillerai encor», surtout dans un pays où il y a tant d'églises et de monuments à visiter, d'avoir toujours «grand soin de vous précautionner abondamment de moyennes et de menues monnaies, sans quoi, dans l'embarras des grosses pièces, vous payerez involontairement double ou triple du raisonnable pourboire. Je sens que les portiers et les sacristains belges vont, pour ce simple avis , vouloir conmie un seul homme m'arracher les yeux ; mais cela m'est égal , je ne connais que mon devoir, et, si la vue m'est arrachée , j'aurai pour moi ma conscience et le calme de la vertu.

L'index alphabétique placé à la fin du volume contient tous les renseignements utiles sur les hôtels, les maisons de change, les monnaies, les voitures , les cafés, les théâtres, etc., etc.

Ainsi disposés, ces renseignements, auxquels les voyageurs doivent recourir fréquemment, sont faciles à trouver, et ne viennent pas interropipre la partie historique et descriptive du Guide,

Page 1