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CHAPITRE V. SI

bled, disent les auteurs d'un livre récemment publié en Bel<» gique sous le titre du Diabl& à Bruxelles ^ pour que ces petits marchands, avec leur tal>Iier blanc et leurs manchettes blanches, puissent débiter leurs œufs, leurs noix^ leurs mastelles , leurs crevettes rouges , leurs caracales poivrées et leurs pommes de terre à Teau , le boze se contraint à ne iivr^ à ses habitués que des pistolets au fromage et à la \wa^ gue fumée. Ajoutez à cela un peu de moutarde dans une tasse et une pincée de sel dans un encrier, et vous aurez la carte de tout ce que le boze se permet de donner à manger aux gens. »

Aussi c'est tout le jour, dans les tabagies , une allée et venue de musiciens ambulants, de faiseurs de sauts dé carpe et de tours de cartes , de quêteurs pour Thospice de Sainte^ertrude , et de ces petites marchandes ou marchands qui harcèlent un peu le consommateur avec leur :

« N*as rien besoin^ monsieur 1 des œufs, des mastelles T »

Non-seulement le boze tolère tout cela , mais il arrive bien souvent qu'il joint sournoisement sa piécette à la petite col* lecte de cents et de sous simples recueillis par les plus dignes de pitié de cette procession de quémandeurs. Honneur à ce digne homme! Cette générosité silencieuse et simple rachète, et bien au delà, les quatre murs nus, et le poêle fumeux, et le lambris enfumé , et les tables de bois , et les sièges trop durs de l'estaminet brabançon.

Les estaminets les plus renommés sont V Aigle, rue delà Fourche; la Louve, sur la Grande Place; la Fontaine , rue de Louyain ; le Lévrier, rue de la Montagne de la Cour; Y Ancien Corbeau y rue del'Èvéque; les Trois Perdrix^ rue de l'Escalier. Ce dernier a conservé tout le caractère naïf des anciens jours, et il n'y manque que les tout petits carreaux en losange sertis de plomb, tamisant un jour rare et gris, pour «n faire un Van Ostade ou un Brauwer.

: .11 y a enfin les estaminets-jardins, où se rendent les fa- 85 f

St LA BELGIQUE.

milles , et oii les bières de Louvain et de Diest remportent sur le lambick et le faro.

Le casino des galeries Saint-Hubert est un café-concert, plus brillamment monté que ceux de Paris , et dopt l'admi* nistration fait fortune.

Les principales sociétés particulières de Bruxelles sont la Grande-Harmome et la Philarmome^ qui justifient souvent leur titre par de magnifiques concerts. La Grande-Harmonie est la société-type des réunions de ce genre; elle est la plus florissante et , si je ne me trompe , aussi la plus ancienne de Bruxelles. C'est un petit État dans TÈtat. Viennent ensuite la société ThaliCrle Cercle artistique et littéraire^ le Commerce^ le Bac y le Club^ la Philanthropie et V Harmonie d'Yxelles. Toutes ces sociétés exercent noblement l'hospitalité envers les étrangers , et plusieurs de nos réfugiés leur ont dû non-seulement un accueil cordial et fraternel, mais encore une aide zélée et efficace pour surmonter les embarras de leur position et obtenir, par leurs talents de divers genres, une amélioration dans leur sort que quelques-uns ont déjà brillamment conquise.

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