DEN 18 JUIN
« Aux héros morts leur souverain et leur pays reconnaissants. Qu'ils reposent en paix ! Belle - Alliance- 18 juin 1815. B
Au milieu de tous ces monuments étrangers, l'œil appelle en vain une sépulture française... - Pas un de nos braves n'a obtenu l'àhri d'une tombe ; un seul pourtant, VinîixrUiaé gé-
néral Duhesme, de Isl jeune garde ^ et ce tombeau évoque un odieux souvenir. Blessé grièvement à Waterloo , Duhesme gisait dans une maison de Planchenois , lorsque l'ennemi s'y rua après le gain de la bataille. Les hussards de Brunswick, furieux de la mort de leur général et souverain le duc régnant, tué l'avant- veille aux Quatre-Bras, se jetèrent comme des forcenés sur le malheureux général qu'ils achevèrent, et qui fut littéralement coupé en morceaux. Ses restes mutilés reposent dans un fossé , près de la route.
•• Détails sur la toatallle.
Déjà , à Ligny et aux Quatre-Bras , on avait pu voir que la lutte prenait un caractère d'extermination sans exemple depuis les invasions barbares et les tueries du moyen âge. On ne combattait plus nation contre nation, régiment contre régiment, mais homme contre homme ; on ne faisait plus de quartier, et il semblait qu'en face de soi chaque combattant eût rencontré , non un adversaire loyal , mais bien son ennemi mortel. Les généraux des deux partis étaient épouvantés de cette frénésie de carnage qu'ils cherchaient en vain k calmer. A Waterloo , le surlendemain , ce fut pis encore. Le duc de Wellington écrivait lui-même au maréchal Belesford : « Je n'ai jamais vu de mêlée aussi effroyable. Des deux côtés on ressemblait k ce que les boxeurs nomment des gloutons. n On désigne ainsi les champions dont la rage s'empare et qui ne cherchent plus dès lors quk se porter des coups mortels. Pirson m'a raconté Ik-dessus des détails k faire frémir. Des blessés français , échappés au massacre, restèrent plusieurs jours sur le champ de bataille, mêlés aux morts, sans pansement et sans secours d'aucune sorte. La ferme d'Ougoumont, dont on voit les débris encore noircis par la fumée, k la droite de la chaussée, prise, reprise quatre fois par la division de Jérôme Bonaparte sur les Anglais, et réciproque-