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CHAPITRE IX

pierres sépulcrales , Tune érigée aux descendants de François Rubens , fils de Tilluslre mort ; l'autre dédiée par le chanoine Parys , auteur du monument principal , à ses parents et à sa famille, qui étaient aussi ceux du glorieux trépassé.

« Ce fut le 30 mai de l'année 1640 , le jour de Saint-Ferdinand, un mercredi, que le chevalier Pierre-Paul Rubens, âgé de 63 ans et 11 mois, succomba aux douleurs de la goutte, vers l'heure de midi, dans son hôtel, situé à Anvers dans la rue qui , dès lors , a pris le nom de l'illustre défunt.

« Bientôt la ville entière fut instruite de ce douloureux événement. La désolation et le regret se peignirent sur les traits de tous les habitants. La consternation devint générale; on n'entendait partout que dire et redire encore : Bubens is doodl.... Rubens est mort !

« Mais les cloches du beffroi de Saint-Jacques , aux sons intermittents, faisaient déjà retentir bien loin dans les airs leurs vibrations lugubres , comme pour annoncer aux régions lointaines l'émigration pour Fautre monde du chef suprême de l'école des Pays-Bas.

« De toutes parts , sur la place de Meîr, on voyait passer des domestiques aux livrées de couleurs diverses, allant à la maison mortuaire s'enquérir, au nom de leurs maîtres, d« la réalité du fatal événement. Sur la Grand' Place, tout le monde attendait avec impatience le retour des messagers de ville , die stads bofen , qui bientôt vinrent confirmer aux magistrats réunis en collège échevinal la triste nouvelle du jour. Le collège , séance tenante , députa une commission de quatre de ses membres accompagnée du premier conseillerpensionnaire , M" Jacques Edelheer, pour offrir à la famille le compliment de condoléance.

« Les membres de la Chambre de Rhétorique , ainsi que ceux de la confrérie des Arquebusiers et de celle des Romains, s'empressèrent également de témoigner à la famille

la part qu'eux aussi ils prenaient k la perte de leur illustre confrère. Rubens appartenait k toutes ces sociétés.

« D'après l'usage du temps, l'enterrement eut lieu le soir. Tout le clergé de la paroisse, accompagné des marguilliers, des chapelains, des aumôniers et de toutes les confréries de l'église , assistèrent k cette lugubre cérémonie. Les magistrats en corps et en robes , suivis des personnes les plus notables de la ville , avaient le pas immédiatement après les personnes de la famille. Le convoi était précédé ^'un grand nombre de religieux des divers ordres monastiques , tels que ceux desRR. PP. minimes , des augustins, des carmes déchaussés , des dominicains , des frères mineurs et des beggards, qui tous , en avançant d'un pas grave, entonnèrent d'une voix pénétrante , sous la voûte des cieux , les cantiques des morts. A la tête marchaient soixante orphelines portant chacune un flambeau allumé. » (Extrait du Tombeau de Runés, par Frédéric Verachter, archiviste, ancien bibhothécaire de la ville d'Anvers. )

Les funérailles, c'est-k-dire le service religieux et le festin mortuaire, eurent lieu trois jours après, avec une affluence, une pompe et une dépense extraordinaires. On en a conservé les comptes ; et le repas funèbre , dans la maison du mort seulement, car il y en eut beaucoup d'autres , coûta 400 florins , somme très-considérable pour l'époque ; tout le reste fut en proportion.

En 1643, les restes de Rubens, provisoirement déposés dans le caveau de famille de sa femme , Hélène Fourment, qu'il laissait enceinte d'une fille, furent définitivement placés dans le caveau qu'ils occupent encore sous le parvis de la chapelle où se voit sa pierre tumulaire.

Deux cents ans après, en 1843, eut lieu k Anvers l'inauguration de sa statue; et les mêmes transports, mais cette fois c'étaient des transports de joie, éclatèrent dans la cité tout entière. Le populaire s'y associa avec l'enthousiasme le

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