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Jrardln et lén^ende du musée «TAnvers

Le jardin qui entoure le musée contient quelques sculptures, dont un buste d'Appelmans, l'architecte de la cathédrale d'Anvers, exécuté sur un portrait d'Albrecht Durer , et une statue en bronze de Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, qui se noya, selon quelques-uns, par amour pour un chien , dont l'image fat placée s«r le tombeau de cette princesse ^ et qu'elle tenta de sauver.

Notre profond et spirituel confrère, Gérard de Nerval, raconte quelque part une bonne histoire à propos du musée d'Anvers. Il est si obligeant qu'il nous permettra de la lui emprunter pour, le plus grand plaisir de nos lecteurs; je voudrais pouvoir dire : à charge de revanche. Je le souhaite sans l'espérer. Or donc, a on avait confié, dit Gérard de Nerval, la direction du musée à un ancien peintre d'histoire, axthousiaste de Rubens , quoique très-fidèle au goût classique , et n'admirant son peintre favori qu'avec certaines restrictions. Ce malheureux n'avait jamais osé avouer qu'il trouvait quelques défauts , faciles du reste à corriger, dans les chefs-d'œuvre du maître. Ce n'était riea au fond : un glacis pour éteindre certains points lumineux, un ciel à bleuir, un attribal, un détail bizarre & noyer dans^ l'ombre, et alors ce serait sublime. Cette préoccupation devint maladive. N'osant témoigner ses réserves ni s'attaquer ea plmn jour à de tels eliefs-d'œuvrey craignant le regard des artist(5s;

étudiants et même celui des employés , il se levait la nuit , ouvrait délicatement les portes du musée et travaillait jusqu'au jour sur une échelle double k la lueur d'une lanterne complice. Le lendemain , il se promenait dans les salles en jouissant de la stupéfaction des connaisseurs. On disait : « C'est étonnant comme ce ciel a bleui ! C'est sans doute la « sécheresse , ou l'humidité.... Il y avait là un Triton.... la « couleur d'ocre l'aura noyé par un effet de décomposition o chimique. » Et on pleurait le Triton. On s'aperçut de ces améliorations trop rapides bien longtemps avant d'en pouvoir soupçonner l'auteur. Convaincu enfin de manie restauratrice , le pauvre homme finit ses jours dans un de ces villages sablonneux de la Campine, où l'on emploie les fous k l'amélioration du sol. »

48« notice sur "Vaii Dyek.

Van Dyck, après Rubens, remplissant Anvers et les Flandres de sa renommée , une notice sur ce grand peintre , d'après des documents peu connus, recueillis dernièrement en Angleterre, nous paraît ici à sa place , et nous avons lieu de penser qu'elle intéressera nos lecteurs.

Van Dyck , dont les Flamands prononcent le nom Van Daèke, naquit k Anvers en 1599, d'une famille riche. Il fut d'abord l'élève de Henri Van Baelen , et bientôt de Rubens lui-même, dans l'atelier duquel il entra en 1645, n'étant âgé que de seize ans. A vingt ans il était àéjkprimus inter pares dans l'atelier, et peintre d'un talent hors ligne. Rubens, reconnaissant son aptitude spéciale au portrait, lui donna le conseil de suivre spécialement cette branche de l'art , ce que l'on a considéré fort a tort comme une marque de jalousie donnée par le grand Pierre-Paul, incapable d'un sentiment si bas , et d'ailleurs en mesure de ne craindre de rivalité d'aucun genre.

En 1620, Van Dyck fit un court voyage en Angleterre, où

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