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CHAPITRE IX

des documents Ttuthentiques établissent qu'il fut dès lors apprécié et employé par Charles P'.

Plus tard il partit pour Tltalie. On sait son aventure en route. Rubens ne négligea rien pour le tirer du lieu obscur (Saventhem) où le retenait sa passion folle , et ne cessa de lui prodiguer les conseils d'un ami, d'un maître, d'un père.

Il passa d'abord à Venise, où il ne fit qu'étudier et se|)erfectionner dans son art. Puis il arriva à Gênes, qui devint son quartier général en Italie , et où il revenait sans cesse, après des séjours plus ou moins longs k Rome , à Florence, à Turin, à Palerme, à Naples. A Rome, où il peignit tout le sacré «collège, il mena le train d'un prince.

Après cinq ans passés en Italie, il revint à Anvers, où il séjourna cinq autres années. C'est durant cette période de sa vie que se placent son aventure avec les chanoines de Gourtrai (voir le chapitre : Courtrai) et sa rencontre avec le peintre hollandais Franz Hais. Ce Hais, aussi grand ivrogne que grand artiste, habitait Harlem et vivait principalement au cabaret. Van Dyck l'alla trouver sans se nommer, et le pria de faire son portrait. Hais, qui le prit pour un grand seigneur dont au reste il ayait toute l'apparence, exécuta en peu d'instants la commande. Van Dyck lui dit alors négligemment , après avoir loué l'ouvrage , qu'il se sentait aussi du goût pour la peinture, et qu'il avait envie d'essayer sur Hais lui-même cette besogne du portrait, qui lui semblait chose facile. Hais voulut bien poser par complaisance, et l'amateur inconnu saisit les pinceaux à son tour. Quand il eut fini, il permit k Hais d'y jeter les yeux. Celui-ci, du premier coup d'œil, reconnut son maître, et se jeta au cou de l'étranger, en criant : « Vous êtes Van Dyck !' »

C'est aussi durant ce séjour qu'il fit le portrait de Marie de

Médicis et celui de Gaston d'Orléans , réfugié en Flandre , et

qu'il fut appelé en Hollande kla cour du prince d'Orange, où

il peignit toute l'aristocratie hollandaise, connue il avait fait

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celles de Gènes, de Rome, de Turin, de Florence, et des provinces flamandes.

Ce fut en 1632 qu'il se rendit pour la seconde fois en An- -gleterre, où il devait mourir, et où il eût atteint à la plus hrillante fortune, si le Pactole lui-même n'eût été impuissant à enrichir un homme qui vivait en roi , et n'avait rien k lui en propre. Un jour que Charles I" posait devant lui, lord Arundel, alors grand maître du palais, vint à lui parler de finances. La caisse royale était alors fort épuisée. •« Et vous, seigneur chevalier, dit le roi au peintre (il l'avait fait chevallier) ^ savez- vous ce que c'est que d' avoir tesôin de trois ou quatre mille livres ? — Oui , sire , lui répondit Van Dyck ; celui qui tient maison ouverte à ses amis , bourse ouverte à ses maîtresses, voit bientôt le fond de ses coffres. *

Des recherches récentes sur la vie de Van Dyck paraissent établir que, désespérant de tenir en équilibre ses recettes et ses dépenses, bien que son talent, alors dans toute sa maturité et tout son éclat lui rendit des sommes énormes , il s'adonna à l'alchimie, et chercha, après tant d'autres, le secret de faire de l'or. Jean Lievens, dans son voyage en Angleterre, le trouva, dit-on, non dans son atelier et à l'œuvre, mais dans un laboratoire, pâle, maigre, hâve et courbé sur un creuset.

Ses amis, les grands seigneurs britannniques, et le roi luimême, qui l'affectionnait, s'employèrent à le détourner de la voie fatale où il s'engageait à cet égard comme k quelques autres, et entreprirent de le ranger. Dans cette vue, ils le marièrent à Marie Ruthven, d'une grande famille d'Ecosse, dont il eut une fille unique.

Mais sa constitution physique, frêle et gracieuse, était sensiblement altérée par l'excès des travaux et des plaisirs, qu'il n'avait pas menés de front sans grand préjudice pour lui-même. On suppose que des chagrins qu'il éprouva dans les derniers temps de sa vie hâtèr^.'st sa fin si précoce. Après

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