‹ BelgiqueChapitre 96 sur 145 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

est surmonté d'une statue de la Vierge , qui a remplacé sur le faîte de l'édifice l'antique géant anversois. Le principal ornement de ce stadt-huys est intérieur : c'est la salle des mariages, dans le goût renaissance, et dont la cheminée monumentale peut rivaliser avec celle du Franc à Bruges. Sur la grande place de l'Hôtel-de-Ville, toute bordée de maisons espagnoles, se voit celle où la tradition veut que Charles-Quint soit descendu, lorsqu'il résidait à Anvers, et qui diffère peu .des autres.

Derrière la maison municipale sont les quartiers les plus étroits, les plus tortueux, mais les plus gothiques et les plus pittoresques de la ville.

La Bourse y qui date de 1531 , est charmante. C'est un cloître à quatre faces, ouvert sur une vaste cour, et attenant à quatre rues que forment et soutiennent des arceaux trilobés , eux-mêmes supportés par quarante-quatre colonnes de la plus belle pierre bleue. D'élégantes nervures, partant des piliers, parcourent la voûte et donnent k cet édifice un trèsgrand caractère dont se soucient peu probablement les bons négociants d'Anvers , mais dont il est difficile à l'étranger tant soit peu artiste de n'être pas très-frappé.

Longtemps les Anversois furent plutôt manufacturiers qu'armateurs , et plutôt commissionnaires que négociants. Les villes hanséatiques avaient alors chez eux des facteurs qui échangeaient leurs produits contre les marchandises du nord. De là l'origine de la maison hànséatique ou des Oosterlings^ bel et vaste édifice de la fin du xvi" siècle , situé entre les deux bassins , et où loge le consul des villes libres de Hambourg, Brème et Lubeck, auxquelles il appartient.

La citadelle^ située à une certaine distance de la ville sur la rive droite du fleuve, et construite suivant les règles de la fortification moderne, c'est-k-dire rasant la terre, est un pen—

tagone régulier dont deux fronts regardent la campagne, un autre l'Escaut, le quatrième Anvers, et le cinquième les remparts, de la ville, qu'il a pour but spécial de protéger. Cet ouvrage construit par les Espagnols , mais qui , depuis eux y a subi de grandes et profondes modifications, est très-fart ; ce qui n'empêcha pas l'armée française de s'en emparer en 183â contre les Hollandais , après y avoir jeté plus de 60 000 bombes ou boulets et après l'énergique résistance (lu général Chassé, qui, au dire de son vainqueur, le maréchal Gérard, « ne pouvait tenir un jour de plus. »

Lorsque des quais d'Anvers on regarde l'Escaut, on distingue au delà du vaste fleuve un ouvrage fortifié : c'est ce qu'on nomme Téte-de-Flandre, à la fois limite et protection de cette riche et florissante province de la monarchie belge ; c'est un retranchement très-fort, sans en avoir l'air, comme la citadelle d'Anvers. On se rend de cette ville à la Tête-de- Flandre par des bateaux à vapeur omnibus qui traversent le fleuve plusieurs fois dans la journée.

L'illustre général Camot fut le dernier gouverneur français d'Anvers , dont il ne voulut rendre la citadelle aux armées alliées qu'après la signature du traité de Paris , et lorsqu'il n'eut plus aucun prétexte de tenir.

±9. lie p«rÉ et les baMilns.

La prospérité maritime et commerciale d'Anvers e&t, comme on le sait , très-ancienne. Au xvr siècle , elle comptait plus de 200 000 habitants, et l'on n'évaluait pas à moins de 500 le nombre des navires qui entraient chaque jour dans l'Escaut. Ce fut le temps des grandes corporations de peintres et d'orfèvres ; le commerce puissant faisait fleurir les arts, propension dont il s'est bien guéri depuis. Ce noble goût n'empêchait pas les Anversois de faire des fortunes gigantesques* Charle&-Quint eut ehiez eux son Sa-

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