‹ BélisaireChapitre 28 sur 75 · A IN T O N I N E · texte numérisé non relu

A IN T O N I N E

Cher époux !

EUDOXE

Quoi! se peut-il..? manière!...

Calme-toi, mon enfant.

MARCIEN

Spectacle de douleurs !

ANTONINE

La foudre m'a frappée.

EUDOXE

A vos pieds je me meurs!

BÉLis A IRE, pressant sa femme dans ses hraSj tandis que

sa fille embrassa ses genoux.

Je vous retrouve enfin, ô bonheur! ô délice ! Mais je ne puis vous voir !... effroyable supplice. Chère Eudoxe , Antonine , en ces cruels moments Je ne vous reconnais quà vos gémissements.

28 BELÎSAIP.E.

Ranimez près de vous mon ame tout entière; Parlez , et votre voix me rendra la lumière.

A NT ON I NE

Votre tille en pleurant embrasse vos genoux. BÉLISAIRE, la relevant et la pressant sur son cœur. Viens... plus près... mon Eudoxe !

MARCiEN, à part.

O malheureux époux 1

EUDOXE

Quelle source, grand Dieu, d'éternelles alarmes ! Je succombe à vos maux... j'expire dans les larmes... J'invoque en vain le ciel... mes vœux sont superflus. Ah ! j abhorre ce jour que vous ne voyez plus.

BÉLISAIIÎi;.

Modère un désespoir où ton ame s'abyme ; Payons à la douleur un tribut légitime ; Gémissons sur nos maux , mais par de vains transports N'épuisons pas notre ame en pénibles efforts.

A N T o N I NE ( I )

« Monstres cruels ! eh quoi ! voilà sa récompense, (1 Le fruit de ses travaux , le prix de sa vaillance , « Des combats où cent fois nous 1 avons vu courir.

« C'est en servant l'Etat que j'aurais du mourir.

EUDOXE

« Sur votre cœur encor votre fdle se presse.

(i) Ces vers d'abord letrancliés par la police, avaient été rétablis à la demande réitérée des censeurs.

Page 1