ACTE H, SCENE V. 9.(j
ANTONINE
(( Quelle rage , grand Dieu ! quelle horrible bassesse ! <i Du vertueux Justin , indigne successeur , « Lâche Justinien...
Epargnez l'empereur :
« Il n a point commandé ce forfait détestable.
ANTONINE
« Des crimes qu'il permet un monarque est coupable.
« Lorsqu'il prêtait l'oreille à nos vils ennemis,
« N'a-t-il pas avoué tous ceux qu'ils ont commis :
« Jl n'a point ordonné cette affreuse injustice!
« Mais de Théodora n'est-il pas le complice?
« Mais en d'indignes mains il remit son j)Ouvoir.
« il doit compte aujourd'hui des maux qu'il dut prévoir. »
Le soupçon fut injuste, il ne dut pas le croire; 11 a changé mon sort sans atteindre ma gloire ; iNla gloire fut d'aimer et de servir l'Etat, Et f on doit tout encore à son pays ingrat.
ANTONIN E
Le courage n'est point dans cet effort sublime, lit la vertu connaît un courroux légitime.
Justiuien, trente ans, m'a comblé de bienfaits.
ANTONINE, m>ec indignation.
De sa reconnaissance adorons les effets !
3o BÉLISATRE.
BliLlSAIRE.
ÎNos ennemis n'ont point consommé ma ruine . Jl me reste un ami, je suis près d'Antonine : Ma fille, sur mes mains je sens couler tes pleurs, Je puis porter ma peine et non point vos douleurs.
EUDOXE
Ah ! par combien de soins mon active tendresse Saura calmer vos maux, charmer votre tristesse ! Du destin rigoureux Tarrêt ne peut changer, Je saurai ladoucir...