ACTE II, SCENE VL
Fidèle à Thélésis , Antonine aujourd'hui Va serrer le lien qui nous unit à lui.
BÉLISAIRK.
Si tels sont vos desseins, que tardez-vous encore? Pour former sans obstacle un lien que j'abhorre, De ces lieux à l'instant chassez-moi sans pitié ; Du seul bien que Narsès ne m'a point envié Privez-moi sans retour ; et , comblant ma misère , Repoussez loin de vous le triste Bélisaire. Antonine, je pars... vous n'avez plus d'époux. Qu'on me rende mon guide...
ANTONINE
O ciel ! que dites-vous ?
Est-ce à moi que s'adresse un reproche barbare ? Reconnaissez l'erreur où votre esprit s'égare , Et pardonnez l'espoir que mon cœur alarmé Pour Eudoxe , pour vous , en ce jour a formé. Je puis braver l'opprobre , endurer la misère , Mais la nature aussi parle au cœur d'unenièaé ; Elle peut condamner un devoir criminel.
Venez la consulter sous le toit paternel , Et sourd à cette voix, j)rès de votre famille , Dictez , si vous l'osez , 1 arrêt de votre fille.