‹ BélisaireChapitre 58 sur 75 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

JUSTINIEN

C'est le cri du malheur : je m'y devais attendre.

Sa plainte à Thélésis ne peut se faire entendre : Tout est prévu. César.

JUSTINIEN

i3e sa juste fureur L'excuse, Bélisaire, est au fond de mon cœur, Et lorsque de remords ta présence m'accable Est-ce à moi de trouver Antonine coupable ? Ah! si ma mort du moins prévenant ses |)rojets...

Justinien ici n'en craint pas les effets.

JUSTINIEN

A ce pressant danger qui pourra me soustraire? Sans défenseurs qui peut me sauver ^

BÉLISAIRL.

D'Antonine j'ai su prévenir les desseins, Et César est encore au milieu des Romains.

JTJSTINIEN,

Quune heure seulement recouvrant ma puissance, Je puisse, Bélisaire, assurer ta vengeance ; Que l'indigne Narsès amené devant toi...

11 a servi l'Etat, il n'a trahi que moi . Je lui pardonne.

JUSTINIEN

Eh bien , qu'un effort plus sublime Etende jusqu'à moi ce pardon magnanime.

Ah ! ce mot convient-il... ?

JUSTINIEN

Mon cœur l'a répété :

La honte est, je le sens, de l'avoir mérité ; Mais songe, en méjugeant dans ta rigueur extrême, Aux fléaux que le ciel attache au diadème, A ces tristes soupçons , à ces longues terreurs, Que de vils courtisans nourrissent dans nos cœurs.

Une seule pensée à mon ame est présente, Et la patrie en vous est encore vivante : Votre salut commun , dans ces cruels moments , Fait taire de mon cœur tous les ressentiments.

JUSTINIEN

Tu m'arraches en vain au destin qui m'entraîne;

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