ACTE V, SCENE II
EUDOXE
Seigneur, je vous l'ai dit, je reste dans ces lieux; C'en est fait, Thélésis, recevez mes adieux : Le ciel ne nous a point destinés l'un à l'autre ; Ma gloire est désormais d'échapper à la vôtre; De ce cœur où vivront vos vertus, vos bienfaits, S'exhalent malgré moi de coupables regrets ; Mais c'est là que s'arrête une indigne faiblesse.
THÉLÉSIS.
Non ; vous cherchez , madame , à tromper ma tendi^esse ;
Malheur à votre père, à vous-même ! en ce jour
On n'aura pas en vain outragé mon amour :
Sans consulter un cœur qui m'était dû peut-être.
Pour la première fois ici je parle en maître ;
Je n'interroge pas vos dédains, vos refus.
J'ordonne.
EUDOXE
Epargnez-vous des ordres superflus.
Et craignez d'ajouter à mes vives alarmes La honte de rougir de l'objet de mes larmes ; Sur moi n'essayez pas un injuste pouvoir: La nature et le ciel m'ont prescrit un devoir Préférable au bonheur que je lui sacrifie ; Je saurai le remplir au péril de ma vie.
THÉLÉSIS.
Eudoxe, à mon amour vous réserviez ce prix! Vous me fuyez en vain ; je prétends...