‹ BélisaireChapitre 63 sur 75 · SCENE IL · texte numérisé non relu

SCENE IL

EUDOXE, THÉLÉSIS, LÉON, gardes.

THÉLÉSIS, aux soldats qui le suwent.

De ces hauteurs que ma garde s'empare : L'ennemi fugitif que la terreur égare ,

74 BÉLISAfRE.

Errant sur ces rochers sans chef et sans appui,

Ne saurait à nos fers échapper aujourd'hui.

( à Eudoxe. ) Eudoxe, j'ai vaincu, mon triomphe commence, Et mon camp glorieux attend votre présence. Les Romains fugitifs, sur ces monts retirés. Ont porté vainement leurs pas désespérés, Mon courroux les poursuit: mais, avant leur défaite, Ils pourraient, malgré moi , troubler cette retraite : Hâtez-vous d'en sortir.

EUDOXE

Thélésis voit mes pleurs, Il sait quel est mon père, il connaît ses malheurs, Et son cœur généreux ne me fait pas l'injure D'imposer à l'amour l'oubli de la nature ; Je n'examine pas si quelque autre devoir Aurait dii m'interdire un criminel espoir; Si du sort ennemi la main irrésistible N'a pas' mis entre nous un obstacle invincible; Contre le sentiment où vous puisez vos droits J'invoque auprès de vous la plus sainte des lois : Abandonné, proscrit, l'aveugle Bélisaire, Pour guide, pour appui, n'a que moi sur la terre ; Et, fière d'un destin dont je sens moins l'horreur, J'accepte mon partage en un si grand malheur.

THÉLÉSIS.

Le venger est le soin dont j'ai brigué la gloire. Et vous devez me suivre aux champs de la victoire.

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