‹ BélisaireChapitre 8 sur 75 · OFFICIERS ROMAINS · texte numérisé non relu

OFFICIERS ROMAINS

MARCIEN

Quels changements, Léon, quelle étrange disgrâce Nous rassemble aujourd'hui dans les champs de la Thrace!

LÉON

Depuis près de dix ans qu'un sévère destin M'éloigna sans retour des murs de Constantin, Des factions du cirque instrument et victime , J'abjurai sans regret mon pays qu'on opprime ; Des Romains avilis , d une cour que je hais

Un éternel exil me sépare à jamais. Mais, Marcien, mais vous, illustrés dans la guerre, Amis et compagnons du vaillant Bélisaire, Quels funestes desseins, que je ne connais pas, Au fond de ces déserts ont pu porter vos pas?

MARCIEN

TjCS malheurs d'un héros que l'univers admire , Qui vengea son pays et qui sauva l'empire ; Que l'on vit dédaigner le pouvoir souverain ; Que le peuple appela l'honneur du nom romain !

VALÉRUS.

Oui , le vamqueur des Huns , des Goths et des Vandales, Dans ces murs qu'ombrageaient ses palmes triomphales Bélisaire est captif; des traîtres, des pervers A ses augustes mains osent donner des fers.

LÉON

Qu'entends-je, juste Dieu ! d'une action si noire Croirai-je que César ait pu flétrir sa gloire? Qu'en ces jours de dangers l'ingrat Justinien De son trône lui-même ait brisé le soutien!

MARCIEN

La foule des méchants assiège sa faiblesse ; Une femme cruelle asservit sa vieillesse. D'une ligue fatale et qui sert ses projets Théodora conduit tous les ressorts secrets.

LÉON

Théodora, grand Dieu!.., La fdle d'Anistère, Voué dans l'Hippodrome au plus vil ministère.

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