‹ BélisaireChapitre 101 sur 116 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le jour suivant, l'empereur et Tibère ? étant arrivés à l'heure accoutumée, trou-*

2>l6 BÉLISA1RE,

vèrent le héros assis dans son jardin r à l'aspect du soleil couchant. Il ne m'éclaire plus , mais il m'échauffe encore , leur ditil d'un air serein 5 et j'adore en lui la magnificence et la bonté de celui qui l'a fait. Que j'aime à voir , dit Justinien , ces sentimens dans un héros ! c'est le triomphe de la religion. Son triomphe, dit Bélisaire , c'est de consoler l'homme dans le malheur, c'est de mêler une douceur céleste aux amertumes de la vie. Et qui l'éprouve mieux que moi? Accablé de vieillesse , privé de la vue , sans amis , seul avec moi-même ? et n'ayant devant mol que la caducité , la douleur et la tombe 5 qui m'ôteroit l'idée du ciel me réduiroit peut-être au désespoir. L'homme de bien est avec Dieu 5 il est assuré que Dieu l'aime (1) : voilà ce qui le remplit de force et de joie au milieu des afflictions. Je me souviens que , dans des momens de dé-

(1) IVulla fine Deo mens bona est» Sen. Jnter honosviros ac Deum amicitia est, conciliame virLute. Idem.

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