‹ BélisaireChapitre 31 sur 116 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

touche sensiblement. Où est-il, reprit Béli^ saire en tendant les mains ? Qu'il approchej et que je l'embrasse 5 car il a un fils vertueux. Justinien fut obligé de recevoir les embrassemens de Bélisaire 5 et se sentant pressé contre son sein , il fut si violemment ému, qu'il ne put retenir ses sanglots et ses larmes Modérez , lui dit le liéros , cet excès de compassion : je ne suis peut-être pas aussi mallieureux qu'il vous semble. Parlons de vous et de ce jeune homme , qui vous donnera de la consolation dans vos vieux ans. Oui , dit l'empereur en s'interrompant à chaque mot , oui. - . si vous daignez me permettre.. . qu'il vienne recueillir le fruit de vos leçons. Et que lui apprendrois-je , dit le vieillard , qu'un père sage et homme de bien n'ait pu lui apprendre avant moi? Ce que peut-être je connois le moins , dit l'empereur , c'est la cour , c'est le pays où il doit vivre, et depuis long temps j'ai si peu communiqué avec des hommes , que le monde est pour moi presque aussi nouveau que pour lui. Mais vous qui avezvu les choses sous tant de faces diverses ?

de quel secours ne lui serez-vous pas , si tous voulez bien Péclairer ? S'il vouloit apprendre à fixer la fortune , dit Bélisaire , il s'adresseroit mal , comme vous voyez 5 mais s'il ne veut être qu'un homme de bien , à ses périls et risques , je puis lui être de quel* que utilité. Il est bien né , c'est l'essentiel» Il est vrai , dit J ustinien , que sa noblesse est ancienne. — Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ; mais cela même est un avantage f pourvu qu'on n'en abuse pas. Savez -vous f jeune homme , poursuivit Bélisaire, ce que c'est que la noblesse ? Ce sont des avances» que la patrie vous fait , sur la parole de vos ancêtres , en attendant que vous soyez en état de faire honneur à vos garans. Et ces, avances , dit l'empereur , sont quelquefois bien hasardées. N'importe, reprit le vieillard, ce n'en est pas moins une très -belle institution. Je crois voir, lorsqu'un enfant de noble origine vient au monde , foible^ nu, indigent , imbécile, comme le fils d'u» laboureur , je crois voir la patrie qui va le recevoir , et qui lui dit : Enfant , je vous, salue j vous quijne serez dévoué } vous qui

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