‹ BélisaireChapitre 10 sur 18 · ir · texte numérisé non relu

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touchante!... Sophie avoit entendu ouvrir la porte; mais pensant que c'était une (le ses femmes , elle n'avait détourné ni la tête ni les yeux.... Elle fixa ses regards sur le portrait qu'elle tenait, en disant d'une voix basse et entrecoupée : O malheureux Juçlin 1.... ensuite elle mit son mouchoir sur son visage. Justin, hors de lui, certain qu'elle venoit de regarder son portrait, fait un mou\ementpours'approclier d'elle.

Sophie se retourne , elle aperçoit le prince.... Transportée, elle veut se lever, elle retombe éperdue, en s'écriant avec un accent passionné :

O Dieu, se peut-iil.... c'est lui! il vil! il est libre!... Justin va se précipiter à ses genoux, en disant : Je n'ai connu le prix de la vie que dans cet instant!.. Mais, ô ciel! poursuivit-il, c'est à l'éjjouse de Narbal que j'ose parler ainsi!... Seigneur,

BELÏSAIRE. i:i?)

dil-elle, en versant un torrent de larmes, vous avez Jécouvert mon funeste secret , la surprise et la joie m^ont trahie... Quoi! dit-il, vous m'aimez?... Il est inutile, réponditelle , de rien dissimuler ; connoissez tout mon malheur : je vous aime depuis mon enfance, depuis le jour où, cachée au fond d'une tribune grillée, dans l'éghse de Sainte- Sophie, je vous vis adopter solennellement par l'empereur qui , dans cette pompe religieuse, vous fit asseoir sur les marches du trône...

Ce sentiment se nourrit et s'accrut en silence j et mon frère acheva de l'exalter par son attachement pour^ vous. Cependant je n'osai lui confier mon secret j mais j'allois enfin lui ouvrir mon cœur, lorsque j appris que le vôtre s'étoit donné, et que l'empereur employ oit toute son autorité pour vous forcer à recevoir

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