‹ BélisaireChapitre 8 sur 18 · lO · texte numérisé non relu

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à coup il s'arrête avec une extrême surprise j il entend un concert de ■voix enfantines.... Il se dirige vers le lieu d'où partent les clianls^ et il aperçoit, à l'extréraitédu bois , un .

vaste bâtiment neuf. 11 met pied à terre, attache son cheval à un arbre et s'approche de cet édifice solitaire:

les portes en sont ouvertes, le prince entre et se trouve dans un grand parterre plein de fleurs, vis-à-vis la grande façade de lamaison, et le tableau qui s'ofFrealorsàsa vue,metle comble à son étonnement ! Sur des bancs placés devant la maison on voyoit des vieillards des deux sexes, presque tous octogénaires, el tenant tous de gros bouquets ornés de rubans de diverses couleurs; le parterre était entouré de jeunes arbres, sur chacun desquels se trouvait un enfant de six ou sept ans, orné de guirlandes ; el appuyé sur une cor«-

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beille remplie de fleurs efifeuillées ; au pied des arbres , se tenaient debout des petites tîilesvêtuesdeblanc, couronnées de fleurs, et portant des bianclies fleuries.... Une douce joie briiloit sur tous les \Jsa"es...O Dieu 1 se dit Justin , quel ange consolateur a rassemblé dans ce séjour ignoré , la vieillesse et l^enfance !... Le vieillard et Torplielin délaissé, l'un par

son fils, l'autre par ses parensî

Quel trésor secret de la providence enfoui dans ce désert ! que de maux réparés ! que de consolations prodiguéesà l'infortune !....

Cependant , on s'aperçoit de l'arrivée d'un étranger, et une vieille femme qui semblait être l'ordoimatricedela féte,s'a[iprocbedu prince poiirlui proposerde se reposer dans la maison , et d'y prendre des rafraîcbissemens. Le prince, sans se faire cunnoître,la questionna : Quelle est

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cette lral)itat}on ? lui demanda-t-il. — C'est un asile pour les orphelins et pour les pauvres femmes, les vieillards elles infirmes, que la guerre prive de leurs fils '...Au-delà du bois est un village abandonné , dont tous les jeunes gens, tous les hommes en étatdelravailler, sont enrôlés, elles grands-pères , les pauvres grand'raères, trouvent un refuge ici. Les jeunes veuves avec les petils-enfans

à la mamelle, en ont un ailleurs

On a commencé ces hâtimens dans la dernière guerre j ils e'toient finis

avant celle-ci — Et qu'elle est

la main bienfaisante qui a formé ces établissemens ? — C'est la princesse Sophie. ■ — Quoi! la sœur de Tibère ? — Justement. — Je suis sur les terres de la princesse Sophie, son château est près d'ici? — A un demi- quart de heue^ et c'est auourd' hui sa fête ; elle doit venir

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noiîs voir tout à l'heure... Comme elle disoit ces mots, on entendit le bruit d'un char; les vieillards et les erifans s'écrièrent avec transport :

La voilà, la voilà!. ..Mes enfans, leur cria leur vieille institutrice, tenezvous bien à vos places, afin qu'elle jouisse de ce coup- d'oeil. Quand elle ])assera, les petits garçons , du haut des arbres, jetteront des fleurs sur ses pas, et les filles lui présenteront leurs bouquets, et nous chanterons tous la ronde que je \ous ai fait répéter... Les enfans ne firent nulle attention à ces ordres ; ils n'écoutoienL que le char qui enlroit dans les cours j le désir de voir la princesse fit oublier toute subordination; les jeunes filles quittèrent leur poste les premières; les petits garçons descendirent précipitamment de leurs arbres, en culbutant les guirlandes et les corbeilles de

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fleurs 5 tous réunis, se mirent à courir au-devant de la princesse, malgré les cris sévères, les menaces et la désolation de Tinslitutrice et de tous les vieillards... Mais quelle fut la tristesse générale, lorsqu'au lieu delà princesse , on ne vit paraître que la jeune et naïve Azèle, l'une des suivantes favorites de Sophie!

Justin , plein de trouble et d'émotion , s'approcha avec la foule qui environna Azèle pour la questionner. La vieille institutrice , surtout, l'accabla de questions. La princesse ne viendra point , dit Azèle ; elle est dans le chagrin. — O ciel! et pourquoi ? ~ Le courrier qu'elle avoit envoyé à l'armée est revenu; il arapporté de mauvaises nouvelles.

— Le prince Tibère est-il blessé ?

— Non , mais le prince impérial est fait prisonnier, — Dieir soit loué , qu'il n'y ait rien de plus fâcheux ;

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on (lit que ce prince est si méchant! ])ersoniie ne s'intéresse

à lui. — Le prince Tibère l'aime comme vm fier e... — Comment cela

se peut-il^ lui qui est si bon?

— La princesse aussi s'intéresse à lui; elle ne veut pas qu'on en dise du mal. — ■ C'est par prudence ^ parce que malhereusement il sera un jour notre empereur. — Enfin, la princesse est bien affligée; je l'ai laissée tout en larmes. Elle vous ordonnede faire prierions les enfans pour la délivrance du prince; on craint que ce roi barbare ne le fasse mourir. — Allons, nous prierons Dieu pour lui, et pour qu'il le rende bon.

Justin ne perdit pas un mot de ce dialogue ; il s'éloigna brusquement, sortit du jardin, rentra dans le boisj remonta à cheval, et quand il en-

tendit le char repartir, il se mit en marche, suivit tle loin le char, et peu de minutes après , il arriva au château.

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